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Ségolène Royal, nouvelle ministre de l’Ecologie et de l’énergie

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Il y a moins d’un an, Ségolène Royal prônait la concertation sur Notre-Dame-des-Landes, le stationnement gratuit pour les voitures électriques et plus de contraintes environnementales dans le bâtiment sur le plateau de Linternaute.com

Voici les réponses qu’elle donnait il y a quelques mois dans une interview spéciale "ministre de l’Ecologie".

Le ministère de l’Ecologie n’est pas une nouveauté pour Ségolène Royal. La toute nouvelle ministre a déjà occupé cette fonction entre 1992 et 1993, dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy, avant d’expérimenter plusieurs mesures environnementales dans sa région de Poitou-Charentes. C’est donc une spécialiste de l’environnement qui rejoint le gouvernement Valls. Vrai flair ou coup de chance : Linternaute.com recevait Ségolène Royal dans son émission #DirectPolitique, en partenariat avec Ouest-France et 20 Minutes, en juillet dernier. Et moins d’un an avant sa nomination, nous avions eu la bonne idée de lui réserver une séquence spéciale "ministre de l’Ecologie".

Notre-Dame-des-Landes, gaz de schistes, transition énergétique, voiture électrique… Voici les réponses que Ségolène Royal donnait à l’époque sur ces questions. Réponses qui pourraient devenir autant de promesses ou de mesures à mettre en œuvre dans les prochains mois.

1- Une concertation sur Notre-Dame-des-Landes ?

Jean-Marc Ayrault débarqué, Ségolène Royal va-t-elle signer la fin de l’aéroport Notre-Dame-desLandes ? Sur le plateau de #DirectPolitique, elle avait affirmé que l’aéroport controversé ne pouvait "pas se faire" s’il y avait "une levée de bouclier sur le terrain". La future ministre de l’Ecologie reconnaissait une "revendication populaire" et estimait qu’il fallait "regarder comment on intègre ces préoccupations-là". "On ne peut plus faire contre les gens", tranchait l’ancienne candidate à la présidentielle en se justifiant : "Il ne s’agit pas d’être contre l’équipement, mais de trouver une harmonie entre l’équipement d’un pays et la protection de l’environnement".

Deux ans plus tôt, en octobre 2011, lors d’une visite à Nantes, Ségolène Royal s’était déclarée "prête à demander un moratoire" sur le dossier. Candidate à la primaire socialiste, elle avait même promis de "rouvrir l’enquête publique sur l’aéroport" pour relancer la concertation. Juste avant notre émission, elle avait aussi déclaré que l’aéroport serait "très difficile à faire". Une prédiction qu’il s’agit maintenant de vérifier.

2- Le stationnement gratuit pour les voitures électriques

"Je voudrais que l’Etat fasse plus d’efforts sur la voiture électrique". Voici l’un des reproches faits au gouvernement Ayrault sur notre plateau il y a un an par Ségolène Royal. Celle qui tentait encore de redresser le constructeur automobile Heuliez dans sa région à l’époque soulignait la timidité de ses prédécesseurs pour booster ce secteur d’avenir. Principale mesure martelée lors de l’interview : "le stationnement gratuit pour les véhicules électrique". Alors chiche Madame la ministre ?/p>

3- Une transition énergétique pas chère ?

Ségolène Royal est venue s’exprimer dans #DirectPolitique le 9 juillet 2013, soit une semaine après le limogeage de Delphine Batho, une autre ministre de l’Ecologie écartée après son coup de gueule sur les restrictions budgétaires que connaissait son portefeuille. Et à l’époque, Ségolène Royal ne manquait pas de sévérité vis-à-vis de celle qui lui avait précédé. Batho avait-elle fait preuve de courage en claquant la porte pour dénoncer ces coupes dans le budget ? "Le courage, c’est de continuer à se battre pour ses idées." Le gouvernement avait-il fait assez pour la transition énergétique ? "L’Ecologie ne se résume pas à quelques pourcentages dans un Budget". Fermez le ban.

La future ministre s’était tout de même permis de détailler sa pensée. "On peut agir sur l’Ecologie de façon gratuite, être visionnaire". Comment ? Ségolène Royal proposait ainsi d’"intégrer à toutes les décisions publiques l’écologie", de mettre en place le "stationnement gratuit pour les voitures électriques", de "conditionner tous les permis de construire à des à l’obligation d’utiliser les écomatérieux", arriver à l’objectif "zéro pesticide dans tous les espaces publics". Beaucoup de mesures qu’elle pourrait mettre en place, mais qui resteraient tout de même coûteuses à court terme… Affirmant que la transition énergétique "n’allait pas assez vite ", Ségolène Royal devra en tout cas faire ses preuves rapidement sur la question.


4- Fini les hausses de tarifs de l’électricité ?

Si sur les gaz de schiste, Ségolène Royal semble rester sur la ligne du précédent gouvernement, il semble en être différemment des tarifs de l’électricité. Parmi les simili-mesures lancées par Ségolène Royal sur notre plateau quand elle n’était pas encore ministre, la fin de la hausse des tarifs de l’électricité figurait en bonne place. En plein mois de juillet, alors que son prédécesseur Philippe Martin annonçait une hausse desdits tarifs, Ségolène Royal avait indiqué qu’elle n’était "pas favorable à la hausse des tarifs de l’électricité". Inquiète du pouvoir d’achat des Français, elle réclamait au passage plus de "transparence" dans la fixation de ces tarifs dans un discours ferme. "Les gens sont pris en otage", lançait la future ministre de l’Energie, qui réclamait de "contrôler les investissements d’EDF". Une entreprise "en situation de monopole". Ce contrôle va-t-il se concrétiser dans les mois à venir ? Les tarifs de l’électricité vont-ils baisser ou à défaut se stabiliser ? Affaire à suivre.

En égratignant son ancienne protégée – Batho est longtemps restée une proche de Royal et est une élue des Deux-Sèvres comme elle –, Ségolène Royal a aussi dessiné le portrait de la ministre qu’elle voulait devenir. En soulignant le "manque d’esprit d’équipe" et "une certaine arrogance" chez Delphine Batho, on peut espérer que Ségolène Royal s’astreigne à un comportement exemplaire, sans "victimisation" et avec "le sens des valeurs". Plus concrètement, l’ancienne candidate à la présidentielle rappelait dans #DirectPolitique qu’en tant que ministre, elle faisait elle-même par le passé un bilan "au bout d’un an" et que "chaque ministre a un bilan à rendre" dans ces délais.

Rendez-vous est donc pris le 2 avril 2015…

Crédit photo : Cécile Debise, Linternaute.com


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    5 Commentaires sur "Ségolène Royal, nouvelle ministre de l’Ecologie et de l’énergie"

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    Temb
    Invité

    Elle est aussi pour la sortie du nucléaire en 40ans.

    b api
    Invité
    Y a pas que les parkings. Les autoroutes aussi devraient être gratuits pour les Véhicule Electriques. A terme, plus de péages autoroutiers d’ailleurs, l’escroquerie du XXème siècle. Les autoroutes les plus fréquentés (l’emblème est l’autoroute du soleil) ont été amortis depuis longtemps, et on continue à payer. Autre scandale plus précis: l’autoroute quasiment urbain de Cannes à Nice. Et augmentations de 10% à 20% des tarifs de péages chaque année. Par contre, d’accord pour taxer les camions en transit de l’Italie à l’Espagne, quand ils pourraient utiliser la Mer. Faudrait simplement une vignette, comme font le Suisses, bien plus malins… Lire plus »
    gaga42
    Invité

    J’espère qu’elle sera mieux conseillée que pour sa campagne de 2007 où, concernant l’écologie, elle disait un peu n’importe quoi…

    an391
    Invité
    Si elle (et beaucoup d’autres, genre « les économistes ») étaient capables de : 1) regarder la courbe du prix du baril sur une période assez longue: 2) connaitre les perspectives -objectives- de « production »(cad extraction) d’hydrocarbures à court/moyen terme. Peut-être que la notion de **choc pétrolier**, –et non des moindres– leur viendrait à l’idée pour qualifier la crise actuelle ne faisant hélas que commencer, ceci permettant en retour de définir certaines priorités. Mais enfin il est déjà si tard, il ne reste plus guère que l’Omerta comme possibilité, et puis la propagande, celle US devenant complétement hystérique à ce sujet. Voir par… Lire plus »
    arzi77
    Invité
    Enerzine (et ses « forumeurs »), seront-ils lus et… entendus ?! Une des qualités nécessaires pour faire un bon ministre, (ou, de bons membres de son cabinet…), est de savoir prendre plusieurs avis… puis de s’efforcer de distinguer, parmi ceux qui sont le moins contaminés par les lobbies… lesquels se rapprochent le plus de cet « idéal mal identifié » que l’on nomme intérêt général ! Dans le cas d’une Union économique et monétaire rassemblant des nations aussi différentes que peuvent l’être, par exemple le Portugal et les Pays Bas, (ou la Grèce et l’Autriche), il est certes permis de douter de son existence.… Lire plus »
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