Projet BioViVE : la vigne, productrice d’énergie !

XYLOWATT, un acteur belge spécialiste des énergies renouvelables annonce avoir expédié sa toute première centrale de gazéification en France.

C’est par camion que s’est effectué le 3 mai dernier, le transport exceptionnel au départ de l’usine de Marchienne-au-Pont (Charleroi), à destination de Saint-Denis (Paris).

Le réacteur de gazéification a été installé par l’équipe de XYLOWATT au Centre de recherche et Innovation Gaz et Energies Nouvelles de GDF Suez. Il participera ainsi à une série de tests sur une cellule de combustion semi-industrielle (représentative d’un four verrier) avant d’être mis en service sur le site de production de verre creux de Saint-Gobain Emballage à Oiry (Epernay), où sont fabriquées les bouteilles de champagne.

Pour ce faire, XYLOWATT a adapté son réacteur NOTAR® dans l’objectif de répondre au mieux aux spécifications requises par l’application aux fours verriers.  Au sein de celles-ci, le bois est transformé en gaz qui est brûlé dans des groupes de cogénération produisant électricité et chaleur.

Projet BioViVE** : la vigne, productrice d’énergie !

Le projet BioViVe (Biomasse Viticole pour la fusion du Verre) est un projet de Recherche et Développement dont l’objectif est l’utilisation directe, dans un four verrier, d’un gaz de synthèse obtenu par gazéification des sous-produits ligneux issus de la taille et de l’arrachage de la vigne. Ce gaz de synthèse viendra en substitution des énergies fossiles actuellement utilisées.

Le vignoble champenois dispose de ressources de biomasse non encore valorisées comme les bois de taille brûlés sur parcelle ou les ceps arrachés. A partir de la technologie existante de gazéification de bois d’exploitations forestières, le projet BioViVe consiste en l’adaptation du procédé de gazéification aux caractéristiques des bois de vignes et l’optimisation du gaz de synthèse obtenu pour une utilisation dans un four verrier. Ainsi, la vigne, qui produit le vin de Champagne, servira également à produire une partie de l’énergie nécessaire à la fabrication des bouteilles dans lesquelles il sera commercialisé.

Parallèlement aux recherches sur le gaz de synthèse, les partenaires souhaitent créer une filière de collecte de la biomasse, pérenne et locale, mobilisant les vignerons de Champagne.

A l’issue de ce projet de Recherche et Développement, les partenaires BioViVe espèrent avoir testé un taux de substitution d’environ 7 % du combustible alimentant le four verrier de Oiry en Champagne et avoir acquis les connaissances nécessaires pour envisager le développement de la filière pour des taux de substitution allant jusqu’à 50 %.

En cas de succès, le projet BioViVe permettra d’économiser dans sa phase industrielle 10 000 tonnes de CO2 par an, soit l’équivalent des émissions d’environ 5 000 véhicules.

Le projet BioViVe représente un investissement global de 4,8 millions d’euros. Il bénéficie du soutien de l’Agence Nationale de la Recherche française et a été labellisé par les pôles de compétitivité IAR (Champagne Ardennes – Picardie) et DERBI (Languedoc Roussillon).

Le réacteur de gazéification

Projet BioViVE : la vigne, productrice d'énergie !

Dans la zone de pyrolyse : la biomasse fraiche est décomposée sous l’action de la chaleur en charbon de bois (carbone fixe – C) et en gaz de pyrolyse (un mélange de CO, H² et chaines hydrocarbonées – CnHm) à une température variant entre 200 et 700°C.

Dans la zone de combustion : suite à un apport d’air contrôlé, les gaz de pyrolyse sont oxydés à très haute température (1 200°C) afin de cracker les composés hydrocarbonés issus de la pyrolyse. Outre la décomposition des produits de pyrolyse, l’oxygène permet de produire du CO² et H²O.

Dans la zone de réduction : le charbon de bois activé est réduit par le CO² et H²O et produit le syngas, principalement composé de H² et CO.

La conception multi-étagée permet d’avoir une combustion en phase gazeuse (mélange air-gaz de pyrolyse dans le foyer avec absence de particules solides de charbon de bois), détruisant ainsi la quasi-totalité des goudrons (99.95%) et évitant la formation de mâchefer.

L’énergie nécessaire aux réactions ne nécessite pas d’apport extérieur ; elle est fournie par les autres processus thermochimiques se déroulant dans le même volume.


** Saint-Gobain Emballage qui commercialise ses produits sous la marque Verallia, GDF Suez, XYLOWATT, le CIRAD et le CIVC se sont associés dans le cadre du projet BIoVive pour accélérer la substitution de l’énergie fossile par de l’énergie renouvelable d’origine viticole.

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7 Commentaires sur "Projet BioViVE : la vigne, productrice d’énergie !"

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Pastilleverte
Invité

Ben dis donc, si il faut un four spécial par type de biomasse, bonjour la compléxité ! A part ça, toute utilisation de biomasse “déchéts” est bonne à prendre. En plus ça “justifie” la consommation de vin, que du bonheur !

Tager
Invité

Je picole…. Dommage je ne marche qu’à l’eau….

fredo
Invité

bizarre, pourquoi gazéifier puis brûler le gaz plutôt que bruler directement le bois? C’est nettement plus simple, non? En tous cas, ça ressemble à une usine à gaz! (tout ça pour ça) avis bienvenus!

Reivilo
Invité
Beaucoup de projets de valorisation des rémanents de viticulture n’ont pas abouti pour au moins trois raisons : 1 – Si on brûle les sarments au lieu de les broyer dans les rangs, il faut compenser en apportant de la matière organique. 2 – La combustion de ces déchets génère moultes dérivés chlorés notamment, les vignes étant parmi les cultures les plus matraquées en pesticides divers. 3 – La collecte n’est ni simple ni économique à organiser. Sur le point 2 le mode de combustion doit permettre de réduire les émissions, sur les autres ??? Plus simplement on peut aussi… Lire plus »
ecoenergie
Invité

Tout systeme pemettant de recuperer de l’énergie a partir de dechets est un progres et ici il faut le noter pas de problème d’intermittence très grave defaut du solaire photovoltaique. Mais en ecoutant Reivilor on s’aperçoit qu’aucune solution n’est parfaite. Il n’y a que des compromis et il faut choisir le plus efficace Tout système brulant du bois (en dehors des systèmes modernes a plaquettes ou a granules )  emet des produits polluants , surtout lorsque la chauffe est mal reglée et ces polluants peuvent etre pire que ceux des voitures moderrnes

Toulou
Invité

les fours verriers ont besoin de très hautes températures qu’ils récupèrent dans des échangeurs particuliers. Il faut donc fumées de très bonne qualité (pas de particules ou imbrûlés) très chaude, ce que l’on sait obtenir à partir de combustibles gazeux mais pas à partir de bois.

Archimedcitizen
Invité

Drôle de biogaz!!! C’est vraiment un projet absurde, qui ne présente aucun intérêt sur les plans énergétique et écologique.

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