Protocole de Kyoto : Londres se lance à fond dans le nucléaire !

Cette fois, c’est juré, la procédure a été respectée et la consultation publique sera « fructueuse » promet le gouvernement. Il est vrai qu’il y a urgence car, outre ses engagements du protocole de Kyoto,la Grande Bretagne va voir disparaître d’ici 2020, 20% de sa capacité de production électrique avec la fermeture de tout ou partie de ses 14 centrales actuelles de 2008 à 2023. Il est donc impératif de mettre en place des unités de production de capacité au mois équivalente et qui ne contribuent pas à accroître les émissions de CO2.

Or la Grande Bretagne voit les disponibilités pétrolières et gazières de Mer du Nord se réduire progressivement avec l’épuisement des gisements et s’inquiète de devenir dépendante, de la Russie et de Gazprom essentiellement, pour son approvisionnement énergétique. Quant aux sources d’électricité à base d’énergies renouvelables, il est prévu dans le plan gouvernemental d’en tripler l’offre d’ici 2020 mais en aucun cas elles ne pourront suffire à combler des besoins d’une telle ampleur. Les faits sont têtus, les énergies renouvelables sont un appoint précieux mais en aucun cas elles ne peuvent être considérées comme des outils de production de masse.

Autre avantage pour le nucléaire face à la volatilité des prix des autres énergies fossiles, la stabilité des prix de l’électricité de provenance nucléaire puisque le coût du combustible y entre pour une part très minime.

L’annonce de ce programme de construction vient donc d’être faite. Son financement sera entièrement privé et les candidats se bousculent déjà au portillon. EDF en fait partie qui souhaiterait en construire et gérer 4 d’ici 2025. Areva qui ne construit que la partie réacteur prévoit d’en placer 6 en Grande Bretagne avec EDF ou d’autres grands électriciens européens. Les deux auront un avantage concurrentiel du fait de l’expérience acquise avec la Centrale EPR d’Olu en Finlande et celle de Flamanville.

Coté turboalternateur, c’est Alstom qui fourbit ses armes.

Il n’est prévu aucun argent public dans l’appel d’offre qui se dessine, au contraire les nouveaux arrivants devront prendre en charge le coût du démantèlement des anciennes centrales et faire leur affaire du stockage des déchets. Problème non résolu pour l’instant mais pour lequel l’état des développements techniques à ce jour laisse entrevoir des solutions possibles. Rappelons que le stockage de la totalité des déchets des 55 centrales nucléaires françaises depuis le début de leur exploitation tient pour l’instant sans difficulté dans la piscine de la Hague ou des centrales. Un problème d’une ampleur bien moins grave que celui des déchets ménagers de Naples, de Marseille ou de toutes les grandes villes.

Et nous, en France, comment se présente le problème chez nous ? Nous avons un bien plus grand nombre de centrales (55) qui assurent 80% de notre production électrique et qui sont prévues aller bien au delà de 2020. RTE, néanmoins, le gestionnaire du réseau Haute tension en France vient dans son rapport prévisionnel d’alerter qu’au delà de 2012/2014 et malgré l’apport des programmes connus ou prévus pour les prochaines années en éolien et centrales à Gaz et celui du raccordement au réseau de la Centrale de Flamanville (13 000 MW supplémentaires) il nous manquera quand même 10 500MW de capacité de production soit l’équivalent de 6 EPR type Flamanville. Sachant qu’il faut environ 10/12 ans pour construire une centrale nucléaire et que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous aurons les mêmes problèmes que les britanniques à respecter nos engagements de réduction d’émission pour satisfaire Kyoto, quand croyez vous que nous devrions mettre en place un programme de construction de centrales nucléaires similaire à celui des anglais ?

Avant-hier bien sur…. !

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Caderange

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