TATITATI TATATA TATITI TI, un code dans la ville de Rennes

Le 3 octobre dernier à Rennes, à la tombée de la nuit, a été officiellement inaugurée l’installation lumineuse et picturale de l’artiste contemporain Bruno Peinado, intitulée Tatitati tatata tatiti ti, un code dans la ville.

Commande privée initiée par OTI Promoteur, filiale du Groupe Legendre, dans le cadre de la réhabilitation du bâtiment culte des années 70, La Mabilais, symbole de l’architecture moderniste et référence du patrimoine rennais.

Réalisé par l’architecte visionnaire français Louis Arretche (1905-1991) entre 1970 et 1973, La Mabilais, bâtiment titanesque de 16.500 m2 d’inspiration futuriste, à l’imagerie de science-fiction, s’impose dans le paysage rennais tel un vaisseau spatial posé dans la ville. Installé sur le site d’anciens abattoirs, destiné à l’origine aux télécommunications (il accueille jusqu’en février 2008 le siège de la direction régionale et territoriale de France Télécom et ses 500 salariés), il offre une architecture typique des années 70.

La fonction du Centre des télécommunications exigeait la construction d’une antenne hertzienne de grande hauteur à laquelle l’architecte ajouta une plateforme de contrôle à 60 m de haut, qui prit alors la forme d’une soucoupe volante. Son plan, ses détails, ses façades sont autant de réflexions sur une pensée urbaine que sur la qualité de ses espaces de travail.

TATITATI TATATA TATITI TI, un code dans la ville de Rennes

New Way Mabilais – Rennes
Vue de l’installation de Bruno Peinado (détails)
Photo : Philippe Piron

Le projet de réhabilitation du site a été pensé de manière à respecter l’architecture originelle de Louis Arretche et à lui redonner son éclat d’origine. L’agence d’architecture Unité s’est ainsi attachée à conserver les codes architecturaux initiaux malgré une restructuration complète du bâtiment : forme en tripode, fenêtres arrondies et maintien de la tour de la plateforme. L’ensemble de la structure en béton a été conservé. Le béton de la façade a été lavé à haute pression et hydrofugé afin de mettre en valeur sa couleur originelle. Celui des soubassements a été lasuré. Le pylône a été abaissé de 1,3 m, atteignant une hauteur de 83 m permettant d’éviter le balisage de jour et de nuit. Trois jardins imaginés par l’agence Phytolab, spécialisée en paysage et environnement,viennent par ailleurs habiller les pourtours du bâtiment.

TATITATI TATATA TATITI TI, un code dans la ville de Rennes

New Way Mabilais -Rennes
Vue de l’installation de Bruno Peinado (détails)
Photo : Philippe Piron

L’intervention de Bruno Peinado, s’intègre dans cette dynamique de réhabilitation respectueuse du lieu et de sa figure emblématique. L’artiste a ainsi décidé « d’accompagner ce site plutôt que de le contredire, de s’inscrire dans sa plasticité extraordinaire plutôt que d’imposer une forme ». À travers son installation, il propose une version réinterprétée du phare. Par des jeux de lumières et de peintures, l’antenne, la soucoupe et le bâtiment de Louis Arretche sont animés d’une respiration et semblent vouloir communiquer avec la ville et ses habitants.

Dès la tombée de la nuit, plusieurs projecteurs s’activent et viennent éclairer, de manière variable, la partie haute de l’antenne ainsi que le ventre de la soucoupe. Cette respiration lumineuse, rappelant celle d’un ordinateur Mac, est basée sur le rythme de la respiration humaine.

Une communication mystérieuse s’établit alors avec la population. Le toit de l’antenne envoie en effet des éclats blancs de lumière. Utilisant le SCOTT, le code morse lumineux en service dans la marine depuis le 19e siècle, la tour, qui fait par ailleurs référence à l’imaginaire de Stanley Kubrick dans son film « 2001 L’Odyssée de l’espace »,transmet de manière aléatoire des messages codés aux habitants, telles des bouteilles jetées à la mer. L’artiste a toujours été passionné par les codes secrets : Champollion éclairant le mystère des hiéroglyphes dans le noir de la pierre de Rosette, ou le professeur Lidenbrock chez Jules Verne faisant découvrir l’entrée du centre de la terre grâce à un message lu à l’envers.

Le titre même de l’œuvre : Tatitati tatata tatiti ti, un code dans la ville, fait référence au code morse, les séquences de « ti » et de « ta » signifiant en effet, en morse, le mot code. La tour envoie donc dans le ciel rennais, dès la nuit, des messages subliminaux et bienveillants dont l’artiste garde le secret. Le bâtiment se retrouve entièrement plongé dans l’imaginaire de science-fiction.

Ce phare urbain, œuvre pérenne, nous donne ainsi des pistes de narrations autant liées au génie de ce lieu dédié aux télécommunications qu’à l’aventure de l’informatique, des sciences et des fictions. Le code morse lumineux nous invite à repenser que l’art, même s’il peut paraître hermétique, est un message que l’on peut déchiffrer. Tous les codes ont toujours été cassés, mais certains gardent encore leur part de mystère. À travers son installation, Bruno Peinadose réapproprie les signes culturels issus de notre monde contemporain. En élaborant des processus, il interroge le rapport que nous entretenons avec ces signes et réinvente un environnement symbolique à partager

Volet énergétique

Objectif :

Atteindre le label BBC rénovation2009 soit une consommation en énergie primaire inférieure de 40% par rapport à un référent. Sur les 5 postes de consommation conventionnelle (Chauffage / Climatisation / Ventilation / ECS et Eclairage), la nouvelle consommation annuelle en énergie primaire est de 90 kWep/m2Shon/an au lieu des 350 kWep/m2Shon/an, ancienne consommation soit une consommation divisée par 4.

Contraintes du site :

-Garder l’image extérieur soit une intégration complète des équipements
-Une structure interne forte et marquée avec par exemple : poutres espacées tous les 1.25 m avec une retombée de 40cm soit imaginer un système de climatisation / chauffage s’inscrivant dans ces inter-espaces pour garder une hauteur de bureaux la plus haute possible
-La ventilation existante était réalisée uniquement en extraction (VMC). L’objectif était de généraliser un soufflage double flux sur l’ensemble des niveaux
-Menuiseries existantes fuyantes à remplacer par des menuiseries performantes thermiquement (facteur de déperditions Uw faible = 1.40 W/m2/K) et (facteur solaire maitrisé pour diminuer le recours à la climatisation Sw=0.32 en hiver) et renforcer l’étanchéité
-Isolation par l’intérieure d’origine : garder mais renforcer et surtout un traitement maximal de tous les ponts thermiques (surtout pour la reprise des niveaux 6 et 7)

Les moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif :

– Système à récupération d’énergie toute l’année : 2 PAC de puissance unitaire de 400 kW
– Récupération d’énergie inter-bureaux conservée
– Récupération d’énergie sur la totalité d’une aile obligatoire
– Récupération d’énergie sur la totalité du site – optionnelle
– Diffusion d’air – vitesse inférieure à 0.15m/s dans la zone de travail
– Système flexible -Implantation d’une unité terminale, toutes les 2 trames, dimensionnée pour 3 trames
– Mise en place d’une GTC assurant les mêmes fonctions que précédemment
– Comptage d’énergie par plateau et par aile, chaud et froid dissociés
– Comptage d’énergie pour les parties communes, chaud et froid dissociés

Quelques chiffres :

► Surface de l’opération : presque 16000 m2

► Equipements :

– 2 pompes à chaleur de Puissance chaud: 350 kW et en froid 450 kW chacune
Environ 800 ventilo convecteurs gainables installés dans le plénum des faux plafonds des bureaux
– 6 centrales de traitement d’air double flux pour un volume soufflé et extrais de 36000 m3/h
– Une gestion du confort de l’accueil
– Mise en place d’une gestion technique centralisée pour une exploitation optimale dans le temps et pour le confort des occupants
-maîtrise des coûts d’exploitation

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