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Une ligne électrique entre la France et l’Espagne

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Inelfe, société détenue à parts égales par RTE et Red Electrica de Espana (REE)*, a attribué deux contrats fondateurs de la future ligne souterraine d’interconnexion électrique entre la France et l’Espagne.

L’interconnexion France-Espagne qui augmentera la capacité d’échanges d’électricité entre les deux pays en la portant de 1400 à 2800 MW, renforcera aussi de fait la sécurité d’approvisionnement électrique au niveau régional et national. Elle permettra selon RTE "de tirer tout l’avantage de la complémentarité des parcs de production des deux pays, et d’intégrer davantage de production à base d’énergies renouvelables sur le réseau".

Pour toute la longueur du tracé, soit environ 65kms, Prysmian fabriquera 252 kms (4 fois le tracé) de câbles synthétiques, posés en souterrain, en tranchée, puis en galerie, sous la partie montagneuse des Pyrénées.

Deux paires de câbles achemineront de part et d’autre de la frontière, 2000 mégawatts électriques en courant continu, à 320 kilovolts.

Siemens construira deux stations de conversion : une à chaque extrémité de la ligne. Ces stations ont pour rôle de transformer le courant électrique alternatif en continu. Elles seront situées à Baixas (près de Perpignan, France) et à Santa Llogaia (près de Figueres, Espagne). Inelfe a choisi la technologie dite « Voltage source converter » qui comporte de nombreux avantages pour le réseau électrique, de par sa flexibilité et la capacité à fournir des services de secours dans des conditions de réseau dégradées.

Les choix technologiques réalisés dans ce projet constituent des innovations tant pour la longueur de la liaison souterraine, que la technologie des câbles et des stations de conversion à ce niveau de tension et de puissance.

Les contrats câbles et stations représentent aujourd’hui environ 60% du budget total d’Inelfe, lequel s’établit à 700 millions d’euros.

Le début des travaux par Inelfe interviendra en 2011 dès lors que RTE, en France, aura obtenu les autorisations administratives nécessaires à la construction de cette ligne d’interconnexion, REE venant d’en obtenir une partie.**

Rappelons que les caractéristiques principales du projet (ligne souterraine, en courant continu, avec un tracé calé autant que possible sur les infrastructures existantes) ont été définies par l’accord de Saragosse signé le 27 juin 2008 entre les gouvernements français et espagnol.

L’interconnexion France-Espagne, déclarée projet d’intérêt européen, est financée par l’Union Européenne à hauteur de 225 milllions d’euros, dans le cadre de son programme EEPR (European Energy Program for Recovery).

* Inelfe (INterconnexion électrique France Espagne) est une société commune à parts égales entre RTE, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité en France et son homologue en Espagne, Red Electrica de Espana créée en 2008 et ayant pour objet la réalisation de l’interconnexion.

** REE a obtenu la Declaracion de Impacto Ambiental (DIA) le 13 décembre.


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    4 Commentaires sur "Une ligne électrique entre la France et l’Espagne"

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    T.
    Invité
    Inox
    Invité
    BELGES (et surtout aux autres) Dans le cadre de fouilles dans le sous-sol russe jusqu’à 100m de profondeur, les scientifiques russes ont trouvé des vestiges de fil de cuivre qui datait d’environ 1000 ans. Par provocation les Russes en ont conclu publiquement que leurs ancêtres disposaient déjà il y a 1000 ans d’un réseau de téléphone en fil de cuivre. Les Américains, pour faire bonne mesure, ont également procédé à des fouilles dans leur sous-sol jusqu’à une profondeur de 200m. Ils y ont trouvé des restes de fibre de verre. Il s’est avéré qu’elles avaient environ 2000 ans. Les Américains… Lire plus »
    Sicetaitsimple
    Invité

    Celle-ci semble avancer. Il est surprenant de ne pas voir les partisans du renouvelable à tout prix s’en réjouir, alors que moi,  » quasi Nord-Coréen adepte du Gosplan » dixit Chelya, je pense que c’est une étape importante dans l’intégration des renouvelables (mais pas seulement) dans au moins une partie du système européen. Ce qui explique peut-être cela, c’est que 700M€ n’est pas une somme négligeable, et qu’aucun partisan du renouvelable « à tout prix » ne veuille considérer que le dévellopement de cet ouvrage n’a rien à voir avec l’intégration des renouvelables.

    michel123
    Invité

    Quand on pense qu’il y a toujours quelques irresponsables prés à s’enflammer contre des liaisons transfrontalières . Les mêmes qui viendront brailler pour avoir de l’électricité écologique mais refusent les moyens d’introduire une énergie imprévisible . Une énergie non modulable qu’il faut donc compenser par une bourse d’èchanges transnationaux pour en limiter les fluctuations.

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