Site de stockage géologique de CO2 en aquifère salin

Le 30 juin 2008 a été inauguré à Ketzin (Brandebourg), au sud de Berlin, le premier stockage géologique profond de CO2 en aquifère salin.

Dans le cadre du projet européen CO2SINK, jusqu’à 60.000 tonnes de CO2 seront stockées au cours des deux prochaines années dans le sous-sol, à plus de 600 mètres de profondeur. Ce type de stockage, une première en Europe, permettra à 18 partenaires européens issus de 9 pays, avec à leur tête le Centre allemand de recherche en géosciences (GFZ), d’étudier comment le CO2 peut être introduit et stocké dans des couches géologiques poreuses remplies d’eau salée (aquifère salin). Ce type de structure géologique, très répandu mais aux propriétés géophysiques mal connues, représente théoriquement un des plus gros potentiels de stockage du CO2 à travers le monde.

Site de stockage géologique de CO2 en aquifère salin

Un forage d’injection et deux forages d’observation ont été réalisés jusqu’à 800 mètres de profondeur, équipés de matériel de mesure très moderne et testés avec succès depuis la fin des travaux de forage en septembre 2007.

Les formations géologiques choisies se prêtent particulièrement bien au projet. A 400 mètres de profondeur, au-dessus d’un ancien réservoir de gaz naturel, se trouve une couche imperméable. Le site de stockage du CO2, localisé à une profondeur presque deux fois plus élevée, est ainsi recouvert de plusieurs couches imperméables, qui constituent un système multibarrières garantissant l’étanchéité du système.

Site de stockage géologique de CO2 en aquifère salin

Cette installation pilote fournit aux chercheurs un laboratoire, unique au monde, dans lequel le comportement du CO2 dans le sous-sol peut être étudié en conditions réelles. Au cours des deux années de projet, le site sera sous surveillance constante. Les interactions avec la géosphère et la biosphère notamment seront attentivement suivies. Des sondes de mesure seront introduites dans les forages afin de quantifier, par des techniques d’exploration sismologique, les propriétés des roches aux différentes profondeurs. Des procédés géoélectriques et thermiques seront utilisés et les réactions du CO2 avec les minéraux avoisinants seront étudiés in situ. Le comportement du CO2 et sa propagation dans le sous-sol ont été prédits via des simulations par ordinateur. Les observations menées à Ketzin vont également permettre d’améliorer ces modèles numériques.

Comme l’a souligné le Prof. Hüttl, Directeur du GFZ, le stockage du CO2 représente une option pour gagner du temps dans le développement et la mise en place de technologies énergétiques émettant peu de ce gaz à effet de serre. En complément des réductions d’émissions permises par les technologies de capture et de stockage du dioxyde de carbone (technologies CCS), il reste nécessaire, selon lui, de poursuivre le développement de sources d’énergies renouvelables et de stratégies d’adaptation.

Le projet CO2SINK, d’un coût total de 35 millions d’euros, est soutenu notamment par la Commission européenne dans le cadre du 6ème PCRD, par le Ministère fédéral allemand de l’enseignement et de la recherche (BMBF) dans le cadre du programme de géotechnologies et par le Ministère fédéral allemand de l’économie (BMWi) au travers du programme COORETEC.

BE Allemagne numéro 392 (2/07/2008) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/55225.htm

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