Projet d’un nouveau surgénérateur nucléaire au Japon

Le gouvernement japonais et les compagnies électriques ont présenté à la Japan Atomic Energy Commission (AEC) le 8 mai leur projet de construction d’un surgénérateur de démonstration, appelé aussi réacteur à neutrons rapides ou réacteur rapide.

Le Japon qui n’est autosuffisant qu’à 16% en besoins énergétiques est au 3e rang mondial des producteurs d’électricité nucléaire, après les Etats-Unis et la France. Le nucléaire est la plus grande source d’électricité avec près de 30% de la production japonaise, devançant le gaz naturel (26%) et le charbon (20%). L’accroissement du parc nucléaire japonais représente un véritable enjeu économique et stratégique, c’est pourquoi le gouvernement encourage les projets de développement du nucléaire.

Le Japon mêne actuellement ses recherches sur des réacteurs rapides de recherche de type "Phénix" en attendant la remise en service prévue pour 2008 du réacteur exprimental "Monju", arrêté en 1995 pour cause d’accident. La puissance de ces surgénérateurs expérimentaux ne dépasse pas 280 MW. Le gouvernement ambitionne cependant la mise en service d’un surgénérateur commercial pouvant produire 1500MW d’ici 2050. Une telle augmentation semble cependant difficile à atteindre avec les technologies actuelles et c’est pourquoi le passage par des démonstrateurs de puissance intermédiaire – soit 750 MW, soit 500 puis 1000 MW – a été planifié pour l’horizon 2025.

Le prototype "Monju" a coûté 600 milliards de yens* alors qu’une centrale classique délivrant 1300 MW ne coûte que 300 à 400 milliards de yens. Le réacteur à neutrons rapides devra donc répondre aux exigences économiques du gouvernement qui a fixé les dépenses à 300 milliards de yens maximum.

Le rapport insiste sur l’importance de la coopération avec la France et les Etats-Unis, qui comptent de leur côté démarrer la construction de nouveaux prototypes de réacteurs rapides en 2020, pour à terme pouvoir imposer la technologie japonaise comme standard international.

Le gouvernement a par ailleurs confirmé le projet de construction d’une deuxième usine de retraitement des déchets nucléaires.

* 100 milliards de yens = 650 millions d’euros

BE Japon numéro 442 (14/05/2007) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/42790.htm
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