Qui tient le réseau tient le marché !

La France, comme vous le savez, se bat au contraire pour empêcher autant que faire se peut la concurrence en maintenant la propriété des réseaux dans les mains de l’opérateur historique.

Il s’agit cette fois de France Télécom et de la mise en place des réseaux de fibre optique qui doivent à court terme se substituer aux réseaux filaires actuels pour pouvoir transporter ensemble et à très grand débit, Internet, la téléphonie et la télévision.

Dans le cas des réseaux gaziers ,électriques et ferroviaires, existe une séparation légale entre sociétés d’exploitation et de production avec deux cas de figure, celui où le producteur reste néanmoins le propriétaire de la société d’exploitation(électricité avec RTE et gaz avec RTG) et celui du ferroviaire où c’est l’Etat qui est propriétaire du réseau ferré avec RTF. Encore cette dernière configuration a t elle été mise en place non pour assurer la concurrence sur les voies ferrées mais pour soulager la SNCF de son énorme dette ( 27 milliards d’euros) ce qui permet maintenant à cette dernière de devenir agressive dans d’autres domaines.

Pour les réseaux de télécommunication, les réseaux filaires actuels sont restés la propriété de France Télecom. Par contre le cout du "dégroupage" – mise en place de réseaux filaires concurrents- n’étant sans doute pas excessif, les concurrents de France Télécom sur l’ADSL et la téléphonie classique ont réussi à installer leurs propres réseaux non sans quelques difficultés avec l’opérateur historique. Il en demeure d’ailleurs un contentieux entre l’opérateur historique et les nouveaux opérateurs sur les couts de location des lignes des abonnés (Neuf et Free) pour lesquels la boucle finale reste celle de France Télécom. Ces tarifs là qui sont des tarifs de gros sont considérés comme excessifs par les opérateurs " passeurs" sur le réseau France Télécom puisque ces derniers annoncent un bénéfice sur ces tarifs de 700 millions d’euros.

Pour le déploiement de la fibre optique, par contre, l’investissement à supporter par les nouveaux opérateurs est infiniment plus lourd. C’est un cas de figure semblable à celui des réseaux ferrés où il semblerait anormal de devoir déployer plusieurs réseaux ferrés pour les mêmes lignes. L’idéal serait donc que ce soit l’Etat qui mette en place ce réseau et le loue aux différents opérateurs au même prix. Mais voila, le cadre règlementaire de la mise en place de tels réseaux n’a toujours pas été fixé ce qui laisse à l’opérateur historique la liberté de déployer son réseau à sa guise alors que ce n’est pas possible pour ses concurrents. C’est ce que France Télécom appelle un prédéploiement mais qui consiste à cabler aussi vite que possible les 15 plus grandes villes françaises et surtout à traiter avec les syndics d’immeubles pour pouvoir accéder aux copropriétés.

France Télecom a accédé à la demande des autres opérateurs et de l’autorité de tutelle, l’ARCEP, de passer par "leurs" fourreaux mais visiblement ces derniers se plaignent de diverses tracasseries sur l’acceptation de leurs demandes, l’obligation de repasser par les syndics pour câbler un immeuble déjà cablé par France Télécom ou encore la difficulté à avoir accès aux adresses précises des immeubles câblés fibre optique. Bref un peu les mêmes tracasseries que dans le gaz.

La balle est dans le camp de l’Arcep pour règlementer les rapports entre France Télécom et ses concurrents ainsi que les accès aux immeubles pour les câbler en fibre optique. Mais s’il ne fait rien, à très court terme la concurrence ne pourra plus justifier les financements prévus, dans un marché qui aura été " préempté" en quelque sorte par l’opérateur historique.

C’est exactement ce type de comportement devient qui justifie l’insistance de la Commission de Bruxelles pour une vrai "séparation patrimoniale" entre producteurs et distributeurs…

[ Archive ] – Cet article a été écrit par CaDerange

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