Une solution nano pour le défi mondial de l’eau ?

Qui penserait qu’on pourrait transformer les 46 milliards de dollars (soit près de 33 milliards d’euros) du marché mondial des produits phytosanitaires en combinant de l’eau du robinet, deux ou trois cuves de brasserie d’occasion et un peu de nanotechnologie d’avant-garde ?

Keith Thomas a bien une idée à proposer. Et certains des plus grands fabricants d’engrais du monde pensent que l’entrepreneur basé en Ontario pourrait avoir raison.

Si c’est le cas, cela aura un énorme impact sur l’utilisation de l’eau par les fermiers à travers le monde et réduira significativement le stress autour des ressources d’eau souterraine.

L’agriculture consomme plus de 70% de l’eau utilisée dans le monde. La plus grande partie est utilisée pour l’irrigation et la pulvérisation de fertilisants, pesticides et autres produits chimiques conçus pour protéger les cultures et augmenter la récolte.

La protection des cultures joue un rôle vital dans la chaîne alimentaire mondiale. Sans elle, on estime que 40% de la population mondiale mourrait de faim.

Le fait que la majorité des herbicides et des pesticides contiennent des produits chimiques pouvant s’infiltrer dans les nappes phréatiques est au cœur de la question de la protection des cultures. Ces produits chimiques sont nécessaires pour aider le principe actif à se dissoudre dans l’eau pour pouvoir être absorbé par les cultures.

Un nouveau processus crée par Vive Inc, basée en Ontario, élimine simplement et proprement le besoin de cette soupe chimique.

Le processus de Vive Nano emballe le principe actif de l’herbicide ou du pesticide d’une « cage » en polymère biodégradable à l’échelle du nanomètre, ce qui lui permet de se dissoudre dans l’eau. Le résultat est un potentiel d’eau de ruissellement plus propre et une contamination des nappes phréatiques réduite, ce qui signifie plus d’eau propre sûre disponible pour un monde de plus en plus assoiffé.

« Nous avons une technologie révolutionnaire qui est verte du début à la fin. Nous protégeons ainsi efficacement et écologiquement les cultures », indique Keith Thomas, Pdg de Vive Nano.

« La beauté de notre procédé est qu’il est industriellement solide. Au début, nous l’avons même testé en fabricant des composants dans des bennes à ordures. Maintenant, nous utilisons des cuves venant d’une vieille brasserie », poursuit Thomas.

Depuis que Vive Nano a été lancée il y a cinq ans, la société a gagné un nombre de prix technologiques prestigieux, dont le Prix Deloitte Technology Green 15 et le Prix 2010 North American Frost & Sullivan pour l’innovation technologique.

Spin-off de l’Université de Toronto, Vive a reçu un soutien financier de près de 3,8 millions de dollars (soit 2,7 millions d’euros) du fonds pour les projets pilotes d’innovation du gouvernement de l’Ontario et une somme similaire de la part de la fondation Technologies du Développement Durable Canada.

Le fonds pour les projets pilotes d’innovation de l’Ontario provient des 3 milliards de dollars (soit 2,1 milliards d’euros) de la campagne du gouvernement de la province pour accélérer la commercialisation de nouvelles technologies développées dans ses laboratoires de recherche universitaires et financés par l’Etat. Le système de commercialisation inclut le financement de projets pour les chercheurs, des réseaux locaux connectant les idées et le savoir-faire, et des organismes tels que Ontario Centres of Excellence et MaRS qui permettent un meilleur transfert des technologies vers le marché.

Aujourd’hui, l’Ontario a des centres de recherche de premier plan dans pratiquement tous les domaines, incluant les matériaux de pointe, les sciences de la vie et les communications digitales. Il y a, par exemple, plus de 21 centres de recherche consacrés aux questions liées à l’eau.

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