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Une protéine qui protége des effets d’une irradiation !

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Renforcer la teneur de l’organisme en une protéine appelée BPI, en association avec un antibiotique, pourrait être un moyen efficace de traiter l’exposition à des doses létales d’irradiation indique une nouvelle étude.

Même donné 24 heures après exposition, ce double traitement améliore la survie de souris et le taux de leurs cellules sanguines.

Cette découverte ouvre la voie au développement d’un nouveau médicament destiné aux victimes de désastres comme ceux de Tchernobyl ou de Fukushima, ou qui seraient dues à des actes terroristes.

Toutes les formes d’irradiation, même les rayons X utilisés pour effectuer les radios, tuent les cellules en division et peuvent provoquer à haute dose des dommages irréversibles comme un arrêt cardiaque ou des lésions pulmonaires ou nerveuses. Une irradiation prolongée peut être mortelle.

En étudiant des patients irradiés en routine avant de recevoir une greffe de moelle osseuse, Eva Guinan de la Harvard Medical School (Boston) et ses collègues chercheurs ont observé un lien entre l’exposition aux rayons et la baisse de concentration en BPI, une protéine présente dans les leucocytes sanguins. La BPI agit en se liant aux endotoxines, neutralisant ainsi ces molécules toxiques présentes dans la membrane externe de bactéries comme E. coli ou les salmonelles.

Partant de l’idée que le fait d’augmenter la concentration de cette protéine pouvait aider les personnes exposées à des rayonnements énergétiques, les chercheurs ont fabriqué une variante recombinante de la BPI. Ils ont trouvé que leur protéine, combinée à un antibiotique, bloquait les effets délétères des rayons. Bien que la BPI recombinante ne suffise pas à elle seule à améliorer la survie des souris, elle la faisait passer à plus de 70 % lorsqu’elle était administrée avec l’antibiotique alors que les animaux non traités décédaient presque tous après 20 jours.

Cette double thérapie est particulièrement séduisante car la BPI recombinante et l’antibiotique semblent bien tolérés chez l’homme et induire peu d’effets secondaires. Un article Focus associé explique ces résultats et leur potentiel d’application à l’homme.

« Bactericidal/Permeability-Increasing Protein (rBPI21) and Fluoroquinolone Mitigate Radiation-Induced Bone Marrow Aplasia and Death » par E.C. Guinan, L.A. Kalish, K. Parmar, C.J. Mancuso, L. Stoler-Barak, E.E. Suter, J.D. Russell, C.D. Palmer, L.C. Gallington, J.-A. Vergilio, K. Zhu, A. D’Andrea et O. Levy du Children’s Hospital Boston à Boston, MA; C.M. Barbon, A. Voskertchian, G. Cole et R. Soiffer du Dana-Farber Cancer Institute à Boston, MA; J. Kutok du Brigham and Women’s Hospital à Boston, MA; J.P. Weiss de l’Université de l’Iowa in Coralville, IA; E.C. Guinan, R. Soiffer et O. Levy de la Harvard Medical School à Boston, MA; J. Kutok de Infinity Pharmaceuticals à Cambridge, MA; L. Stoler-Barak du Weizmann Institute à Rehovot, Israël; E.E. Suter du Feinberg School of Medicine, Northwestern University à Chicago, IL; L.C. Gallington du Georgia Institute of Technology à Atlanta, GA.


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    3 Commentaires sur "Une protéine qui protége des effets d’une irradiation !"

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    Pastilleverte
    Invité

    pour l’industrie nucléaire. Un bon exemple « d’adaptation », à suivre pour les histoires du Climat.

    laurent75
    Invité

    Ce genre de traitement, s’il est efficace, a des conséquences très sérieuses sur l’humanité. Est-ce que cela va lever l’interdit de la guerre nucléaire? et sachant que nous sommes près d’un demi milliard à vivre à moins de 75 km d’un réacteur, ne va-t-on pas assister à un relachement de la surveillance des centrales? On est en droit de se poser des questions morales au-delà du soulagement du traitement pour les victimes d’irradiation.

    Passant
    Invité
    Je ne pense pas que cette nouvelle amènera à une levée de l’interdit de la guerre nucléaire. En effet, l’impact le plus important d’une arme nucléaire est la destruction qu’elle provoque. Les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki sont à elles deux beaucoup plus propre que l’accident de fukushima (Consulter les infos disponibles sur le net). Et les bombes thermonucléaires actuelles relâchent moins de radioéléments que les bombes à fission. l’étage à fission ne sert en effet que d’alumette à l’étage à fusion. Enfin, on doit également prendre en compte la contamination de la faune et de la flore à qui… Lire plus »
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