Protocole de Kyoto : initiative des supérettes japonaises

Lawson, une chaîne de supérettes ouvertes 24h/24h, 7j/7j (convenience store ou combini en japonais), a lancé un large programme de réduction des émissions de CO2 dans ses 8500 établissements.

Le groupe s’est fixé pour objectif de faire baisser de 10% la quantité de CO2 émise par magasin d’ici 2012 par rapport au niveau de 2006. Ceci représente une diminution totale de 60.000 tonnes de CO2 par an et équivaut à -30% en unité de calcul spécifique (surface x heures d’ouverture du magasin) par rapport à 1990, année de référence donnée dans le protocole de Kyoto, alors que les directives du secteur des convenience stores préconisent -23% en vue de réaliser les objectifs fixés par ce même protocole.

Les mesures qui vont être prises par le groupe sont les suivantes :

  • Dans les nouveaux établissements, les unités extérieures des pompes à chaleurs de congélateurs, réfrigérateurs et climatiseurs seront regroupées en un seul dispositif, permettant ainsi d’augmenter le rendement énergétique du système. D’après Lawson, ceci permet de réduire de 10,5% les émissions de CO2 par an.
  • Dans les magasins existants, des capteurs de température seront systématiquement installés afin de contrôler automatiquement la pression de fonctionnement des appareils réfrigérants en fonction de la charge de travail.
  • Les lampes proches des fenêtres seront équipées de capteurs de luminosité qui permettront de régler automatiquement la quantité d’éclairage nécessaire en plus de la lumière naturelle. L’introduction d’un tel système permet un gain d’électricité de 30% selon l’entreprise.
  • Des panneaux réfléchissants seront fixés dans les enseignes lumineuses permettant ainsi de diviser le nombre de lampes nécessaires par deux.

Autre initiative du groupe, à partir du 8 avril prochain, il sera possible d’acheter des crédits de compensation de carbone (carbon offset) dans les magasins Lawson. En effet, les clients pourront échanger les points accumulés sur leur carte de fidélité contre des crédits : 10 kg de CO2 pour un équivalent de 50.000 yens (300 euros) d’achats. Il sera également possible d’acheter directement des crédits : 1050 yens (6,5 euros) les 200 kg, 2500 yens (15 euros) les 500 kg et 4500 yens (28 euros) la tonne. Les crédits proviennent d’un parc éolien en Patagonie. Le groupe Lawson versera les compensations à l’agence qui gère les crédits carbone, tenue conjointement par le ministère de l’économie et celui de l’environnement japonais. En retour, l’agence fournira une attestation de compensation par tonne de carbone racheté à Lawson, qui le transmettra ensuite au client. C’est la première fois au Japon qu’il est ainsi possible à tout consommateur d’acheter des crédits carbone, manière de "racheter" ses propres émissions de CO2 de façon très simple.

Lawson avait débuté son engagement écologique en 2007 en préconisant l’utilisation de sacs et de couverts réutilisables
(les baguettes jetables à usage unique sont un réel problème au Japon), mais aussi en employant du bioplastique (PLA) dans ses emballages, en utilisant des fibres en PET recyclé pour les uniformes de ses employés ou en produisant des biocarburants à partir des restes alimentaires des magasins et des usines. Un guide permettant d’estimer ses émissions de CO2 est également disponible sur le site internet du groupe en entrant des données comme les quantités d’électricité, de gaz, d’eau consommées par mois (à lire sur les factures) et le nombre de résidents.

BE Japon numéro 478 (7/04/2008) – Ambassade de France au Japon / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53866.htm

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1 Commentaire sur "Protocole de Kyoto : initiative des supérettes japonaises"

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Fx26150
Invité

A quand une telle initiative chez nous ? Demain peut-être. C’est bon pour la planète et bon pour leurs finances aussi.Par contre, pour moi les compensations sont à la fois une bonne chose et une vaste fumisterie puisque contre espèce sonnante et trébuchante, on s’absout d’une partie de nos pêchés de pollution sans rien changer à nos habitudes. D’un autre côté, toute production d’énergie renouvelable en plus est une bonne chose.Au fait, de l’éolien en Patagonie, c’est pour alimenter qu’elle ville s’il vous plaît ?          

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