Un pont de carton qui supporte 297 fois son propre poids !

La deuxième édition du « Cardboard bridge contest » a été organisée le 8 mars à l’EPFL, où les participants n’avaient à disposition que 100 grammes de carton et de la colle blanche pour réaliser un pont d’une portée d’un mètre.

Dans la salle, la tension est palpable. Lentement, faisant de leur mieux pour ne pas trembler, les participants ajoutent des poids, petit à petit, puis des clous, dans le seau accroché à leur œuvre éphémère : une maquette de pont. Son funeste destin, ce soir, est de rompre sous la charge. Au-dessus de l’arène, un écran géant permet aux spectateurs – et surtout aux autres concurrents! – de ne pas rater une miette du spectacle.

C’était la deuxième fois, lundi dernier, que le « Cardboard bridge contest » était organisé à l’EPFL, avec le soutien de la faculté Environnement naturel, architectural et construit (ENAC). «Nous avons l’intention d’en faire un rendez-vous annuel», souligne Alexandru Moraru, responsable de cette édition 2012. Auparavant, le concours avait été proposé par l’A3, association des alumni de l’Ecole, dans le cadre d’une manifestation.

La compétition est ouverte à tous, même si elle suscite surtout de l’intérêt auprès des étudiants de la faculté – architectes et ingénieurs civils en tête. Le principe en est simple: il s’agit de construire un pont, dont la portée mesure exactement un mètre, en n’utilisant que du carton blanc, gris ou brun, ainsi que de la colle blanche. Le poids final ne doit pas dépasser les 100 grammes.

Lors de la compétition, les équipes disposent leur construction sur un support, accrochent un seau, puis le chargent, progressivement, jusqu’au point de rupture. «Nous mesurons la résistance en divisant le poids supporté par le poids du pont lui-même, précise Alexandru Moraru. Une structure ultralégère a donc également de bonnes chances de succès.» Un classement basé sur l’esthétisme, réalisé par un jury, permet de compléter le podium.

Plus de 27 kilos sur la balance !

« Les touristes » ont remporté la mise cette année. Valério Santoni et Ken Jun Triponez, tous deux étudiants en architecture, ont amélioré un concept de pont qu’ils avaient déjà présenté lors de la précédente édition. Bien leur en a pris : leur ouvrage, 93 grammes sur la balance, est parvenu à supporter une charge de 27,670 kilos avant de céder – ce qui représente près de 300 fois son poids propre!

Au-delà de son aspect ludique, ce concours a de véritables vertus pédagogiques. Il permet, à moindre coût, d’expérimenter des structures et des formes audacieuses et d’ouvrir l’esprit en direction d’approches nouvelles dans la construction. Cela ne manque pas d’intérêt pour le monde réel: aujourd’hui, la charge la plus lourde que doit supporter un pont routier en béton n’est pas celui des véhicules qui le franchissent, mais bien son propre poids !

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