Un chauffage qui apprend à connaître votre maison

Un régulateur thermique «intelligent» basé sur un réseau neuronal lancé par la start-up Neurobat pourrait permettre d’économiser jusqu’à 50% de combustible grâce à la prise en compte de la météo et du comportement thermique des bâtiments.

L’hiver n’a pas encore dit son dernier mot et, sous nos latitudes, un chauffage central efficace et fonctionnel paraît indispensable. La plupart des installations actuelles ne réagissent toutefois qu’à un seul et unique paramètre – la température extérieure – pour réguler leur puissance.

Or chaque bâtiment a sa manière propre de réagir aux changements de température. Conviez une assemblée de 20 personnes, il y fera bientôt étouffant. Laissez un rasant soleil d’hiver pénétrer jusqu’au fond du salon par de larges baies vitrées, la température y montera en flèche… sans que les radiateurs ne daignent faire baisser leur vigueur.

«Si l’on parvient à mieux prendre en compte les propriétés de chaque bâtiment en fonction des habitudes de ses utilisateurs et de son exposition au soleil, il est possible d’économiser de grandes quantités d’énergie», a affirmé David Lindelöf, directeur technique de Neurobat SA.

Cette société trouve son origine dans les travaux du Laboratoire d’énergie solaire et de physique du bâtiment (LESO-PB) de l’EPFL, où David Lindelöf et son associé Antoine Guillemin, directeur scientifique, ont obtenu leur doctorat. Créée dans le cadre d’un partenariat entre l’EPFL et le CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique, à Neuchâtel), Neurobat s’apprête à lancer sur le marché un module de contrôle qui, précisément, se nourrit de plusieurs sources bien distinctes pour régler finement la puissance de l’installation de chauffage central. «En plus de la température extérieure, notre appareil prend en compte l’ensoleillement, grâce à un capteur solaire, et la réaction du logement lui-même, au moyen d’un thermomètre placé dans une pièce témoin», a précisé David Lindelöf. En outre, un capteur de présence permet de faire baisser automatiquement le chauffage lorsqu’il n’y a personne à la maison.

Un chauffage qui apprend à connaître votre maison

[ Les bâtiments vitrés, à l’instar de cette villa moderne, réagissent très violemment au soleil. Celle-ci, à St-Niklausen, a été équipée d’un capteur «intelligent», qui apprend à adapter le chauffage en conséquence.]

Toutes ces données sont intégrées dans un régulateur susceptible de s’adapter à la plupart des installations existantes. Mais les ingénieurs en charge du développement de Neurobat ont voulu lui ajouter une couche d’«intelligence», basée sur un circuit de neurones artificiels. «Le système enregistre ces divers paramètres et les met en relation, reprend le responsable technique. Plus il «apprend», plus ses réglages deviennent précis. Au bout du compte, il devient capable d’établir des modèles météorologiques prédictifs propres à une seule maison, donc bien plus précis – et moins coûteux ! – que ce que pourraient fournir des services météorologiques.»

Le régulateur de Neurobat a déjà été installé sur plusieurs bâtiments tests – parmi lesquels l’un de ceux du CSEM, à Neuchâtel, ainsi qu’une villa privée.
Divers tests ont pu démontrer des économies de combustible allant selon les cas jusqu’à 65%, suggérant que des économies de l’ordre de 50% pour un bâtiment moyen sont envisageables. La pertinence de l’approche a valu à la société de recevoir cette année le Prix Suisse Environnement, décerné récemment lors de la foire Swissbau, à Bâle. Un atout supplémentaire pour accompagner son entrée sur le marché, dans les semaines à venir.

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7 Commentaires sur "Un chauffage qui apprend à connaître votre maison"

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gaga42
Invité

C’est clair qu’une gestion intelligente peut améliorer le rendement du chauffage, mais sans miracle, notamment pour l’habitat ancien, hélas majoritaire. Ainsi, il me semble que Météo-France emet par radio des prévisions qui pourraient être utilisées, notamment pour gérer le solaire thermique, quelqu’un a des infos sur de telles réalisations? Par contre, les réseaux de neurones ne sont qu’un algorithme parmi d’autres utilisés en automatique, et le logo “neural Network inside” est un bon coup de com.

Cleantuesday
Invité

Peut etre un intervenant au Cleantuesday Paris Smart Grid du mois de mai

aurel
Invité

Si on concoit une maison intélligement, on ne devrait pas avoir besoin d’une gestion de chauffage intelligente.On sait faire des maisons passives, donc une gestion intéligente du chauffage…. Des immenses baies vitrées sans débord de toit comme sur la photo de l’article vont à mon avis apporter pas mal de chaleur en été.

enr100pc
Invité

Si le système “apprend” au fur et à mesure les caractéristiques de la maison, cela fonctionnera dans de l’ancien. C’est même là que c’est le plus utile en réalité. Une idée du prix de ce système ?

Man
Invité

En fait le neural networks serait plus efficace si utilisé dès la conception de la maison. Et il ne consomme qu’un peu d’eau et 3 repas par jours. Blague mise à part, qu’il soit logiciel ou matériel, çà reste un neural network, c’est à dire un algorythme qui apprend et dont on ne sait pas prédire l’évolution de sont réglage par des règles mathématiques.

Tonys
Invité

“Jusqu’à 50%” ça veut tout dire. Une expérience est effectuée sur une maison mal conçue (baies vitrées partout, faible inertie thermique, fortes variations de températures) et on en fait une norme. Ce genre d’annonces à un autre effet: c’est celui de prendre les gens dont c’est le métier (thermiciens) pour des incompétents et des abrutis.

Eduardo
Invité

A mon avis, ce qui en ressort c’est surtout de montrer qu’il est sûrement moins cher d’avoir un tel système électronique qui apprend et corrige en permanence la gestion du chauffage, plutôt que d’avoir un thermicien venant tous les jours chez soi faire cela…

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