Recherche en sûreté nucléaire : les 23 lauréats sont connus

L’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011 a mis en exergue la nécessité de renforcer une expertise et d’approfondir les recherches en matière de sûreté nucléaire. Aussi, le gouvernement a t-il annoncé récemment les 23 lauréats de l’appel à projets « Recherche en sûreté nucléaire et en radioprotection ».

Dans le cadre de l’action « nucléaire de demain » du programme d’investissements d’avenir, un appel à projets relatif à la sûreté nucléaire et à la radioprotection a été lancé à l’été 2011.

Les projets lauréats doivent permettre de tirer des enseignements des conditions ayant conduit à des accidents nucléaires majeurs, notamment celui de Fukushima, d’étudier les modalités de gestion de ces accidents par les exploitants et autorités publiques, d’analyser l’impact de ces accidents en matière de rejets de matières radioactives et leurs conséquences et impacts sur la santé et l’environnement.

Doté de 50 millions d’euros, cet AAP vise à financer des infrastructures collaboratives structurantes pour la recherche dans le domaine de la sûreté nucléaire et des projets collaboratifs de recherche associant plusieurs acteurs – notamment dans le cadre de partenariats public-privé. L’Agence Nationale de la Recherche (ANR) a été choisie comme opérateur de cet appel à projets pour le compte de l’État.

Afin de sélectionner les meilleurs projets répondant à l’ambition du programme, la procédure de sélection s’est appuyée sur un comité composé du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Les lauréats :

AGORAS : AGORAS (Amélioration de la Gouvernance des Organisations et des Réseaux d’Acteurs de la Sûreté) vise à comprendre comment se construisent et évoluent les équilibres institutionnels impliquant les exploitants, leurs sous-traitants et partenaires mais également les autorités de sûreté et les instituts publics d’expertise, dans un contexte post-Fukushima.

AMORAD1 : Ce projet a pour objectif d’améliorer des Modèles de prévision de la dispersion et de l’impact des radionucléides au sein de l’environnement. Il s’inscrit dans la perspective de combler ces principales lacunes afin d’améliorer l’évaluation de l’impact environnemental et par conséquence sur l’homme.

DECAPF : DECA-PF propose le développement et la qualification de dispositifs de mesure spécifiques par ciblage des principaux produits de fission volatils, à savoir, le krypton, le xénon, l’iode et le ruthénium.

DECLIQ : Ce projet a pour but de réussir le changement d’échelle du nanomatériau innovant vers le procédé afin de concevoir une technologie de pointe permettant de faire face aux conséquences d’un accident grave sur un réacteur nucléaire français. Il vise plus particulièrement le traitement des eaux de refroidissement du cœur du réacteur.

DEMETERRES : DEMETERRES a pour ambition de développer un ensemble de technologies innovantes de remédiation des sols et des effluents contaminés, sélectives des radionucléides (principalement Césium et Strontium) non intrusives et optimisées en matière de déchets secondaires.

DENOPI : Le projet consiste en la réalisation d’expérimentations, de travaux de modélisation et de validation des codes de calculs visant à approfondir les connaissances relatives aux
écoulements se produisant dans la piscine en fonctionnement.

DISCOM : DISCOM vise à tirer parti du potentiel des technologies de mesure par fibres optiques, pour renforcer la surveillance de la troisième barrière de confinement en cas d’accident grave.

DROID : L’objectif du projet DROÏD est de contribuer à la sécurité des installations nucléaires et à la radioprotection du personnel en développant une méthode de suivi dosimétrique qui permet la surveillance d’une partie ou de la totalité d’une installation.

ENDE : Le projet ENDE se propose de développer des méthodes récentes associées à la diffusion des ondes ultrasonores ou à la non linéarité du béton et de tester des méthodes non destructives face au problème de la détermination des indicateurs porosité, teneur en eau, module d’élasticité et résistance mécanique du béton et du suivi des fissures.

ICE : ICE s’inscrit dans une démarche d’amélioration des connaissances sur la phénoménologie et la simulation du phénomène en proposant une recherche ciblée sur les incertitudes majeures : fragmentation primaire du combustible, oxydation et solidification du combustible, processus fins de vaporisation et mise en pression durant l’explosion.

INDIRA : Ce projet vise à mettre au point et valider des tests rapides capables d’estimer la radiosensibilité individuelle et son impact réel sur la santé des personnes.

MACENA : MACENA (Maîtrise du Confinement des Enceintes en Accident) a pour objectif de développer les modèles et outils de prédiction de l’étanchéité des enceintes en Accident Grave.

MIRE : La finalité du projet MiRE est d’améliorer les caractéristiques des filtres afin de piéger en priorité les iode volatils et si possible le tétraoxyde de ruthénium (RuO4) susceptible lui aussi d’exister pour certaines séquences accidentelles. Ces deux radionucléides sont en effet deux importants contributeurs à la dose effective à moyen-terme lors d’accidents.

MIT3BAR : Le projet développera une panoplie de systèmes technologiques et d’outils logiciels pour définir les meilleurs angles de renforcement des centrales de 2ème génération en place, évaluer l’efficacité des moyens de mitigation proposés, en développer de nouveaux et ce faisant, amener autant que possible le niveau de sûreté en accident graves des centrales actuelles vers celui de la 3ème génération.

MITHYGENE : MITHYGENE vise à améliorer les connaissances en matière de distribution et de combustion d’hydrogène, et son effet sur les structures du confinement.

ORIGAMIX : Le projet ORIGAMIX s’articule autour de deux axes : l’ensemble des développements liés à la seconde génération de caméra gamma, en la dotant de fonctionnalités additionnelles (spectrométrie pour la catégorisation d’émetteurs gamma, localisation 3D, fonctionnement sur batterie, géolocalisation) et le développement d’un prototype de caméra gamma de troisième génération, généralement désigné sous le terme de spectro-imageur.

PERFROI : PERFROI traite de la refroidissabilité d’un cœur partiellement déformé en cas d’accident. Les connaissances générées par le projet seront bénéfiques à l’amélioration de la sûreté nucléaire d’une part au niveau international (comme l’effet de la relocalisation de combustible dans les zones ballonnées), et au niveau national d’autre part.

PRENOLIN : Le projet PRENOLIN a pour objectif de proposer une approche pour la prise en compte des phénomènes de non-linéarité des sols dans la dimension "effet de site" de l’aléa sismique, approche qui soit validée par une confrontation avec les observations de terrain. Cette approche devra pouvoir être appliquée aux contextes de sismicité faible et modérée, ce qui implique la nécessité de faire appel à des simulations, tout en valorisant les informations d’ordre empirique (enregistrement de séisme faible) sur les zones concernées.

PRIODAC : Ce projet de recherche propose de déterminer les modalités d’administrations répétées d’iode stable en situation de rejets radioactifs chroniques, d’évaluer les effets indésirables d’administrations répétées d’iode stable sur les grandes fonctions physiologiques de l’organisme, de mieux comprendre les mécanismes moléculaires de la régulation du métabolisme de l’iode ainsi que les phénomènes d’excrétion et de sécrétion de l’iode. .Le projet a pour objet enfin de capitaliser sur les nouvelles connaissances acquises pour mettre au point des stratégies innovantes de protection contre des expositions répétées aux iodes radioactifs également adaptées aux personnes ayant déjà été préalablement contaminées.

SARC : SARC doit mettre au point une instrumentation autonome permettant d’avoir un suivi de la progression du corium au travers de la mesure à la fois de la température mais également du flux nucléaire neutron et gamma.

SEEN : L’objectif majeur du projet est de mieux estimer les risques climatiques actuels et à venir, pour la production nucléaire, dus aux événements extrêmes les plus pertinents : vagues de chaleur, sécheresses et précipitations intenses.

SINAPS : Le projet SINAPS vise à explorer les incertitudes inhérentes à la connaissance de l’aléa sismique et de la vulnérabilité des ouvrages (et des composants nucléaires), dans le cadre d’une démarche de sûreté. L’objectif majeur est in fine, d’identifier, voire de quantifier les marges sismiques qui résultent des hypothèses retenues soit lors du choix du dimensionnement, soit de la stratégie de conception (hypothèses conservatives, choix des matériaux…).

TANDEM : TANDEM (Tsunamis en Atlantique et MaNche / Définition des Effets par Modélisation) est un projet dédié à l’estimation des effets côtiers dus à des tsunamis, pour les côtes françaises, avec un intérêt particulier pour les côtes Atlantique et Manche, où les installations nucléaires civiles sont installées depuis environ 30 ans.

Enfin, trois dossiers (COBE, PROGRES, CEPREES) ont été remarqués pour leur qualité. Leur financement dépendra du reliquat de financement qui sera disponible après finalisation des sommes octroyées à chacun des vingt-trois premiers dossiers.

Partagez l'article

 



         

Articles connexes

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
avatar
wpDiscuz