Une canalisation plastique détectable et communicante

La société RYB, leader français des systèmes et réseaux polyéthylène, a en collaboration avec le CEA-Leti (Laboratoire d’Electronique de Technologie de l’Information), basé à Grenoble, mis au point la première canalisation plastique détectable et communicante au monde.

Par nature, les canalisations plastiques sont inertes et difficilement détectables une fois enfouies. Seuls les relevés topographiques permettent de les situer. Comme l’environnement urbain évolue, il est de plus en plus difficile d’avoir une vision précise et exhaustive du sous-sol. Ainsi, chaque année, plusieurs milliers de canalisations sont arrachées accidentellement, avec des conséquences pouvant être importantes.

Permettant la détection des réseaux de gaz, d’eau, d’électricité et de télécommunication, cette innovation marque ainsi "une rupture technologique majeure" permettant de réduire considérablement les risques d’accidents et les coûts économiques liés à l’arrachement des canalisations, mais permet aussi une traçabilité avancée des ouvrages enterrés.

«Une technologie RFID (radio-identification) intégrée à la canalisation permettra de la détecter précisément, de donner sa position, de stocker des informations» «On pourra ainsi l’interroger : savoir si elle transporte de l’eau, du gaz, connaître sa date de fabrication» a indiqué Dominique Vicard, chef de laboratoire au CEA.

Intégrant, en son cœur, un nouveau type de technologie RFID mise au point par les équipes du CEA-Leti, cette canalisation offre plusieurs caractéristiques :

  • Une détection jusqu’à 1,50 m de profondeur d’enfouissement, avec une précision horizontale de l’ordre de quelques centimètres,
  • Une insensibilité, des opérations de détection, de localisation et de lecture des informations stockées à l’intérieur de la puce, à l’environnement de la canalisation : enterrée dans tous types de sols (goudron, sable, terre, cailloux, secs, humides, etc…) et même immergée dans l’eau (en nappe phréatique par exemple),
  • Un temps de réponse d’un dixième de seconde,
  • Une capacité de stockage d’informations : type de canalisation détectée (application), date de fabrication, date de pose, numéro de série, diamètre, pression nominale, etc…
  • Un dispositif intégré dans la canalisation autonome qui ne requiert aucune alimentation électrique,
  • Un système de lecture simple pourvu d’une antenne adaptée et compatible avec les produits du marché,
  • Un signal mesuré en surface caractérisant précisément la canalisation détectée, et évitant ainsi la confusion en cas de proximité de plusieurs réseaux.

Concrètement, des tags RFID spéciaux sont intégrés à la canalisation, à intervalles réguliers, selon un procédé breveté. Elles sont ensuite codées pour embarquer les informations propres à chaque canalisation.

Cette intégration sur les lignes de production de RYB nécessite des investissements matériels que la société n’a pas hésité à réaliser, malgré la crise, afin de développer les premiers prototypes industriels fonctionnels.

Une fois le prototype mis au point, ses potentialités ont été testées en conditions réelles sur une tranchée équipée de capteurs sur le site même du CEA-Leti, puis des essais ont été réalisés sur des chantiers tests dans la région Rhône-Alpes, avec succès, dans de multiples conditions in situ.

Des essais ont également été conduits sur la plateforme expérimentale de la recherche du groupe GDF Suez, opérateur majeur dans la distribution de gaz et d’eau, qui a apporté son expertise en termes de maîtrise des enjeux métiers, permettant l’adéquation entre les besoins opérationnels et la réponse technique apportée par le partenariat RYB / CEA-Leti.

Après le prototypage et les essais sur des diamètres de 63 mm à 125 mm, la société RYB passe à présent à une phase d’industrialisation dans un souci d’élargir sa gamme du DN20 au DN1000.

La prochaine étape vise à travailler avec les gestionnaires et opérateurs réseaux afin d’intégrer cette technologie au sein de leurs systèmes d’information et selon leurs propres cahiers des charges. Le déploiement d’infrastructures réseaux, à l’échelle de test, permettra également de fournir un retour d’expérience intéressant pour la suite du projet ELIOT ®.

La commercialisation de cette technologie devrait intervenir fin 2011.

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4 Commentaires sur "Une canalisation plastique détectable et communicante"

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moise44
Invité

C’est en effet très intéressant dans le cadre du DVPment des reseaux intelligents mais comment çà marche ? Communicantye comment ? pour qui ? sur quelles informations ? Cet article manque de fond et de chiffre !

Cognac
Invité

Bonjour! Je suis bête: je pensais que les tuyaux en PVC transportant notemment du gaz, avaient de tout temps un fil pilote pour le repérage. En fait il y a juste une nape en plastique coloré enfouie à la verticale. Si la pelleteuse creuse vite elle arrache le signalement en même temps que le tuyau. Bonjour les soucis à venir avec les dizaines de milliers de km de canalisations gaz enfouies dans les villes et dans les campagnes.

Geolog
Invité

On peut également les détecter avec un radar géologique (GPR en anglais),mais c’est moins précis que ce qu’annonce le LETI, et parfois on en “manque”.

Fermi
Invité

où est puisée l’énergie nécessaire? si énergie stokée: autonomie? Si l’énergie est transférée au moment de la mesure quel est ce moyen utilisé, peut-il être appliqué pour de grandes profondeurs?

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