Québec : Il y a de l’eau dans le gaz (de schiste)

"En suspendant les certificats d’autorisation pourtant délivrés en complète conformité avec les exigences gouvernementales en matière d’exploration de gaz de schiste, le gouvernement du Québec démontre encore une fois un non-respect de ses propres engagements" s’est indigné M. Michael Binnion, PDG de Questerre Energy une société d’énergie basée à Calgary (Canada).

En effet, la province du Québec a mandaté le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour réaliser ‘une consultation élargie’ sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Elle entend bien déposer un projet de loi pour déclarer un moratoire sur cette industrie.

Selon M. Binnion, "comme d’autres compagnies, nous avons été incités à faire de l’exploration pétrolière et gazière au Québec. Pour encourager nos activités d’exploration, le gouvernement y est allé de promesses, d’engagements écrits et même de crédits d’impôt remboursables. Nous avons suivi toutes les règles et aux lois, avons rencontré tous nos engagements. Nous avons suivi les meilleures pratiques de l’industrie et en dix ans, nous n’avons connu aucun incident. Mais après 10 ans et des centaines de millions de dollars, et une fois que la ressource en gaz de schiste a été démontrée, le gouvernement met un frein et change les règles du jeu."

Le gouvernement Québecois veut convaincre l’opposition de suspendre les certificats d’autorisation déjà délivrés à l’industrie et reporter toute nouvelle délivrance de permis, avait indiqué le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Yves-François Blanchet, en conférence de presse la semaine dernière.

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[ src : Questerre Energy ]

"Après avoir imposé un moratoire, parallèlement à une étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), puis à une étude environnementale stratégique (EES), voilà que les règles changent une troisième fois. Une troisième étude environnementale et la suspension de nos permis sont maintenant annoncées, sans la moindre consultation, et ce, même s’il n’y a aucune activité reliée au gaz de schiste au Québec, actuellement" a déploré de son côté Michael Binnion.

"Le gouvernement nous avait promis un processus indépendant et juste. Malgré la suspension de nos droits, pourtant définis dans un contrat, notre compagnie et l’industrie avons toujours collaboré, tant lors de l’étude du BAPE qu’avec le comité chargé de l’EES. Nous avons toujours supporté le droit du public d’être informé" a t-il également laissé savoir.

"Questerre Energy Corporation a procédé à des investissements considérables, au Québec, depuis plusieurs années. Nous appartenons majoritairement à des actionnaires norvégiens et sommes dédiés au développement durable. Nous employons des gens localement, militons pour que les communautés locales profitent de retombées enviables, faisons preuve de la plus grande transparence et agissons en bons citoyens corporatifs. Malgré cela, non seulement le gouvernement ignore complètement nos appels à une collaboration mutuelle, mais il ne respecte pas ses propres engagements, qui sont, je le rappelle, écrits noir sur blanc" a t-il conclu.

 

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3 Commentaires sur "Québec : Il y a de l’eau dans le gaz (de schiste)"

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Pas naif
Invité

… en avançant probablement des raisons d’intérêt général (ici le prétendu danger). Bien. Cela servira d’exemple aux gouvernements européens dans quelques années quand ils auront compris l’ampleur et l’inutilité pratique de l’arnaque-CO² en faveur des droits ahurissants conférés depuis des années aux prétendues “EnR de l’avenir”, donc les plus coûteuses et de plus inutilisables en masse car erratiques… Là aussi, pour des raisons d’intérêt général les contrats juteux pourront être annulés. Et enfin les immenses capitaux encore disponibles pourront être alloués à de vraies renouvelables, petit hydraulique, biomasse et autres.

Velka
Invité
– Le nucléaire, avec des déchets à profusion, qu’on essaye de cacher sous le tapis et un risque d’accident évalué à 400 milliards… C’est l’état qui paye, donc nous. – Et un baril de pétrole à des prix exorbitants. Avec des transports toujours basés sur le moteur à explosion, technologie ringarde et inefficace en termes de rendement. – Le gaz de schiste est risqué pour l’environnement, donc pour l’être humain. Pour la pseudo rentabilité financière, il suffit d’inclure le risque de pollution et de faire provisionner aux exploitants les fonds nécessaires. Car en cas d’accident cela risque de coûter très… Lire plus »
Velka
Invité
– Le nucléaire, avec des déchets à profusion, qu’on essaye de cacher sous le tapis et un risque d’accident évalué à 400 milliards… C’est l’état qui paye, donc nous. – Et un baril de pétrole à des prix exorbitants. Avec des transports toujours basés sur le moteur à explosion, technologie ringarde et inefficace en termes de rendement. Le gaz de schiste est risqué, pour l’environnement, donc pour l’être humain. Pour la pseudo rentabilité financière, il suffit d’inclure le risque de pollution et de faire provisionner aux exploitants les fonds nécessaires. Car en cas d’accident cela risque de coûter très cher.… Lire plus »
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