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Une expédition québécoise au pays des gaz de schiste

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Des citoyens et des élus municipaux québécois ont pris le chemin de la Pennsylvanie (USA) pour « constater sur place ce dont aurait l’air la vallée du Saint-Laurent dans 15 ans, si les gazières foraient les 20 000 puits prévus dans leur plan d’exploitation du gaz de schiste contenu dans le shale d’Utica » raconte Serge Fortier, porte-parole du Comité interrégional du gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent.

Le voyage avait aussi pour but de confirmer leurs craintes sur les dires et les non-dits et de les documenter par des témoignages vécus. Un programme d’activités de trois jours a été élaboré, comportant des conférences, des rencontres et des visites sur des sites d’exploitation de gaz de schiste. Ils ont visité divers sites de forage, une station de compression, des bassins de rétention d’eaux usées, des usines d’épuration des eaux de fracturation, des sites d’entreposage, des gazoducs en construction, etc.

Au retour de ce périple, la plupart des participants a été surpris de la gravité de la situation, particulièrement dans les régions rurales de la Pennsylvanie, qui ont de nombreuses similitudes avec la vallée du Saint-Laurent.

Ils ont constaté que les infrastructures des régions rurales ne sont pas adaptées à un tel changement de vocation, créant des embouteillages, un trafic routier accru, des bris de routes et de ponts et l’abandon de fermes. Les problèmes sociaux habituellement retrouvés dans les milieux urbains surgissent maintenant dans ces milieux ruraux qui ne sont pas préparés à y faire face.

Sur le plan de l’économie locale, leurs craintes quant à la diminution radicale de la valeur des propriétés lorsque l’industrie des gaz de schiste s’installe ont été confirmées. L’augmentation du coût de la vie est présente dans le quotidien, une réalité dont ils ont été témoins. "Cette situation peut certainement mener une partie de la population à un seuil critique de pauvreté" pensent t’ils.

Enfin, leurs pires craintes ont été confirmées concernant les dommages environnementaux sur l’approvisionnement en eau potable et sur la qualité de l’air. L’ex-maire de Dish au Texas leur a indiqué que « lorsqu’on sait, on ne peut plus ignorer ».


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    4 Commentaires sur "Une expédition québécoise au pays des gaz de schiste"

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    Samivel51
    Invité

    « lorsqu’on sait, on ne peut plus ignorer ». Ce sera la pensee du jour!

    moise44
    Invité

    Effectivement, une jolie lapalissade. j’espère que les cousins Québecois ne feront pas cette erreur. Leur grandes provinsce vide est encore assez bien conservée d’après ce que j’ai pu voir l’année dernière en faisant le tour des parcs naturel et passant 3 semaines a Montréal. Même si ils n’y vont pas de main morte avec les forêts boréales pour passer les lignes électrique et défrichent des autoroutes gigantesques pour çà. En même temps la province voisine, l’Ontario ne se gêne pas.Sans même parler de l’Alberta province voisine de l’Ontario qui exploite les schiste bitumineux pour exporter vers les USA.

    Nicias
    Invité

    « L’augmentation du coût de la vie est présente dans le quotidien » Ben oui, quand les gens sont plus riches, les prix augmentent (et les activitées les moins productives, comme l’agriculture, sont abandonnées). « Le voyage avait aussi pour but de confirmer leurs craintes » aka wishful thinking

    jl06
    Invité
    Trois jours pour aller constater de visu que le développement d’une industrie extractive de grande envergure provoque des boulversements socio-économiques majeurs en plus de l’impact environnmental… Le périple aura peut-être le mérite de soulever d’autres questions. Car au fait, d’où viennent donc les 80+ millions de barils que le monde absorbe goulument au quotidien? Quels impacts pour les pays producteurs? Il y a ceux qui ont su gérer, et il y a les autres. Mais dans tous les cas, l’industrie transforme les paysages physiques et humains avec du bon et du mauvais. Et ça fait 150 ans que c’est en… Lire plus »
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