Trois questions à Jean Delsey sur le véhicule du futur

Jean Delsey est Directeur de recherche émérite et conseiller scientifique à l’institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) répond à trois questions sur le véhicule du futur.

Le saviez-vous ? Les moteurs diesel pour automobiles consomment aujourd’hui 40 % de moins de carburant qu’il y a 20 ans. C’est le résultat d’une révolution de la technologie des véhicules.

La voiture du XXIe siècle est désormais placée sous le signe de l’efficacité énergétique. Jean Delsey  également président du groupe opérationnel Predit sur l’énergie et l’environnement, nous parle de cette évolution.

Qu’est-ce que l’efficacité énergétique dans les transports ?

C’est le fait de transporter les personnes ou les marchandises sur 1 km avec le moins d’énergie possible. Les enjeux sont à fois technologiques, par l’amélioration de la performance des véhicules, et organisationnels par une nouvelle façon de concevoir la mobilité. Concrètement, les industriels travaillent sur la performance du moteur, la combustion, le catalyseur, les filtres, les batteries…et aujourd’hui l’allègement des véhicules. Tous ces éléments permettent de baisser la consommation de carburant ou d’énergie.

Pour les poids lourds, les efforts se portent sur la qualité des pneus, la résistance au roulement, l’aérodynamisme du véhicule…

Concernant l’organisation, il faut donner les moyens aux personnes de préférer le train à la voiture, par exemple, ce qui suppose une transformation des réseaux et une synergie entre tous les acteurs : opérateurs, décideurs, exploitants. Techniques et usages sont complémentaires. Or, en France, la surface urbanisée ne cesse d’augmenter et les gens vivent de plus en plus loin de leur travail. Si les transports collectifs peuvent aisément se développer dans les agglomérations, cela devient beaucoup plus difficile dans les zones rurales ou même périurbaines.

Par ailleurs, changer les habitudes reste difficile à faire accepter. Les gens doivent donc y trouver un intérêt : en temps, en argent, en commodité…

Quels sont les progrès réalisés ?

Par rapport à 1990, les moteurs diesel des automobiles consomment 40 % de moins et rejettent moins de polluants toxiques : particules, oxydes d’azote…

Les poids lourds, pourtant économes bien avant les voitures, progressent aussi : un véhicule de 40 tonnes consomme 30 litres/100 km alors qu’il en consommait 34 ou 35 litres il y a 20 ans.

Les véhicules offrent aussi une meilleure sécurité et un meilleur confort. Par exemple, une température bien régulée dans une voiture joue sur le comportement du conducteur, réduit son stress. Il aura tendance à conduire mieux et moins vite. Par ailleurs, les transports collectifs se développent et il faudrait accélérer le développement du fret ferroviaire pour réduire l’usage des poids lourds pour les transports de marchandises.

Comment sera la voiture du futur ?

En 2025, on peut penser que le marché automobile français serait composé à 40 % de moteurs thermiques, peu consommateurs en énergie, 40 % de véhicules hybrides et peut-être 20 % de véhicules électriques. Il est toujours difficile de faire des prévisions, surtout quand le sujet touche l’ensemble des pays. Tout monde n’a pas les mêmes préoccupations.

La Russie, par exemple, premier producteur de pétrole au monde en 2010, ne se pose guère la question de la ressource. Et même si on a tous conscience de l’importance de lutter contre le réchauffement climatique, chaque pays réagit encore en fonction de ses besoins et de ses logiques internes.

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6 Commentaires sur "Trois questions à Jean Delsey sur le véhicule du futur"

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ecoenergie
Invité
Oui il est difficile de faire des previsions mais les lois de la physique peuvent donner des orientations. Le rendement des moteurs thermique étant limité par le principe de Carnot, proche de l’asymptote on ne fera plus que des ameliorations dans ce domaine.Il est interessant de remarquer que le grand progres de certaines solutions hybrides consiste non pas a ameliorer le rendement du moteur thermique, mais grace au systeme de transmission (convertisseurs de puissance electronique) de le faire fonctionner au point de rendement optimal. Quen sera – t – duvehicule “tout electrique ? La partie moteur electronique de puissance est… Lire plus »
Pastilleverte
Invité
plutôt d’accord avec écoenergie. Sans être technicien, il me semble que l’optimisation des solutions “hybrides”, et j’y inclue les “électriques avec prolongateurs”, est une des voies d’avenir les plus prometteuses. je n’oublie pas, en plus de l’efficacité énergétique, la sobriété, c’est à dire moins (mieux) utiliser les moyens de transport motorisés individuels, y compris “électriques” au profit des modes alternatifs “doux”, marchen vélos, transports en commun, avec toutes les limitations connues, éloignement, étalement urbain, etc. En revanche, côté prévisions je parie sur une place encore importante de la mobilité individuelle à l’horizon 2025 (si j’avais une petite chance statistique d’être… Lire plus »
Tassin
Invité

“Les véhicules offrent aussi une meilleure sécurité et un meilleur confort. Par exemple, une température bien régulée dans une voiture joue sur le comportement du conducteur, réduit son stress. Il aura tendance à conduire mieux et moins vite.” Pourtant sans clim on ouvre les fenêtre et donc on roule moins vite à cause du bruit.

an391
Invité

Actuellement il est surtout lamentable qu’il n’y ait pas sur le marché plus de petites voitures très efficaces et beaucoup plus légères (ne pas oublier qu’à côté des progrés sur la conso des moteurs, les voitures n’ont cessées de prendre du poids depuis les années 60 ou 70). Voir par exemple : Et que l’on n’augmente pas la TIPP rapidement et de manière conséquente. Sinon le plus probables pour 2025 est qu’il n’y aura plus de voiture à part quelques carosses plus ou moins blindés. Car aujourd’hui on en est là :

gp
Invité
heureusemen que ce M. Delsey est bardé de titres en tout genre pour nous raconter des banalités pareils! Il faudrait parfois songer à laisser la parole à certains experts indépendants qui ont aussi des choses intéressantes à faire valoir… En 2025, le parc automobile ne sera certes pas fondamentalement différent de ce que l’on connait auj. en Europe (hélàs) étant donné les projets sur lesquels les ingé continuent de travailler. En revanche, les usages et la considération des géné futures pour l’automobile va fortement évoluer. Il faut l’espérer très fort. La bagnole est un truc de vieux. Interroger des cheveux… Lire plus »
Gilles
Invité
Les véhicule électriques coûtent environ 30.000 euros et sont confortables pour 5 places et le coffre. L’autonomie varie de 100 à 150 kms. Il existe une technologie qui consiste à échanger les batteries en station service par des batteries chargées dans ces stations. En France, les stations services d’autoroutes, les stations services extérieures, les garages, les stations des supermarchés sont en nombre suffisants pour assurer actuellement 50 % des échanges à condition que cette technologie (distribuée par Renault-Nissan) ne tarde pas à se mettre en place et qu’on ne perde pas de temps à chercher l’impossible. Les autres constructeurs peuvent… Lire plus »
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