Un modèle de thermostat, même par très grand froid

Les abeilles regroupées en grappe sont capables de réguler leur propre température, ce qui leur permet de survivre, globalement, dans de bonnes conditions, que la température dépasse les 35 degrés ou soit inférieure à moins 20 degrés.

La population des abeilles fabriquant du miel s’étend sur une zone immense, allant de l’équateur au Cercle polaire. Comment parviennent-elles à vivre dans des conditions climatiques aussi disparates ? L’abeille, en effet est incapable de réguler sa propre température, comme peuvent le faire les animaux à sang chaud. Une équipe de chercheurs de l’Université agraire d’Etat russe et de l’Université d’Etat tchouvache ont procédé à des expériences qui ont montré qu’avec l’arrivée des grands froids, les abeilles se réunissent en de très grosses masses.

Au cours de ces observations, les chercheurs ont analysé les températures et le rendement thermique des grappes d’abeilles. Il s’est avéré que plus les individus sont nombreux à composer un amas, plus cet amas est dense, et plus la thermorégulation est efficace. Si bien que la "boule" formée par les abeilles ressemble à un animal à sang chaud. Une famille d’abeilles composée de 550 individus "vit confortablement" si la température extérieure oscille entre 8,7 et 10,4 degrés. Une masse d’abeilles de 40.000 individus peut parfaitement résister, quant à elle, à un froid de moins 21,8 degrés !

Un amas dense, ressemblant à une sphère, permet à une famille d’abeilles de diminuer la surface spécifique qu’elle occupe et ses pertes thermiques. Lorsque des changements considérables de la température extérieure interviennent, les amas d’abeilles modifient leur géométrie et leur localisation dans la ruche (dans les espaces entre les rayons de miel).

Un amas d’abeilles qui hibernent ne possède pas d’organisme ou de mécanisme central unique qui contrôlerait ou régulerait la température globale à l’intérieur du nid, comme le fait l’hypothalamus chez les mammifères. Mais chaque abeille, à l’intérieur de l’amas, se comporte comme un individu indépendant et se trouve dans des conditions de température différentes, selon la position qu’elle occupe. A la périphérie de la "pelote" d’abeilles, la température est plus basse, alors qu’elle est plus élevée au milieu.

Les individus positionnés dans la partie chaude se trouvent dans les conditions les plus confortables. Ils ont une température de corps relativement constante et, apparemment, ne participent pas activement à la production de chaleur. En revanche, les abeilles situées à la périphérie de la "pelote" produisent de la chaleur grâce aux microvibrations de leurs ailes. Certains individus migrent à l’intérieur de l’amas pour aller faire provision de nourriture ou lorsqu’ils sont transis. Ils sont alors remplacés par d’autres. Grâce à ce déplacement de la périphérie vers l’intérieur, les écarts de température au sein de la masse d’abeilles ne sont jamais trop élevés.

BE Russie numéro 23 (25/08/2009) – Ambassade de France en Russie / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/60195.htm

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