Réglementation énergétique pour les bâtiments chinois

Le bâtiment est, avec le transport, considéré comme un sujet stratégique de la politique énergétique de la Chine. En renforçant la règlementation sur la réduction de la consommation énergétique, le pays ouvre de nouvelles opportunités aux indstriels.

A ce jour, le bâtiment pèse 27,6% de la consommation énergétique de la Chine et pourrait atteindre 40% en 2020 du fait de la forte croissance du secteur de la construction.

Sur quelles articulations réglementaires la Chine s’appuie-t-elle pour réduire la consommation énergétique de ses bâtiments ? Le cabinet Alcimed fait un point sur l’état actuel de la réglementation sur la construction en Chine et les opportunités associées.

La Chine connaît un développement très rapide qui s’accompagne d’une industrialisation et d’une urbanisation de plus en plus importantes. Le bâtiment représente 27,6% de la consommation énergétique chinoise contre seulement 10% dans les années soixante-dix, observe la société de conseil.

Par ailleurs, les bâtiments à basse consommation d’énergie ne représentent aujourd’hui en Chine que 1% des 40 milliards de m2 de surface installée. De plus, sur les 1,6 à 2 milliards de m2 de nouveaux bâtiments chaque année, seuls 3% sont à basse consommation d’énergie.

Afin de concilier cette croissance aux ressources énergétiques limitées, le gouvernement a décidé de cibler les bâtiments des villes du nord et les bâtiments publics :

  • Le nord de la Chine représente en effet 36% de la consommation énergétique des bâtiments.
  • Les bâtiments administratifs et commerciaux consomment 10 à 20 fois plus d’énergie que les bâtiments résidentiels. La seule rénovation de ces bâtiments administratifs et commerciaux pourrait réduire la facture énergétique de 50 à 70%.

La première réglementation sur la réduction de la consommation énergétique date de 1986, lorsque la Chine a établi une première norme pour le nord du pays, visant à réduire de 30% de la consommation énergétique des nouvelles constructions par rapport aux constructions locales de 1980-1981.

Depuis, de nombreuses normes ont été établies, notamment en 2007, imposant des réductions énergétiques de l’ordre de 30% à 50%, voire 65% dans certaines villes. Elles ont concerné progressivement les régions froides puis les régions chaudes, les nouvelles constructions puis les rénovations, les bâtiments résidentiels puis les bâtiments publics.

De plus, de nombreuses incitations politiques sont accordées sous forme de taxe ou de prêt à taux avantageux pour inciter à l’utilisation de nouvelles technologies ou de nouveaux matériaux afin d’atteindre les objectifs souhaités.

La réglementation va être encore renforcée cette année, notamment grâce au nouveau décret n°530 sur la réduction énergétique du bâtiment civil, applicable depuis le 1er octobre 2008.

Tous ces dispositifs correspondent à l’objectif défini par le 11ème plan quinquennal qui vise à économiser 101 millions de tonnes de charbon. 

« La surface impactée par la réglementation correspondrait ainsi à au moins 2,16 milliards de m2, dont 1,6 milliards pour la construction neuve et 0,56 milliard pour la rénovation. Au-delà, ce contexte réglementaire incitant la réduction de la consommation énergétique des bâtiments devrait se révéler favorable au développement de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies, et créer ainsi des segments de marché à plus forte valeur ajoutée », conclut Pierre Gadrat, Responsable de l’activité Chimie, Matériaux, Energie d’Alcimed.

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