Siemens rejoint la concurrence, Areva indignée

Le groupe Siemens s’est associé au russe Rosatom en vue de développer des réacteurs nucléaires à eau pressurisée. La signature d’un accord entre les deux groupes suscite la colère d’Areva, qui dénonce la violation par Siemens de leur pacte d’actionnaire.

Mardi, Siemens et Rosatom ont décidé de la création d’une entreprise commune, détenue à majorité (50% +1 voix) par le groupe public russe. Elle se destine notamment au développement et à la construction de réacteurs russes à eau pressurisée.

Selon l’accord, l’entreprise prendra part à l’ensemble de la chaîne de production nucléaire, du combustible jusqu’au démantèlement. "Par un partenariat à part entière avec Siemens, nous voulons devenir le leader mondial du marché nucléaire", a résumé Sergey Kirienko Directeur général de Rosatom.

Une concurrence directe pour Areva, sur un marché évalué à 1 000 milliards d’euros. On estime que 400 réacteurs devraient être construits dans le monde d’ici 2020.

Cette décision a suscité une réaction immédiate du groupe français : "l’annonce de cette co-entreprise met en rupture [Siemens] de ses obligations contractuelles avec toutes les conséquences qui en découlent en vertu du pacte d’actionnaires", menace Areva par voie de communiqué.

En effet, Siemens dispose toujours de 34% du capital d’Areva NP, dont il a déclaré vouloir se retirer en début d’année. Les conditions de son retrait comprennent une clause de non concurrence jusqu’en 2020.  Ce qui laisse présager une bataille juridique, dont Areva pourrait se servir pour revoir à la baisse le montant du rachat des 34% de Siemens. Fin 2007, ces parts étaient évaluées à 2 milliards d’euros.

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29 Commentaires sur "Siemens rejoint la concurrence, Areva indignée"

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renewable
Invité
Voilà qui peut sembler assez surprenant quand on connaît les capacité actuelles de l’industrie sidérurgique à produire des coeurs de réacteurs…Nous sommes actuellement capable d’en construire moins d’une demi-douzaine par an, peut être le double d’ici deux à trois an, soit dans le meilleur des cas, un peu plus de 120 réacteurs possible d’ici 2020. Enfin j’imagine que si la crise s’estompe un peu et qu’on laisse davantage de marges de manoeuvre à l’investissement, ces capacités pourront être davantage augmentées. Reste le problème de l’uranium, et là notre dépandance à M Poutine (bien davantage encore que pour le gaz) risque… Lire plus »
Buffle
Invité
Ok avec Renewable : 400 réacteurs de plus dans le monde en 2020, ce n’est techniquement pas crédible. Il faut plusieurs années pour lancer un site, 5 ans pour construire, des fabricants qui puissent faire fasse à la demande et des administrations qui se réorganisent dans des pays qui ont souvent délaissé le nucléaire. En revanche, l’Uranium n’est pas une contrainte. 1) Les réserves connues peuvent satisfaire l’exploitation du parc actuel et son extension pour plusieurs dizaines d’années, avant de passer aux surgénérateurs qui demandent des dizaines de fois moins d’uranium. 2) L’uranium, à la différence des hydrocarbures, est bien… Lire plus »
Lord predator
Invité

J’ajouterai que les ressources conventionnel d’uranium se compte plutôt en centaine d’année, qu’il existe nombre de ressource non conventionnel tel que l’eau de mer a un prix certes nettement supérieur, mais comme dis, le cout du minerai compte pour 3% dans le prix du Kwh. Cordialement,

lion
Invité
Je comprends parfaitement la réaction d’Aréva quand on voit Siemens partir avec le design d’un réacteur de 3ème génération que les russes de Rosatoménergo n’ont pas pris la peine de développer. Ce mariage est en tous points paradoxal lorsque l’on connait la bonne qualité du matériel Siemens et la mauvaise qualité du matériel russe. Autant ces derniers sont compétents en matière de conception, autant la fabrication des matériels et le montage sur site sont lamentables. Je parle d’expérience. De plus le VVER 1000 de Rosatom est un réacteur de 2ème génération. Rosatom ne propose pas un réacteur de 3ème génération répondant… Lire plus »
Yop
Invité
Je voudrais simplement ajouter que je trouvais déjà stupide qu’AREVA veuille se séparer de SIEMENS, car on avait l’occasion de renforcer la coopération franco allemande qui est un des moteurs de l’Europe. On en voit ici une mauvaise conséquence supplémentaire, les russes vont rattraper leur retard sur AREVA. A notre époque, ou l’on s’apercoit que l’Europe ne peut peser dans le monde que si elle est unie, nos décideurs veulent créer un champion franco-francais du nucléaire… Quelle ringardise ! Quelle vision passéiste ! Construire un champion européen… ca n’est pas mieux ? Ok, Airbus a eu quelques problèmes, mais ca a fonctionné… Lire plus »
renewable
Invité
L’indépendance au Gaz de notre ami Poutine…Curieux que la dépendance bien plus forte à l’uranium russe n’inquiète cette fois-ci pas le moindre du monde les tenants du tout nucléaire! Le gaz russe représente 25% du gaz consommé en europe (et devrait atteindre 30% d’ici 10ans) alors que la part d’uranium d’orignie ou transformé par la Russie dans le monde est de 40% et augmente également… D’autre part, la plupart des gisements rentables aux couts actuels de l’uranium sont en voie d’épuisement ou largement exploités ou atteignent les limites du raisonnable en terme environemental pour les sites ou ils sont exploités,… Lire plus »
fifty
Invité

Concernant les réserves en combustible n’oublions pas de mentionner le Mox, c’est à dire (pour simplifier) le retraitement des déchets radioactifs issus des réacteurs et leur transformation en nouveau combustible prêt à être chargé (97% des déchets sont ainsi revalorisés). Dans ce domaine la France est leader et exporte même ce type d’usine Mox. Par contre j’ai une question, dans quelle mesure y a t-il a un risque de transfert de la technologie d’Areva à Rosatom par le biais de Siemens? parceque du coup ca facilitera dangereusement l’accès pour Rosatom aux réacteurs de troisième génération…

lion
Invité
En réponse à Monsieur Fifty, il convient de savoir que le dossier sur l’EPR a été fait par Framatome NP, alliance entre Framatome et Siemens, devenu ensuite AREVA NP. Ce dossier a été réalisé en prennant en compte les plus récentes exigences fondamentales des autorités de sûreté françaises et allemandes qui sont très supérieures à celles des autorités de sûreté russes. Siemens dispose donc de l’ensemble du design. La rapidité de la décision entre la sortie d’Areva et l’alliance avec Rosatom démontre que les discussions entre les 2 entreprises étaient déjà engagées depuis longtemps. A Monsieur Yop: je ne sais pas… Lire plus »
renewable
Invité

Vous avez tout compris, nos réacteurs pour lesquels nous avons mis beaucoup d’argent public (chercheurs, ingénieurs, base d’AREVA…) vont nous revenir en concurrence avec de beaux prix russes agrementés du sérieux allemand et du grand nom de siemens…Et nous n’aurons même pas de vraie filière différente pour compenser, car nous avons déjà laissé filer nos brevets et nos cerveaux de l’éolien (et on continue avec le solaire et l’hydrolien) vers d’autres pays, comme l’Allemagne…

lion
Invité

Vous parlez d’argent public facilement. Quelles sont vos preuves?

renewable
Invité

Le CEA, la COGEMA, nos ingé de l’école des mines, polytechnique, centrale, Normale sup, la recherche sur 30ans pour atteindre notre niveau d’excellence, nos missions diplomatico-militaires pour s’assurer de nos approvisionnement (et les concessions démocratiques et/ou pécunières qui vont avec)…L’argent public, ce n’est pas ce dont à manqué notre filière nucléaire! Mais même si vous aimez à devenir pointilleux sur les points annexes, il est intéressant de noter que vous ne remettez pas en cause la principale nouveauté liée à ce nouvel état de fait dans le domaine du nucléaire!

Hedjman
Invité

Et si monsieur Renewable arrêtait de réciter bêtement les communiqués et crédos des ong style greennpeace (ou sortir du nucléaire)  , les débats de ce forum y gagneraient en qualité,au lieu d’être un lieu de propagande antinucléaire caricatural ou se répand la plus méprisable désinformation sur Areva et plus généralement l’énergie nucléaire (dont bien entendu le programme nucléaire français de préférence) .Cette manie exécrable qu’a monsieur renewable  de donner à chaque occasion un stupide coup de patte sur le nucléaire (surtout français ) le discredite et décrédibilise complètement .Il n’est (renewable) qu’un triste concentré d’intox et de mauvaise foi .

Hedjman
Invité

Renewable, ou la voix de Greenpeace et du réseau ‘sortir du nucléaire’ .

renewable
Invité
Voic la remarque la plus pertinente qu’il soit: pas de débat sur le nucléaire, en aucun cas…Pour votre gouverne je n’ai aucun engagement personnel lié au nucléaire, je suis simplement assez échaudé depuis un moment par la fraction impotante des anti-ENR pro-nucléaire qui viennent casser du sucre sur le dos de ces filières en vantant les mérites du sacré et imaculé nucléaire…Le dernier argument à la mode étant l’indépandance face au gaz russe qu’apporte le nucléaire, il me semblait utile, et vous m’excuserez donc d’oser tenter apporter un semblant de contradiction (débat?) en mettant en lumière cette caractéristique méconnue du… Lire plus »
stef
Invité

Forcément, si on est contre le développement du nucléaire, c’est qu’on cite bêtement les communiqués des ONG. Alors que si on est pro nucléaire, c’est qu’on fait preuve d’ouverture d’esprit, de sagesse, et de connaissance. C’est ça ? Cette stupide bataille entre pro et anti sur ce sujet est vraiment dommage (on ne la retrouve pas que sur ce post d’ailleurs, et pas forcément de ce bord non plus). Vous semblez souhaiter que les débats de ce forum gagnent en qualité, et bien ce ne sera pas avec vos interventions… A-t-on lu un argument intéressant dans vos propos ?

Rodriguier
Invité

Prétendre que le nucléaire sera dépendant de la Russie comme le Gaz, est un gros bobard car les vrais fournisseurs avenir  d’uranium seront l’Australie et le Canada ; voire l’Afrique .

filvert
Invité

Je doute qu’avec la crise économique les centrales se développent beaucoup. Les producteurs d’électricité vont avoir des chiffres d’affaire en baisse et ce sont les investissements qui vont être réduits en premier. On parle de 10 à 20 ans de crise, donc s’il y a 20 ou 30 nouvelles centrales d’ici 2020 ce sera le Pérou !!!

Repie
Invité

10 ou 20 ans de crise: j’espère que ce ne sera pas celle des ENR ! Non plus sérieusement, la crise de 29 plus grave encore n’a duré que 2 ou 3 ans, on va remonter donc vite par le haut et on va essayer de recréer un société basée sur la confiance . Un confiance aussi dans les énergies propres et réellement propres pour ne pas flouer le citoyen.

Momo
Invité
Si on relit bien les documents de l’AIEA , on voit qu’ils prevoient un maximum de 400 nouveaux reacteurs ( de ttes. tailles , de ttes puissances et de ts. types ) d’ici 2030 ( et non pas 2020 comme indique ici ) , pour en cout global de 1000 a 1200 milliards de USD ( le dollard valant alors environ l’euro , Personne ne sachant ce que cela donnera d’ici 21 ans ! ….. ) Par ailleurs , ne pas oublier que les systemes Candu a eau lourde fonctionnent av. de l’uranium naturel , non enrichi , de meme… Lire plus »
Dazibao
Invité
La crise de 29 n’a pas durée 2 à 3 ans, mais plus d’une décennie… de plus, elle a eu pour effet de déstabiliser (récession, dépression, inflation, déflation…) l’ensemble des économies mondiales, à commencer par celles des pays les plus développées. Les conséquences sociales (chômage de masse, grande pauvreté). Ces déstabilisations systémiques des économies et des sociétés occidentales notamment, ont entraîné la montée de tous les totalitarismes, et de 1929 à 1945… on ne peut pas dire que les seize années qui se sont écoulées aient été propices à la résolution collective, à l’échelle internationale, de problèmes complexes. On peut… Lire plus »
Dan1
Invité
L’indépendance énergétique relative procurée à la France par le nucléaire n’est pas tout à fait une vue de l’esprit et elle revêt plusieurs aspects : 1) Nous pouvons facilement stocker du combustible enrichi ou non pour plusieurs années. La France déclare avoir un stock de sécurité d’au moins 3 ans. De plus, le seul chargement d’un réacteur nucléaire nous garantit d’avoir de l’électricité pendant quelques dizaines de mois après rupture d’approvisionnement. Ce simple fait, permet d’envisager d’éventuels négociations avec moins d’urgence que pour le pétrole et le gaz où les réserves se comptent en semaines ou au mieux en mois. 2)… Lire plus »
pasnaif
Invité
Si le nucléaire devait rester en REP ou BWR (ne brûlant que 1% de luranium), vous avez raison, les ressources uranium à coût acceptable sont limitées à 100 ans et quelques. C’est d’ailleurs la durée du pétrole. Par contre les réacteurs à neutrons rapides donnant 100 fois plus d’énergie à partir de la même quantité d’uranium, non seulement multiplieront cette duréepar 100 mais du coup revaloriseront la valeur du métal, disons par 10, ce qui rendra rentables des gisements peut-être 100 fois plus nombreux. Sans conjecturer sur la taille de ces gisements, prenons le moins riche de tous, le granit… Lire plus »
pasnaif
Invité

les anti-N détiennent le pompon, record toutes catégories puisqu’ils sont même contredits par la Physique qui elle, n’a pas de parti pris. Nul besoin d’aller plus loin puisque l’arbitre le plus neutre qui soit démontre les mensonges systématiques des anti-N.

Korty
Invité
Pasnaif avait pourtant expliqué que pour exploiter nos fabuleuse ressources en Uranium sur le sol français, il faut passer aux R N R(réacteurs à neutrons rapides) surgénérateurs qui seront les réacteurs de 4ème génération , ce qui nous ramène sur le plan industriel aux années 2040 et suivantes;donc,dans une bonne quarantaine d’années, qui peu à peu remplaceront les EPR(3ème génération).Si bien que dans les années 2050,on ne construira plus que des réacteurs surgénérateurs(4ème génération) . Les derniers EPR construits (quelqu’en soit le nombre) achèveront leurs soixantes années de fonctionement vers l’an 2109 .Et ils consommeront le Mox au plutonium produit gràce aux surgénérateurs,lesquels… Lire plus »
Korty
Invité
D’autre part,quand Pasnaif écrit : “Par contre les réacteurs à neutrons rapides donnant 100 fois plus d’énergie à partir de la même quantité d’uranium, non seulement multiplieront cette duréepar 100 mais du coup revaloriseront la valeur du métal, disons par 10, ce qui rendra rentables des gisements peut-être 100 fois plus nombreux. Sans conjecturer sur la taille de ces gisements, prenons le moins riche de tous, le granit ordinaire contenant en moyenne 50g d’uranium+thorium au mètre cube. Soit 12 millions de kWh thermiques. Si on les valorise au prix actuel du baril (60$ pour 150kg ou 1500kWh thermiques, donc 32€… Lire plus »
Korty
Invité
Pasnaif explique clairement que l’extraction de l’Uranium du granite ordinaire ne peut dépasser le cout de l’extraction d’un minerai rocheux aurifère, pauvre en Or :L’or des minerais actuels à 2g/tonne.Comme  le Granite Ordinaire renferme en moyenne 50g d’uranium + thorium au mètre cube;soit 12 millions de kWh thermiques. Si on les valorise au prix actuel du baril (60$ pour 150kg ou 1500kWh thermiques, donc 32€ le MWh thermique, notre brave m3 de granit contiendrait pour 384 000 € d’énergie. Avec  une telle valeur,l’Uranium rapporte financièrement énormément plus que l’or pour un cout d’extraction et transformation qui ne peut lui être supérieur… Lire plus »
Coudouin
Invité
Voici la position des socialistes sur le nucléaire à travers la déclaration de Béatrice MARRE, Secrétaire nationale à l’environnement et au développement durable au Parti Socialiste: Le 16 août 2006 Article paru dans la revue “L’essentiel des relations internationales” – Août 2006 Trois défis majeurs sont aujourd’hui devant nous: la lutte contre le changement climatique, l’épuisement des ressources énergétiques fossiles, la maîtrise de la prolifération nucléaire. En France, le recours au nucléaire pour produire de l’électricité présente actuellement des avantages certains en termes de limitation des émissions de gaz à effet de serre, et donc de respect des objectifs assignés… Lire plus »
Caudouin
Invité
Ce n’est pas ma “survie” qui dépend de la survie de l’industrie nucléaire.C’est la richesse économique et sociale (que l’on peut encore augmenter et améliorer grace au nucléaire (EPR en attendant les Surgénérateurs dont parlent Pasnaif et Korty dans leurs écrits) de la France et de l’Europe . Ce ne sont pas les politiques de “sobriétés”soupoudrées d’Enr du Parti Socialiste (parti Social-Traitre) avec réduction du nucléaire, implicant des restrictions énergétiques, qui permettront à la France et à l’Europe d’augmenter et améliorer (grace au nucléaire)la richesse économique et sociale indispensable à nos concitoyens français et européens.Les socialistes se sont vendus à l’idéologie BOBO des Verts et… Lire plus »
Cyrille
Invité

Photographe spécialisé dans l’industrie et l’architecture: http://www.cyrilledubreuil.com

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