Stratégie suisse pour la gestion de la biomasse

La Suisse a adopté une stratégie pour la production, la transformation et une optimisation de la biomasse. Huit objectifs serviront de base à l’aménagement des diverses politiques à l’échelon fédéral.

Le potentiel suisse de production de biomasse est considérable, affirme le gouvernement. Mais en raison de la forte densité d’occupation du territoire, de la part réduite de surfaces productives et de la topographie accidentée, il ne peut pas être augmenté à l’infini. La multiplicité des usages possibles de la biomasse, alliée au potentiel de production limité, comporte donc un risque de conflits d’utilisation et de surexploitation des ressources naturelles.

La montée des prix sur les marchés des produits agricoles, des matières premières et de l’énergie accroît l’intérêt tant pour l’utilisation énergétique de la biomasse que pour la culture de produits destinés à l’alimentation. Par ailleurs, les efforts déployés en vue d’une utilisation accrue des ressources renouvelables pour la production de matériaux de construction et d’énergie posent de nouveaux défis à la recherche et aux décideurs politiques.

La stratégie relative à la biomasse a été élaborée et adoptée par les principaux offices fédéraux concernés. Elle est le fruit d’une réflexion globale prenant en compte toutes les facettes de la problématique, expose le gouvernement. Cette stratégie comporte des principes essentiels devant servir de fondement à une production, une transformation et une utilisation durables et optimisées de matériaux de construction et d’énergie tirés de la biomasse.

L’un des huit objectifs est que les surfaces affectées à la culture de biomasse, notamment les terres au sens du plan sectoriel des surfaces d’assolement, soient maintenues en l’état au plan qualitatif comme au plan quantitatif. Le but ainsi poursuivi est en premier lieu de préserver le potentiel de production. En second lieu, il s’agit d’éviter les effets d’éviction, entre autres au détriment de la biodiversité.

La stratégie suisse concernant la biomasse représente un pas décisif vers une gestion responsable de la biomasse. Elle sert de point de départ à un débat élargi et donne des impulsions au développement de solutions pragmatiques. Les offices fédéraux et les cantons peuvent s’en inspirer pour l’aménagement des diverses politiques sectorielles (énergie, agriculture, développement territorial, environnement, etc.).

Les 8 objectifs stratégiques :

La biomasse produite dans le pays contribue largement à la sécurité de l’approvisionnement

La biomasse produite en Suisse doit contribuer le plus possible à la garantie de l’approvisionnement du pays en produits alimentaires et en produits fourragers, en matériaux de construction et en énergie.

La surface nécessaire à la culture de la biomasse, notamment à la production de produits alimentaires est préservée. Il faut éviter les effets d’éviction.

Les surfaces nécessaires à la production de biomasse, notamment les surfaces selon le plan sectoriel des surfaces d’assolement, doivent être maintenues au niveau actuel tant au plan
qualitatif qu’au plan quantitatif. L’évolution des surfaces destinées à d’autres utilisations doit être aménagée en conséquence. Une utilisation équilibrée du sol doit permettre de s’assurer que
l’évolution ne se fait pas au détriment de la production de denrées alimentaires ni des surfaces importantes au plan écologique.

La biomasse est produite, transformée et utilisée moyennant un recours optimal aux ressources.

La biomasse est produite, transformée et utilisée de manière économique et dans le respect de l’environnement, autrement dit moyennant un recours optimal aux ressources. Les pertes
sont réduites au minimum et les technologies les plus efficientes sont utilisées.

La biomasse génère beaucoup de valeur ajoutée grâce à l’utilisation en cascade.

Au cours de la production et de la transformation de la biomasse, tous les produits et sous-produits doivent être utilisés de manière durable et selon le principe de la cascade II convient ce faisant de tenir compte des effets sur l’économie et d’utiliser les synergies lors de la production et de l’utilisation de la biomasse, mais aussi les synergies entre les différents types d’utilisation des ressources du pays.

La biomasse est utilisée selon le principe du cycle fermé.

La biomasse doit être entièrement utilisée et – dans la mesure où la teneur en polluants le permet- restituée au cycle naturel des substances.

Les ressources naturelles vitales doivent être préservées.

La préservation à long terme des ressources naturelles que sont le sol, l’eau et l’air ainsi que la biodiversité sont garanties grâce à une exploitation selon les principes de la durabilità. Les répercussions nuisibles ou gênantes sont à éviter ou à réduire.

La responsabilité sociale est prise en compte

La production, la transformation et l’utilisation de biomasse doivent satisfaire à des exigences sociales minimales. II en va de même pour la biomasse importée. La Suisse s’engage pour le
droit à l’alimentation.

En cas de développement de la législation, la cohérence avec la stratégie relative à la biomasse est assurée

Le droit en vigueur est à développer compte tenu des conditions techniques, écologiques, économiques et sociales, des politiques internationales et des instruments du droit international
ainsi que des nouvelles connaissances scientifiques et des nouvelles technologies II convient d’éliminer toute contradiction, le cas échéant, entre les prescriptions légales et les objectifs de la
présente stratégie.

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Menegaux
Invité
Menegaux

A force d’avoir tant d’exigences,les Suisses vont finir par dégouter les investisseurs de la biomasse .

Denlaf
Invité
Denlaf

Je ne peux qu’endosser ces 8 objectifs spécifiques pour la gestion de la biomasse. En ce qui me concerne, j’ajoute qu’il faut toujours se souvenir qu’on ne doit jamais privilégier un produit provenant de la biomasse qui, autrement, est utilisé comme un aliment. C’est ce qu’on a fait aux U.S.A. en utilisant le maïs pour la production de l’éthanol. On prive ainsi de sa source alimentaire principale une population vulnérable (proportion élevée de la population mexicaine dont le maïs est un des principaux constituant de son alimentation). Exploitation de la biomasse pour produire de l’énergie, mais pas à n’importe quel… Lire plus »

enerZ
Invité
enerZ

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