Une centrale de biométhanisation unique à Moissac

Une centrale révolutionnaire située dans la commune méridionale de Moissac (Midi-Pyrénées) est capable de transformer des matières organiques biodégradables en biométhane et de convertir ce gaz en énergie électrique et thermique.

Le spécialiste belge de l’énergie verte, GreenWatt, a dévoilé vendredi dernier la première unité française de biométhanisation décentralisée et fonctionnant uniquement avec du substrat de déchet de fruits et légumes. Ce fernier a conçu, livré et placé cette installation en collaboration avec Energie Bio Consult pour le compte du grossiste en fruits Boyer.

Le géant français de l’industrie agro-alimentaire produit environ 25.000 tonnes de fruits par an, dont 20.000 tonnes de melons de la marque Philibon. A la recherche d’une solution économiquement et écologiquement responsable permettant de valoriser ses surplus de déchets, Boyer a lancé il y a 11 ans des projets durables consistant à transformer ces détritus en compost et en aliments pour bétail. Ces méthodes qui ne suffisaient plus à traiter les énormes quantités de déchets, le maraîcher a donc choisi de se tourner vers le « Waste to Energy » de GreenWatt.

« Nous sommes particulièrement fiers d’être la première entreprise française à investir dans cette nouvelle forme d’énergie verte », déclare Claude Boyer, Fondateur de la SAS Boyer. « Le retour sur investissement de ce projet est d’ailleurs extraordinaire : alors que nous devions auparavant payer pour traiter nos 1.800 tonnes de déchets annuels, notre propre centrale de biométhanisation de 100 kW nous fournit désormais 1,7 MWh d’électricité – l’équivalent de la consommation annuelle de 150 familles, – 1,68 MWh de chaleur – l’équivalent de la consommation annuelle de 100 familles, – et 500 tonnes de compost. »

Boyer est ainsi en mesure de chauffer, éclairer et fournir de l’eau chaude aux habitations de ses travailleurs saisonniers alors que le restant de l’énergie est revendu à EDF. Par ailleurs, Boyer n’a désormais plus de frais de transport car l’installation de production combinée chaleur – électricité (PCCE) est installée sur le site de son usine.

« Nous sommes très heureux d’être à l’origine de ce projet pionnier sur le marché français », explique Philippe Mengal, CEO de GreenWatt. « Vu l’énorme potentiel de cette technologie en France – une des plus grandes économies agraires d’Europe, – nous venons de fonder "GreenWatt Ingenierie SAS" à Avignon, afin d’être encore plus proche et mieux servir le marché local. Il est en effet crucial que le secteur de l’agriculture et de l’alimentation prenne conscience de la valeur stratégique de ses déchets et du rôle bénéfique de la biométhanisation en matière de développement économique et durable ! »

La biométhanisation :

La biométhanisation est un procédé naturel de dégradation de matières organiques par des micro-organismes en l’absence d’oxygène, à l’abri de la lumière et dans des conditions bien spécifiques, que ce soit au niveau de la température ou du pH. Le biogaz ainsi produit est riche en méthane et peut donc, comme le gaz naturel, être brûlé pour produire de l’énergie dans un module de cogénération qui permet la production combinée d’électricité et de chaleur afin de maximiser le rendement global de l’installation.

La technologie développée par GreenWatt, dite en « deux étapes », se base sur le principe de séparation des différentes phases de la biométhanisation en deux cuves distinctes dans le but de pouvoir ajuster les paramètres de ces différentes réactions indépendamment l’une de l’autre. Cette innovation majeure permet d’accroître considérablement la robustesse, la fiabilité et la souplesse d’utilisation de l’unité de méthanisation.

Le cœur de la technologie GreenWatt se nomme FAD (Flushing Anaerobic Digestor). Il s’agit d’un design breveté de digesteur méthaniseur à haut rendement intégrant un dispositif de décolmatage et de renouvellement du biofilm.

Last but not least, le digesteur offre également une solution simple et efficace à l’épuration des eaux chargées en DCO (Demande Chimique en Oxygène) alors que les résidus végétaux résultant de la méthanisation sont eux, un engrais de qualité dont les propriétés varient suivant les végétaux digérés.

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11 Commentaires sur "Une centrale de biométhanisation unique à Moissac"

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Tib oots
Invité

Quelle révolution dans cette centrale? le principe a été développé par les Nazis pendant la guerre (39-45) et j’en ai mis une en service il y a 3 ans sur la commune d’Herzeele (59), ce n’est pas parce que notre gouvernement est ignare que le monde s’arrête d’avancer…

2013
Invité

Je ne comprend pas. Ils font quoi a la base dans l’usine ? Ce sont des melons destinés à la consommation ? Procédé révolutionnaire effectivement. On cache du gachis de nourriture pour en faire de l’énergie. Et si on diminuait cette production inutile ou si on l’envoyait la ou il y en a besoin ? Eh, non, pas de rentabilité. Stupide.

Ollivier
Invité

On aimerait savoir le coût d’une telle installation… La photo présentée laisse supposer une grosse installation (chère ?) tansdis que les quantités d’électricité et de chaleur produites sont extrèmement faibles… Cette solution apparaît plus comme un moyen de se débarrasser des déchets (mais peur-être que la solution serait d’en produire moins…) que de produire de l’énergie.

Pastilleverte
Invité

après la co-génération la tri génération, c’est super ! Et en plus, ils ont trouvé le moyen de “recycler” les invendus : on produit des melons, on arrive pas à les vendre eton les valorise en gaz/chaleur/électricité/engrais euh… un peu compliqué mais pourquoi pas ? (en espérant qu’ils vendent quand même la plus grande partie de leurs melons !)

Romuald
Invité
Pourquoi ces réactions dénuées de sens ??? N’êtes vous content que ce domaine avance en France ? Avant de lutter contre la surconsommation, chose qui ne changera pas de si tot, il est tout de même appréciable de voir ce genre de centrale naitre non ? Non ? Vous préféreriez que les déchets continus d’être gaspillés ? Sérieusement, il y a des gens qui ne sont jamais contents… Peut être que cela ouvrira la voie plus facilement à d’autre agriculteur !!! Enfin bon, belle initiative, que cela continu, dans un pays ou l’agriculture est si présente, le potentiel est énorme… Lire plus »
Klo
Invité

Bjr – C klr que le procede existe depuis oulala – Mais la mise en oeuvre tarde !! bientot ce sera au tour des algues vertes – remarques elle ne sont pas comestibles elles.. Les melons y sont dediés juste parce que les criteres de vente les placent en etat de dechets, cabossés, ecorchés etc. mais ils sont je pense tjr mangeable – Bref .. Mais bon tjr est il que ce devrait etre bien plus rependu mais je me dis que du “monde” doit freiner l’elan de son developpement !!

Gio
Invité

Remarque : les algues vertes sont inapproprié pour la méthanisation (c’est en préambule de l’appel d’offre méthanisation bretagne) C’est clairement pas une nouveauté mais c’est bien de communiquer dessus. par contre le retour sur investissement extraordinaire me laisse songeur. ça se saurait si c’était une mine d’or la métha.

jihemnet
Invité

Ca ne signifie pas de gagner de l’argent, mais de ne pas en perdre, d’amortir les couts, plutôt que de payer pour incinérer ou enfouir des déchets. Ils ne sont vraiment jamais contents, c’est juste parce que c’est plus écologique?

michel123
Invité
Oui nous savons tous que ce procédé n’est pas révolutionnaire , il n’est qu’une amélioration de la méthanisation classique . La fermentation évoluant en 2 phases légèrement différentes dont les conditions de ph et de températures ne sont pas les mêmes , il est possible (et rentable) pour les grosses installations de séparer ces deux phases en utilisant un deuxième digesteur . L’optimisation ainsi effectuée permet d’obtenir plus d’énergie et encore moins de déchets . Il est même possible(ce n’est pas le cas ici) de récupèrer et de concentrer les azotes organiques pour produire un équivalent d’engrais azoté , produire… Lire plus »
Papi12
Invité

N’y aurait-il pas une erreur sur les productions d’élec et thermique par rapport à la puissance de la centrale ??? 1.7 MWh pour du 100 kW ça n’est pas très efficace… Où peut-on trouver de la doc sur la société ?

Anonyme
Invité

je crois que c’est 1,7MWh/jour. Il n’y a pas vraiment de grosse amélioration de process et ça reste un petit projet (vs Géotexia, biogasyl, fertiNrj, TIPER…)

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