Un labo au Cameroun pour mettre à jour les réseaux électriques

La Suisse et le Cameroun ouvrent un laboratoire commun à Yaoundé. L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et L’Ecole nationale supérieure polytechnique de Yaoundé (ENSPY) comptent développer ensemble des technologies à même de stabiliser et améliorer les réseaux électriques.

En Afrique sub-saharienne, le réseau électrique montre souvent ses limites. Un problème crucial dans les hôpitaux: le matériel médical est extrêmement vulnérable face aux soudaines variations de tension. La multiplication des sources d’énergie – panneaux photovoltaïques, génératrices – rend d’autant plus complexe la question de l’acheminement du courant. L’ENSPY et l’EPFL prennent le problème à bras le corps. Le 8 octobre, les deux écoles polytechniques ouvrent un laboratoire commun, dans le but de développer des solutions. A terme une dizaine d’employés, camerounais pour la plupart, devraient y travailler avec des partenaires académiques et industriels. Ce projet s’inscrit dans le programme RESCIF, qui réunit universités du nord et du sud.

«Nous aborderons le problème des réseaux électriques là où les enjeux sont réellement vitaux, c’est-à-dire dans les hôpitaux, explique Bertrand Klaiber, chef de projet à l’EPFL pour le programme EssentialTech du Centre de Coopération et Développement. Mais en réalité, ces développements devraient s’avérer également intéressants pour d’autres secteurs et même pour les pays industrialisés. Avec l’augmentation de l’exploitation des énergies renouvelables, nous connaissons nous aussi une décentralisation de la production d’électricité en de multiples petites unités. Que ce soit pour le Cameroun ou pour la Suisse, les réseaux de distributions intelligents devront s’imposer si nous voulons assurer l’avenir

Les deux écoles polytechniques comptent intensifier leurs échanges d’étudiants, de doctorants et de professeurs. Cet été, c’est un étudiant camerounais qui est venu à Lausanne afin de mettre au point des simulations de réseaux électriques. Il s’agit également de favoriser la collaboration avec des entreprises camerounaises et de stimuler la création de start-ups à Yaoundé – les chercheurs peuvent compter sur un partenariat avec la Faculté des HEC de l’Université de Lausanne.

Le laboratoire commun ENSPY/EPFL compte près de 180 mètres carrés de surface. Il a comme première mission le développement de micro-réseaux électriques, qui puissent être déployés dans les hôpitaux camerounais. Les ingénieurs de Yaoundé, en collaboration avec leurs confrères lausannois, comptent également mener une campagne de mesure afin de mieux comprendre et évaluer les problèmes du réseau électrique local. Dans le même ordre d’idée, EssentialTech poursuit avec ses partenaires suisses et africains un projet visant à mettre au point un appareil de radiologie tout-terrain, à même de résister aux conditions les plus extrêmes, que ce soit d’ordre climatique ou électrique.

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