Sauf exceptions, la Banque mondiale ne financera plus des activités pétrolières

Lors du One Planet Summit coorganisé par Emmanuel Macron, président de la République française, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies et Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, ce Groupe a fait plusieurs nouvelles annonces s’inscrivant dans la continuité de son soutien à la mise en œuvre des objectifs de l’Accord de Paris par les pays en développement.

Le Groupe de la Banque mondiale a indiqué vouloir continuer « de modifier ses activités en tenant compte de l’évolution rapide de notre monde« . Et pour aligner le soutien apporté aux pays pour qu’ils atteignent leurs objectifs de Paris, « Le Groupe cessera de financer les activités en amont du secteur pétrolier et gazier après 2019. »

Il faut toutefois ajouter un bémol à cette décision considérée comme inédite : « Le financement d’activités en amont du secteur gazier sera exceptionnellement envisagé dans les pays les plus pauvres lorsqu’il favorise indéniablement l’accès à l’énergie des pauvres et lorsque le projet est conforme aux engagements du pays au titre de l’Accord de Paris. »

Par ailleurs, la Banque mondiale précise être « en bonne voie pour atteindre la cible de 28 % de ses prêts consacrés à l’action climatique d’ici à 2020 ainsi que les objectifs de son Plan d’action sur le changement climatique, élaboré dans le sillage de l’Accord de Paris. » Elle communiquera même un bilan et annoncera ses nouveaux engagements et cibles pour l’après-2020 lors de la COP24 qui aura lieu en Pologne en 2018.

Décarbonisation des activités fondée sur la transparence et la communication

Le Groupe de la Banque mondiale précise faire « tout son possible pour que la responsabilité climatique soit intégrée à l’ensemble de ses activités. »

A compter de l’année prochaine, le Groupe déclarera les émissions de gaz à effet de serre des projets d’investissement qu’il finance dans les principaux secteurs producteurs d’émissions, tels que le secteur énergétique. Les résultats seront publiés tous les ans à partir de fin 2018.

La Banque mondiale appliquera un prix virtuel pour le carbone lors de l’analyse économique de tous les projets de la BIRD et de l’IDA conçus à compter de juillet 2017 dans les principaux secteurs fortement émetteurs. IFC utilise la tarification du carbone dans les principaux secteurs depuis janvier 2017 et étendra cette mesure à tous les secteurs dès janvier 2018.

Mobilisation de fonds en vue de transformer l’atténuation et la résistance aux chocs climatiques

Pour accélérer la mobilisation de fonds :

– IFC investira 325 millions de dollars dans le fonds obligataire Green Cornerstone, un partenariat avec Amundi, pour créer le plus grand fonds obligataire de l’histoire consacré aux marchés émergents. Cette initiative de 2 milliards de dollars vise à développer les marchés financiers locaux et à accroître le financement privé des projets liés au climat. Les fonds mobilisés s’élèvent déjà à 1 milliard de dollars.

– La semaine dernière, la Banque mondiale et le gouvernement égyptien ont signé un prêt à l’appui des politiques de développement d’un montant de 1,15 milliard de dollars, dont l’objet est de réduire les subventions aux combustibles fossiles et de créer un environnement propice à un développement énergétique sobre en carbone.

– Le Groupe de la Banque mondiale continuera de soutenir les investissements mentionnés lors du One Planet Summit qui illustrent des possibilités de mobiliser différents types de financement dans des domaines ayant un potentiel transformationnel. Ces investissements pourront porter sur : l’accélération de la maîtrise de l’énergie en Inde ; le développement de l’énergie solaire en Éthiopie, au Pakistan et au Sénégal, entre autres ; la création d’une plateforme d’investissement pour les zones côtières d’Afrique occidentale, visant à améliorer la résilience du littoral des pays concernés (en partenariat avec l’UEMOA, le NFD, le FEM, le GFDRR, l’AFD et la BAfD) ; et la création de la plateforme sur la résilience des villes (en partenariat avec la Convention des maires) permettant à 500 villes d’accéder à des financements pour mieux résister aux chocs climatiques.

– Le Groupe continuera de collaborer avec l’Organisation des Nations Unies et d’autres partenaires à la mise en œuvre de la plateforme Invest4Climate, qui mobilisera systématiquement plusieurs sources de financement, notamment dans le cadre d’une grande manifestation de promotion des possibilités d’investissement lors de la conférence Invest4Climate devant se tenir à Francfort en mai 2018.

– IFC s’emploiera à définir une norme mondiale sur les obligations vertes, semblable aux Principes d’Équateur, pour favoriser le développement du marché de ces obligations dans le but de mobiliser des financements privés destinés au secteur climatique. Pour stimuler l’écologisation du secteur financier, le Groupe de la Banque mondiale collaborera avec le Sustainable Banking Network (SBN) pour apporter un appui technique à l’élaboration et à la mise en œuvre de feuilles de route pour le financement durable dans six pays. Ces feuilles de route s’inspirent d’un cadre élaboré conjointement avec ONU-Environnement.

– Le Programme de portefeuille de prêts conjoints (MCPP), géré par AXA, allouera une part importante des projets à des investissements d’infrastructure intelligents sur le plan climatique. IFC et la Finlande ont lancé un programme conjoint sur le changement climatique, qui repose sur une contribution en capital restituable de 114 millions d’euros, pour stimuler le financement privé des solutions liées au changement climatique, en ciblant les pays à faible revenu privilégiant les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie, les bâtiments verts, l’agriculture intelligente face au climat et la foresterie.

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