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Pourquoi le vol AF6129 est le plus économe en CO2 ?

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Jeudi, le vol AF6129 d’Air France, reliant Toulouse-Blagnac à Paris-Orly en 1h20, a réalisé en première mondiale, le trajet le plus économe en CO2.

Pour y arriver, Air France a mis en action tous les leviers de réduction des émissions sonores et gazeuses comme l’utilisation de biocarburants durables à 50%, des procédures de vol optimisées et un allègement de la masse embarquée.

Ce vol commercial, qui réunit pour la première fois toutes les composantes d’économie d’énergie, s’inscrit dans un programme ambitieux de la Compagnie pour soutenir la lutte contre le changement climatique.

En utilisant un mélange de kérosène classique et de bio-kérosène obtenu par hydrotraitement à partir d’huiles usagées, sur son vol AF6129, Air France agit sur le principal levier de réduction de CO2. Résultat : les émissions du vol sont seulement de 54g de CO2 par passager par km, soit la moitié d’un vol traditionnel.

Le biocarburant utilisé constitue une énergie renouvelable et durable qui selon Air France "n’a pas d’impacts environnementaux ou sociaux liés à l’utilisation de ressources agricoles". En effet, issu d’huiles usagées, ce type de biocarburant n’entre pas en concurrence avec la filière alimentaire ni avec les ressources en eau.

L’éco-pilotage et l’optimisation des procédures de vol

Pour réduire la consommation de carburant et ainsi les émissions de CO2 tout en garantissant la sécurité des vols, les pilotes d’Air France ont appliqué les procédures les plus économes en carburant, en coordination avec le contrôle aérien, à chaque phase du vol.

Au sol :

L’utilisation des groupes électriques est privilégiée pour l’alimentation de l’avion et sa climatisation par rapport à une alimentation thermique à base de kérosène. Le roulage après atterrissage est effectué avec un moteur coupé. Cette procédure de roulage sur un moteur est par ailleurs appliquée chaque jour par la totalité des avions au roulage à l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly dans un souci d’économie de carburant.

En vol :

Les phases de montée et de descente ont été réalisées en continu, c’est-à-dire en supprimant les paliers intermédiaires, générateurs d’émissions gazeuses et sonores.

La trajectoire de l’avion a également été optimisée afin de choisir la route aérienne la plus courte possible et l’altitude de croisière la plus économe. La recherche permanente du niveau de vol et de la vitesse optimum sont des sources d’économie de carburant, qui représentent sur ce vol 10% par rapport à un vol traditionnel.

Pourquoi le vol AF6129 est t-il le plus économe en CO2 ?
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L’allègement de la masse embarquée :

L’allègement de l’avion est une priorité qui se décline dans tous les domaines : chaque kilogramme gagné représente 80 tonnes de CO2 économisées par an.

Le vol Toulouse-Paris entièrement optimisé d’Air France est équipé d’un nouveau siège plus mince et plus confortable, comme la totalité de la flotte court-courrier. Plus léger de 40% qu’un siège classique, il allie confort et écologie : outre un gain d’espace pour les jambes, ce siège permet d’économiser 1 700 tonnes de carburant par an.

Au-delà des sièges, tout l’équipement de la cabine est concerné y compris le matériel de service (armoires, trolleys, rangements) dont la masse aura diminué de 15% en moyenne entre 2006 et 2012.

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Les améliorations continues de la flotte Air France :

Pour conclure, Air France indique mener de façon structurelle une politique ambitieuse pour améliorer les performances énergétiques de ses avions. "La modernisation de la flotte est l’une des priorités d’Air France. Avec un âge moyen de 8,9 ans pour la flotte long-courrier et de 9,5 ans pour la flotte moyen-courrier, la flotte de la compagnie est l’une des plus modernes et des plus rationnelles d’Europe."


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    12 Commentaires sur "Pourquoi le vol AF6129 est le plus économe en CO2 ?"

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    Sand
    Invité

    Descente sans palier = Oreilles sensibles s’abstenir. Il me semble que ca pose aussi des problemes de bruit ? (ou du moins on controle moins les endroits ou l’avion va etre bruyant. Pour ce qui est du roulage, l’avenir c’est le train avant tracteur, avec un petit moteur externe. Boeing est en avance sur le coup. Saluons quand meme la performance, meme si dans l’absolu une bonne voiture moderne avec 4 personnes dedans doit donner du 25g/p/km

    gaga42
    Invité

    J’ai beaucoup de mal à avaler l’argument biocarburant, même si les autres semblent recevables. En effet, et independemment des problèmes d’occupation de terres agricoles, si on raisonne globalement (pour une production mondiale de biocarburant donnée), 1 litre de biocarburant en plus pour l’aérien, c’est un litre de moins pour les autres consommations (transports terrestres notamment). Donc bilan nul…

    Bren
    Invité

    @gaga42 j’ai du mal à comprendre ton argument de raisonnement global. Forcément à production constante le bilan est nul par définition ?!

    ecoenergie
    Invité

    Les biocarburants n’ont rien de bio ce sont des agrocarburants utilisant aujourd’hui la partie noble de la plante qui sert aussi à l’alimentation des hommes Donc 1litre d’agrocarburant c’est autant de moins pour lutter contre la faim dans le monde alors que nous allons dans quelques années vers un manque de nourriture pour les pays du tiers monde

    gaga42
    Invité

    On est bien d’accord. Où est alors l’interêt environnemental de l’opération si AF n’incite pas par ailleurs à produire plus de biocarburants, ce qui n’est pas précisé (et pas souhaitable d’ailleurs merci à ecoenergie de le rappeler)?

    Teredral
    Invité

    Si j’ai bien compris, il vaut mieux selon vous jeter les huiles usagées (dans la nature ?) plutôt que la traiter pour faire de carburant.

    Lod
    Invité
    Concernant le carburant effectivement il faudrait plus de détails pour évaluer réellement l’impact positif ou négatif : que faisait-on de ces huiles usagées autrement, quelle est la consommation énergétique et les rejets des différents traitements de ces huiles, etc. Par ailleurs le volume d’huile disponible ne permet peut-être que de faire de beaux essais ponctuels comme celui-là sans pouvoir les étendre à toute une flotte, ce qui relativise fortement d’impact positif. Ensuite concernant les procédures de vol, pourquoi ne les mettent-ils pas en place systématiquement si elles sont bénéfiques? Peut-être que les utiliser pour ce vol a nécessité des changements… Lire plus »
    Flexo
    Invité

    explique moi coment tu lutte contre la faim dans le monde avec un litre d huile vegetale non comestible? qui pousse dans des zonnes ou des plantes comectibles en poussent pas? j ai cite le Jatropha. Avant de debiner ce que certains essayent de mettre en oeuvre..que proposez vous en echange?

    Flexo
    Invité

    Vous n avez rien compris et les journaliste ne vous aident pas a comprendre. Les huiles moteurs sont des huiles à base de petrole..on appelle cela des huiles minerales ( provenant du sol). elles n ont rien a voir avec les huiles vegetales qui viennent de produits vegetaux. ici il s agit de Jatropha.

    Flexo
    Invité
    Pas d accord avec vous. sil n ‘ y a pas de besoins importants les bio carburants ou agrocarburants ne verront pas le jours ds les versions moins polluantes. Pour que des industriels aient envie et interêt d ‘investir pour produire avec de nouvelles technos les huiles vegetales ou les ethanols necessaires pour remplacer l essence ou le gazoil…il faut qu’il y ai une forte demande. aujourdh’ui avec un hectare de colza on fait 330 kilo d huile.. demain avec les algues on fera 75 X 330 kilo d huile par hectare. certains parlent de 175 fois X dans 15… Lire plus »
    Lionel_fr
    Invité
    Tous les calculs sont corrects mais cela ne signifie pas qu’ils soient utiles : C’est une erreur que de mélanger la filière des avions à bio carburant et la production des bio carburants. Les deux disciplines sont très interdépendantes dans les démonstrateurs mais pas au point de vue de la R&D. J’aimerais qu’on franchisse la limite du monotache à la Jancovici et qu’on raisonne en multitache. L expérience décrite dans l’article est un démonstrateur en grandeur réelle, il n’a pas vocation à être déployé dans avenir proche. La provenance du carburant n’est pas très importante car il s’agit uniquement de… Lire plus »
    Pastilleverte
    Invité
    je connais très bien le sujet, ayant bossé dans la grande compagnie, proche de ceux qui ont réalisé cette expérience, ou les précédentes. Comme souligné plus haut, la question de « l’huile » est de peu d’importance à partir du moment où on arrive à des carburants pouvant tenir dans des basses températures. Cependant, dans la mesure où ce produit est un produit recyclé d’une « huile usagée », je ne comprends pas les sarcasmes des posteurs. Certes, il faudrait vérifier le potentiel de tous les huiles recyclables, et pas seulement celles ayant servi aux frites (sauf en Belgique, et encore); Les procédures optimisées… Lire plus »
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