Question aux pro-gaz de schiste : sont-ils climato-sceptiques ?

Le débat sur les gaz et pétrole de schiste a tendance à se focaliser sur la seule méthode d’extraction, la fracturation hydraulique. Au point que les exigences climatiques sont évincées alors qu’elles imposent d’écarter définitivement toute exploration et exploitation d’hydrocarbures non conventionnels. Les pro-gaz de schiste sont-ils donc climato-sceptiques ?

En 2011, l’exceptionnelle mobilisation citoyenne contre les gaz et pétrole de schiste avait rendu les industriels et lobbyistes gaziers et pétroliers quasiment inaudibles. Depuis, il se sont bien rattrapés. Tout au long de l’année 2012, Christophe de Margerie de Total, Gérard Mestrallet de GDF Suez, Jean Louis Schilansky de l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières) et bien d’autres ont eu antenne et tribune ouvertes sur tous les médias dominants. Dernier en date, France Inter a offert sa matinale, une des plus écoutées de France, au PDG de Total. A chaque fois la même rengaine. Il serait possible d’extraire « proprement » les hydrocarbures de schiste puisque les standards de sureté français permettraient de préserver l’environnement. Au point que de nombreux hommes politiques ont depuis changé de position (voir Encadré ci-dessous).

La France serait même « bénie des Dieux » selon Michel Rocard qui, néanmoins, ne semble pas vraiment avoir compris ce qu’est la fracturation hydraulique. Outre les très significatifs édito pro-gaz de schiste du Monde des 29 février et 26 juillet, ce sont des dizaines d’articles, reportages, talk-shows qui ont répété en boucle combien l’économie des Etats-Unis était boostée par l’exploitation des hydrocarbures de schiste et qu’il fallait en faire autant en France. Ceci afin de faire baisser le prix de l’énergie, réindustrialiser le pays et créer des dizaines de milliers d’emplois. Le plus souvent c’est sans contradicteur que ces très nombreux éditorialistes et faiseurs d’opinion ont pu asséner leurs arguments identiques tout droit sortis d’éléments de langage stéréotypés. Et sans que ne soit jamais discutée l’opportunité d’extraire ces hydrocarbures au regard des défis climatiques.

Ainsi, le Groupement des entreprises parapétrolières et paragazières et des professionnels du pétrole et du gaz (GEP-AFTP) a récemment identifié quatre types de « risques » liés à l’extraction des gaz et pétrole de schiste : la pollution des sous-sols, l’approvisionnement en eau, la composition des fluides de fracturation et les impacts sociétaux. Les défis climatiques n’y figurent pas. Comme si le réchauffement climatique n’était pas un défi qui touchait les industries pétrolières et gazières. Comme si leurs activités ne favorisaient pas les dérèglements climatiques.

N’est-il pas curieux que les pro-gaz de schiste ne se demandent jamais, publiquement du moins, s’il est bien raisonnable d’envisager d’extraire des pétroles et gaz de schiste alors que les Etats se sont engagés à agir pour ne pas dépasser les 2°C de réchauffement d’ici la fin du siècle ? Peut-être est-ce parce que mêler les deux débats, à savoir « faut-il extraire les pétroles et gaz de schiste » et « que faire pour stopper le réchauffement climatique » revient à clore définitivement le premier. Explications. Il est possible de calculer que 80 % des réserves actuelles d’énergies fossiles ne doivent pas être extraites et consommées avant 2050 si l’on veut avoir une chance sur deux de ne pas dépasser la barre fatidique des 2°C.

Une donne que l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient d’ailleurs de confirmer, et donc légitimer, en écrivant dans son dernier rapport que « notre consommation, d’ici à 2050, ne devra pas représenter plus d’un tiers des réserves prouvées de combustibles fossiles ». Il n’y aurait donc aucune raison de poursuivre les explorations et forages pour extraire du pétrole, du gaz ou du charbon toujours plus loin, toujours plus profond et avec toujours plus de conséquences écologiques. Extrêmement coûteuses et dangereuses, les explorations d’hydrocarbures non conventionnels, comme les gaz et pétrole de schiste, ne sont donc pas compatibles avec les objectifs climatiques.

« Oui mais le gaz de schiste est moins émetteur de gaz à effets de serre que le charbon » répondent les lobbies pétroliers et gaziers. Outre le fait que ce n’est pas exact selon des études très sérieuses qui prennent en compte le cycle complet du gaz de schiste et pas seulement la combustion du méthane, cet argument tombe à plat puisque c’est la majorité des réserves conjointes de pétrole, de gaz et de charbon qui doivent être laissées dans le sol. Pas l’une ou l’autre de ces sources d’énergie, toutes et peu importe leurs émissions unitaires relatives.

[ Video ] – Ce gaz de schiste qui fracture l’europe

Alors que le conférence de l’ONU sur le climat se déroule à Doha (Qatar – 26 nov – 7 déc) (voir le décryptage et le communiqué d’Attac France), question est donc posée à Ms François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg, François Fillon, Jean-François Copé, et plus largement à tous ceux qui refusent d’écarter définitivement l’extraction de pétrole et gaz de schiste, de savoir s’ils sont climato-sceptiques. Si tel n’est pas le cas, alors il leur faut reconnaître le bien-fondé des recommandations de l’AIE et concéder qu’il n’y a qu’une seule option sensée et raisonnable sur la table, à savoir laisser les gaz et pétrole de schiste dans le sol. Et donc ne pas financer les recherches en cours pour trouver d’hypothétiques autres méthodes que la fracturation hydraulique.

Loin d’être un drame, la décision qui consisterait à déclarer un moratoire général sur toute nouvelle exploration d’hydrocarbures, permettrait de libérer les financements nécessaires à la transition écologique des modèles de production et de consommation. Des politiques de sobriété et d’efficacité énergétiques pourraient voir le jour, et les énergies renouvelables, plutôt que s’additionner aux énergies fossiles et fissiles, pourraient s’y substituer. Soit, une véritable transition énergétique.


[ Vidéo ] – Quand les américains en font tout un cinéma ! Promised Land

Encadré : La volte-face des politiques

L’intense campagne de relations publiques menée par les industriels et lobbyistes gaziers et pétroliers a provoqué des volte-faces très surprenantes. En 2011, une proposition de loi signée par François Hollande, Jean-Marc Ayrault ou encore Arnaud Montebourg proposait d’interdire définitivement toute exploration et exploitation de gaz et pétrole de schiste. Depuis, si les deux premiers assurent vouloir maintenir l’interdiction de la fracturation hydraulique, ils encouragent les industriels à poursuivre leurs recherches. Le troisième est encore plus clair : « la France doit exploiter son gaz de schiste à l’aide de techniques propres plutôt que de l’importer », alors qu’il affirmait que les gaz de schiste étaient « une fausse bonne idée aux risques écologiques démesurés » lorsqu’il était candidat à la candidature PS. A droite, après avoir fait voter la loi d’interdiction de la fracturation hydraulique en 2011, François Fillon a récemment demandé « la fin du moratoire » tandis que Jean-François Copé s’est prononcé pour des « expérimentations ».

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/031212/question-aux-pro-gaz-de-schiste-sont-ils-climato-sceptiques

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43 Commentaires sur "Question aux pro-gaz de schiste : sont-ils climato-sceptiques ?"

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Ds
Invité

le cout des importations ( 60 md d’euros par an de pétrole, 6 md pour le gaz ), les difficultés économiques, l’insoutenable déficit du commerce extérieur. Ce qui importe se sont les principes théoriques, les discutions chargées d’idéologie positives. Aprés on ira faire son plein en pétrole saoudien, la conscience claire.

Pas naif
Invité
Les meilleurs élèves “réchauffistes” sont dans le gouvernement allemand. Et que font-ils? Ils stoppent la production d’électricité sans CO² et se précipitent sans vergogne vers la plus émettrice des électricité: celle au LIGNITE. On voit là le double langage du politiquement correct (forme actuelle du lavage de cerveau à la stalinienne). Alors comme le gaz émet 3 fois moins de CO² que le lignite, nos pro-gazdeschiste sont trois fois moins coupable que certains déviants écologiques. Quand au prétendu “danger mortel du fracking” sachez que cette activité se pratique dans la région parisenne en ce moment pour augmenter la production d’eau… Lire plus »
Robint
Invité
Enfin un article qui parle du vrai débat : Plus que la méthode pour son extraction, la vrai question à se poser est de savoir si oui ou non on doit extraire cette source de pétrole non conventionnelle (et donc s’en servir). Il serait bien évidement plus louable d’envisager un moyen de se passer de cette source d’énergie, et d’agir sur notre consomation, et non sur notre approvisionnement. Si on envisage de consomer toutes les resources disponibles, à quoi bon essayer de se limiter ? Il importe peu que nous consomions toutes les réserves en 100 ans ou en 1000… Lire plus »
Ambiel
Invité

Non ils sont aussi pro-nucléaire (en tout cas sur ce forum). Du coup s’ils sont climato-sceptiques c’est assez stupide puisque le suel argument qu’il reste au nucléaire c’est le CO2 maintenant que l’argument économique est tombé.

Teredral
Invité

Refuser le gaz de schiste en France au nom de la lutte contre l’effet de serre n’a de sens que si on refuse également d’importer du gaz d’un autre pays, ce qui n’est hélas pas le cas.

Ambiel
Invité

Et que répondez-vous aux études qui montrent que le GDS est plus polluant que le charbon? Encore des écolos illuminés, comme ceux qui disaient que le 2eme EPR à être construit allait dépasser les 8 milliards?

yp
Invité
situation des etats-unis à la france … déja leur pays souffre de pollution à un point nauséabond -renseignez-vous-, on parle de gens qui passent leur poulet a l’eau de javel avant de le vendre. il suffit de voir la prolifération des cancers chez eux pour avoir un apperçu de l’état de santé de la population américaine. ensuite on compare une petite ile avec un continent, leur pays est immense c’est presque 20 fois la france en superficie, si ils exploitent le gaz de schiste ds une de leur vaste étendues et que ça impacte les 3000 personnes qui vivent là… Lire plus »
jpdebangui
Invité
Elle est partout et à tous les niveaux… Comme on le disait dans les années soixantes, les vestes ont souvent deux dos. Pour le bien être de l’économie il faut les gas de shiste… Pour l’électorat allemands il ne faut plus de nucléaire (chez eux) mais ils importent l’électricité nucléaire Française ! Les lois du marché sont hypocrites et noires. Qui se pose la question de l’extraction du koltan par des enfants en achetant son iPod derniers cris? La politique est très versatile parce qu’électoraliste. Peu d’hommes politiques sont capables de prendre le contre pied de leur électorat même si… Lire plus »
jpdebangui
Invité
Elle est partout et à tous les niveaux… Comme on le disait dans les années soixantes, les vestes ont souvent deux dos. Pour le bien être de l’économie il faut les gas de shiste… Pour l’électorat allemands il ne faut plus de nucléaire (chez eux) mais ils importent l’électricité nucléaire Française ! Les lois du marché sont hypocrites et noires. Qui se pose la question de l’extraction du koltan par des enfants en achetant son iPod derniers cris? La politique est très versatile parce qu’électoraliste. Peu d’hommes politiques sont capables de prendre le contre pied de leur électorat même si… Lire plus »
Ambiel
Invité

Les allemands depuis 10ans nous exportent plus d’électricité que nous ne leurs en exportons. Sur 10ans, seuls 6mois en 2011 ont été dans le sens inverse du fait de l’arret brutal de 8 de leurs réacteurs après fukushima. Nous sommes DEPENDANTS des allemands pour ne pas avoir de black-out l’hiver. Dépendants de leur charbon, de leur éolien, de leur nucléaire, de leur biomasse, de leur éolien.

Luis
Invité
~ Contrairement à la rumeur entretenue par certains, les allemands n’importent pas l’électricité nucléaire française pour remplacer celle qu’ils ne produisent plus. Depuis de nombreuses années, l’Allemagne a un solde exportateur avec la France pour les échanges d’électricité : les allemands nous achètent de l’électricité, mais nous en vendent encore plus. Une petite exception temporaire (six mois) en 2011, après l’arrêt de huit réacteurs nucléaires (dont deux inactifs depuis trois ans). Ce qui n’a pas empêché l’Allemagne de conserver un solde exportateur vis-à-vis de l’ensemble de ses partenaires. En 2012, la France importe de nouveau plus d’électricité d’Allemagne (déjà 11.459… Lire plus »
Bachoubouzouc
Invité
Vous voulez sans doute parler de l’hypocrisie des verts, qui s’opposent (en théorie) aux énergies fossiles, mais qui s’opposent aussi aux nouvelles lignes de TGV ? Qui promoeuvent les ENR électriques, mais qui s’opposent aux lignes THT sans lesquelles leur développement est impossible ? Et quand au solde importateur de l’Allemagne, refaites donc le calcul en prenant en compte l’électricité qui transite via la Suisse. Quand à l’Allemagne qui soit disant remplace son nucléaire par des éoliennes, laissez moi rigolez : Ils ont déjà atteint les capacités maximales de leur réseau et sont obligés de les laisser tourner de plus… Lire plus »
Ambiel
Invité
Pour les éoliennes allemandes qui tournent dans le vide, c’est 0,7% de la production du parc éolien total. C’est beaucoup mais c’est pas non plus la folie. ça va encore augmenter l’année prochaine et l’année suivante s’ils ajoutent des capacités éoliennes (et ça va être le cas) mais les lignes HT avancent et les interconnexions avec le nord aussi (Norvège et Danemark) Et pour le charbon cessez un peu votre mauvaise foi, les ENR continuent à progresser et l’objectif 2020 à même été relvé à 40% au lieu de 35 ! Le nucléaire allemand faisait 18%…. Donc on aura plus… Lire plus »
O.rage
Invité

Sans compter l’ouverture de de nouvelles capacités fossiles cet été Mhhhh, la centrale à charbon de Niederaussem pas loin de Cologne 2200MW de pur bonheur ouverte depuis mi-août…

Ambiel
Invité

Comme d’hab dans votre propagande un oubli : les 20GW de charbon qui ne sont plus aux normes en Allemagne et qui doivent fermer avant 2015-2016. Il n’en remplacent que la moitié, vertes avec un rendement bien plus élevé (45% contre 33%) mais au final la prod charbon sera de 25% inférieure en 2017 en Allemagne qu’aujourd’hui. Et elle n’a cessé de baisser depuis 20ans, depuis le lancement des ENR. Ils étaient à 80% à l’époque… C’est quand même dingue d’avoir une telle haine de la transition énergétique.

Bachoubouzouc
Invité

“Le charbon construit ne fera que remplacer le charbon détruit” est un argument déjà ressorti 100 fois sur Enerzine. Dan1 a fait une fois le travail de regarder dans le détail : Il en ressort qu’entre 2011 et 2013, le parc fossile électrogène allemand va s’accroitre de rien de moins que… 9,4GW !

O.rage
Invité
“haine de la transition énergétique”? Je lui offre une toute belle photo d’une centrale au charbon et après je suis haineux… Vous avez été bordé trop près du mur ou quoi? c’est vous qui faites la promotion sans arrêt d’énergies du passé comme le charbon, alors que le nucléaire peut parfaitement être développé avec les renouvelables, de façon sûre ,propre et bon marché… Surtout avec votre vision de l’avenir déformable, je toujours pas vu de fermeture de centrales aux charbon… vous êtes payé pour dire des conneries ou quoi? Retournez sucer vos morceaux de charbon et votre vision passéiste de… Lire plus »
Dan1
Invité

Je rappelle simplement qu’il est probable que l’Allemagne batte cette année un record de production d’électricité à base d’énergie FOSSILE : On arrête pas la révolution en marche.

Ambiel
Invité
Et en 2015 et 2016 il va retomber de 20GW…. Bilan, 10GW de moins. Par contre les MW installés seront capables de produire plus, mais vu le volume énrome d’ENR qui arrivent ils vont tourner au mieux en semi-base, au pire en peakers… Mais bon, c’est bien de chercher à sauver ses rêves sur quelques miettes. Vous avez perdu, le gaz, le charbon et les ENR ont gagné. Et si vous êtes sincères dans votre vision climatique, aidez les ENR à prendre le dessus sur les fossiles plutot que de les combattre pour une cause perdue. Je sais, je pisse… Lire plus »
Nicias
Invité

Bah alors, moi je croyais que les écolos pronaient la consommation de produits de proximité. Finalement il est donc plus vertueux d’importer du gaz liquéfié (25% de perte à mon souvenir) ou via des gazoducs (10% de perte) ? @Ambiel Du coup s’ils sont climato-sceptiques c’est assez stupide Vous n’avez rien compris. Contrairement aux écolos, les climatosceptiques font la part des choses et ne mélangent pas la question climatique et la question énergétique.

Eloi
Invité
Bah non, en ce qui concerne l’électricité, la France est exportatrice nette vers l’Allemagne. C’est la troisième fois que Luis est pris en flagrant délit de mensonge, d’où cette conclusion, puisqu’il n’y a dorénavant plus d’ambiguité avec une alternative possible lenteur cérébrale : luis est un menteur. Tout un chacun pourra vérifier les chiffres en allant sur : C’est le site des Douanes, ils s’y connaissent bien mieux que Luis en import/export. Sur les 12 derniers mois, pour l’électricité, la France a un solde commercial avec l’Allemagne positif de +600 millions d’euros Par ailleurs la France a un solde commercial… Lire plus »
Ambiel
Invité
Je crois qu’il y a un petit souci que vous n’avez pas bien vu (et moi non plus). Mais si on se réfère à ces données, on a Exporté pour 640M€ d’élec aux allemands en 2010 pour 15TWh (ça c’est du bradage au passage) Et on a importé que 0,7TWh des allemands pour 54M€ ! Or on a importé 16,1TWh en 2010…. Et on a exporté seulement 9,4TWh. Mais je vais vous rendre très heureux, il est possible que vous ayez raison ! Si on ajoute la suisse dans l’histoire, et qu’on fait toute une tambouille que je ne suis… Lire plus »
Luis
Invité
~ Un individu accroché à ses certitudes puériles n’a guère d’autre argument que l’insulte. Cela montre aussi, avec certitude, la lenteur cérébrale de l’individu. Maintenant, chacun ici (sauf un peut-être) connaît RTE et ses publications. On y voit très clairement quels sont les échanges d’électricité entre la France et ses voisins. Et le solde entre la France et l’Allemagne, en faveur de l’Allemagne depuis des années et encore en 2012, excepté quelques mois en 2011. Autre chose. Une année, j’ai fait quelques réserves de chocolat lors d’un voyage en Suisse. J’ai ensuite fait un petit détour par l’Allemagne avant de… Lire plus »
Eloi
Invité
Luis, Vous interprétez mes propos comme des insultes, rien n’est moins faux : c’est clairement mon sentiment : vous êtes bel et bien un menteur qui truquez les données pour le bien d’une cause qui m’échappe. RTE relate des échanges qui ne nous sont pas destinés mais à des voisins auxquels nous louons nos lignes électriques La France a un solde commercial exportateur vers l’Allemagne de 600 millions d’euros, point final. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est les Douanes qui le disent. Vous relayez des échanges au frontières pour une électricité qui ne nous est pas destinée et… Lire plus »
Eloi
Invité
L’incroyable divergence n’est pas incroyable, elle résulte du fait que vous ne parlez pas de la même chose. La France permet à l’Allemagne d’exporter son électricité vers nos voisins. Voici un exemple de courbe que vous pouvez tracer (là c’est pour 2010): Les point en bas à droite sont les points où l’on est en même temps importateur d’Allemagne et exportateur pour l’ensemble des interconnexions. RTE les enregistrent comme un import, mais ces points ne concernent pas notre solde commercial, nous ne faisons que louer nos lignes pour permettre à l’Allemagne de trouver un exutoire à son électricité. C’est un… Lire plus »
Eloi
Invité

J’ajoute que les points où nous consommons l’électricité allemande sont les points en bas à gauche : vous noterez qu’ils sont plutôt rares sur l’année. Et c’est bien pour cela que nos importations d’Allemagne sont faibles (plus faibles que le quadrant en haut à droite où nous exportons nettement vers l’Allemagne). L’électricité est une chance pour notre pays. Navré que vous passiez votre temps avec vos consorts à la salir.

Luis
Invité
~ Lorsque des marchandises (y compris le gaz et l’électricité) sont échangées entre une entreprise située en France (peu importe sa nationalité) et une entreprise située à l’étranger, les douanes ne comptabilisent pas ces échanges avec le pays d’origine ou de destination, mais avec le pays se trouvant à la frontière d’entrée en France ou de sortie depuis la France. Douanes : changements de méthodologie. “2005 – Modification dans la comptabilisation de certains flux de gaz naturel à l’état gazeux et d’énergie électrique : à l’importation, c’est le pays de provenance et non celui d’origine qui est repris, et, à… Lire plus »
Eloi
Invité
Les chiffres que j’utilise de la Douane française sont les derniers sortis et donc bel et bien concernés par la modification méthodologique de 2005. Si j’en crois votre démarche (mais je peux me tromper), les échanges relatés par les Douanes françaises ne concerneraient qu’exclusivement les échanges physiques entre le France et ses voisins. Il y a 2 gros problèmes. On va se baser sur 2011, qui permet d’avoir les données complètes RTE / Douanes Françaises. 1/ Selon RTE les “importations contractuelles” françaises depuis l’Allemagne s’élèvent à 8.4 TWh. Or pour les Douanes, en 2011, les importations d’électricité depuis l’Allemagne ne… Lire plus »
Eloi
Invité
Je m’imagine un exemple qui pourrait l’expliquer, si des gens compétents peuvent confirmer/infirmer Supposons que Edison veuille vendre de l’électricité en Italie à partir d’une production allemande, Supposons que ce soit EDF, la maison-mère en France, qui fasse l’acte d’achat. Le flux contractuel sera alors France-Allemagne mais le flux physique sera Allemagne-X-Italie (X étant Suisse ou Autriche). Est-ce que cela signifie que la France y perde ? Non, EDF recevra une part du bénéfice fait par Edison par la revente d’une électricité pas chère (par exemple solaire à midi en hiver, quand tout le PV allemand produit en même temps*)… Lire plus »
Eloi
Invité
Il semblerait que les stats ENTO-E soient cohérentes avec les stats des Douanes. Les Douanes révèlent donc les flux physiques : importations physiques directes depuis l’Allemagne ~ 0.1 TWh en 2011. En dénitive, mon expression “nous louons les lignes” est abusives, mais l’expression que “nous dealons l’électricité allemande” reste vraie : nous l’achetons à l’Allemagne pour la revendre ailleurs, mais cette électricité passe par la Suisse. Nous ne dépendons donc pas de l’électricité allemande, mais nous tirons bénéfice de sa production d’où : diminution du solde contractuel mais solde physique très positif. Il n’est guère envisageable de présenter tout cela… Lire plus »
Eloi
Invité
Une question 1/ L’UE est relativement tatillone sur les subventions qui donnent un “avantage compétitif” vis-à-vis du commerce extérieur. Au point qu’il semblerait compliqué que l’état finance directement une filière nationale d’éolien terrestre ou de PV, de façon à ce que nos impôts servent au moins à financer des emplois nationaux. 2/ Par ailleurs, la capacité ENR de l’Allemagne est financée par des obligations d’achats. Cela permet aux propriétaires de ces capacités ENR de vendre à prix très bas sur les marchés internationaux, car, quels que soient les prix de vente, ils sont financés par des obligations d’achat garanties par… Lire plus »
Eloi
Invité
Ci-dessous deux figures : 1/ par RTE, le bilan des échanges contractuels aux frontières en 2011. 2/ par ENTSO-E, le bilan des échanges physiques aux frontières en 2011. ==> Figure 1 : On voit que nous avons “importé contractuellement” depuis l’Allemagne ~8 TWh. ==> Figure 2 : On voit qu’il est impossible que nous ayons “importé physiquement” ces 8 TWh d’Allemagne étant donné que, même sous l’hypothèse que l’intégralité de nos interconnexions ont fait transiter exclusivement l’électricité allemande mais pas par l’interconnexion France-Allemagne, on ne retrouve pas ces 8 TWh. Il est donc clair que nous avons acheté et revendu… Lire plus »
Eloi
Invité

L’image ENTSOE est grande et difficile à afficher sans risque de faire exploser la mise en page d’Enerzine. L’image complète se trouve en page 15 du “Statistical Handbook 2011” sur le site suivant :

Sicetaitsimple
Invité
J’ai assez peu de doutes sur la capacité de l’Allemagne à augmenter ses exportations d’électricité ( globales, je ne parle pas que vers la France) qui sont si je lis bien d’environ 6TWh/an (solde imports/exports) dans les 3 années qui viennent, Après, on verra, il y a de la fermeture de nucléaire prévue fin 2015. Ceci pour deux raisons: -les renouvelables et notamment le solaire, qui ont parfois tendance à “déborder” un peu, notamment en milieu de journée en été et les WE ventés (si c’est un WE d’été venté, c’est double bonus). – une dizaine de centrales charbon toutes… Lire plus »
Sicetaitsimple
Invité
Vous nous dites à propos de l’EPR: “L’EPR de Flamanville n’est pas le bon moyen pour fournir de l’énergie à un prix adapté.” Telle est l’explication donnée par Anthony Parsons, directeur commercial d’Enel France, pour justifier le retrait de son entreprise du réacteur nucléaire en construction. Le responsable d’Enel s’exprimait ce mercredi 5 décembre à l’occasion du colloque Smart Energies for Factories. c’est un écolo barbu qui pue illuminé lui aussi? Je ne sais pas s’il est barbu, mais essayons d’être pragmatique: – Enel souhaitait faire du nucléaire en Itaile. Ils ont renoncé suite au referendum ayant suivi Fukushima, dont… Lire plus »
Nicias
Invité

D’où ma question : “est-il possible de poursuivre l’Allemagne pour entrave à la concurrence ? Je ne sait pas, mais a priori, une plainte anti-dumping à l’OMC me parait tout a fait recevable. Il faudrait poser la question à Araucan chez Skyfall, l’Europe, il connait bien.

Luis
Invité
Un raisonnement vaseux a longuement été développé pour nous faire croire, avec les statistiques douanières, que le solde des importations et exportations d’électricité entre la France et l’Allemagne serait en faveur de la France (exception faite de 6 mois en 2011). La Belgique ferait encore mieux avec le gaz naturel, ce que montre la rubrique correspondante des douanes pour le gaz naturel gazeux. Celui-ci arrive par pipeline, à la différence du gaz naturel liquéfié (GNL). On voit alors, avec de telles l’élucubrations (pas celles d’Antoine), que la Belgique serait un très grand producteur de gaz naturel exportant pour 9,10 milliards… Lire plus »
Eloi
Invité

Bon alors les 8 Twh d’électricité allemande que la France a consommé, par où sont-ils passés ?

Eloi
Invité
Comme c’est bientôt Noël, je me sens en veine de mettre ici quelques actualisations et infographies sur ces histoires de soldes contractuels et physique et toussa. (comme il n’est pas possible de prévisualiser, je m’excuse d’avance auprès d’Enerzine si je mets un peu de bordel dans la mise en page) Donc : * où l’on voit que l’on peut être en même temps exportateur net et importateur net, et tout dépend de quoi l’on parle. * que sur l’ensemble de l’interconnexion Allemagne / Belgique / Suisse / Italie, soldes contractuels et physiques correspondent et qu’ils sont à notre avantage *… Lire plus »
Eloi
Invité
Sicetaitsimple
Invité

Bravo si c’est le cas! Bien sûr, il y a du trading . Si comme en France on est “long” en production, on vend à l’avance et on couvre au fur et à mesure ces engagements de long ou moyen terme par des engagements de plus court terme. Pour illustrer, on va vendre à long terme sur la Suisse, on va ajuster à moyen puis court terme en achetant à l’Allemagne (par exemple), mais les electrons ne vont bien sûr pas faire le tour!

Eloi
Invité

Oui, c’est du home made… et sans obligation d’achat 🙂

Sicetaitsimple
Invité

Si en plus c’est gratuit…. Le lien sur la page est à garder précieusement, car comme je pense que vous n’avez pas l’ancienneté de certains sur Enerzine, vous verrez que c’est un des maronniers favoris… D’ailleurs, il a fait très froid aujourd’hui, et la France a été à certaines heures importatrice de quelques centaines de MW! C’est gravissime!

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