Une startup très chaude cet hiver ?

Dans sa démonstration, supervisé par des ingénieurs et techniciens d’un client américain mystérieux, son générateur thermique E-cat semblerait avoir produit plus de 470 kilowatts pendant plusieurs heures. Le client qui a payé pour l’appareil était évidemment satisfait, bien que d’autres scientifiques et journalistes présents n’ont pas eu d’accès rapproché à l’équipement, Rossi n’ayant pas, dit-il, tous les brevets pouvant protéger son invention.

Suite à sa première vente, Rossi dit maintenant qu’il a des commandes pour plus de treize centrales électriques E-Cat de l’échelle du Mégawat. Il les vend à 2 millions de $ l’unité (environ 1,5 million €), et affirme avoir des clients aux États-Unis et en Europe. Rossi annonce aussi pour dans 1 an une version domestique de son générateur à l’échelle de quelques kilowatts. Il travaille également sur l’adaptation de l’E-Cat à la conversion électrique, mais son générateur devrait avoir une température de travail plus élevée et cela devrait prendre deux ans ou davantage.

Ce n’est pas tout à fait ce qu’on pourrait attendre d’un fraudeur…

Premièrement, un manipulateur aurait fait une présentation bien plus convaincante formellement. Le conteneur du E-Cat a dû être hissé par une grue, visiblement déconnecté de toute alimentation externe. Comme avec tous les tours de magie, le public aurait dû être autorisé à inspecter l’appareil. Et pourquoi seulement 470 kilowatts alors que vous avez annoncé produire deux fois ce montant? Si le tout a été mis en place, et le client mystère un faux, tout cela n’aurait pas été très bien calculé pour convaincre le plus grand nombre.

Deuxièmement, ce type de démonstration est normalement l’occasion rêvée où l’escroc commence l’émission d’actions, ou prend les «dépôts» des pigeons. Tout aurait été bon alors pour faucher un peu d’argent à ceux disposés à en offrir. Au lieu de cela, Rossi ne prend seulement que les commandes de gros clients qui vérifieront le bon fonctionnement des générateurs avant de prendre livraison. Ce sont des gens avec de bons avocats capables de rédiger des contrats sophistiqués et de faire face à toute complication. Ils ne sont pas des cibles faciles. Quoi qu’il fasse, de toutes façon il chasse le gros gibier.

En attendant, la couverture médiatique s’éloigne actuellement de la possibilité de fraude, et certains commentateurs traditionnels s’amusent à penser que ce pourrait bien être la grande percée que prétend Rossi, et une très bonne nouvelle pour les mines de Nickel…

Une chaîne américaine affirme que le client serait bien réel : la Marine américaine et son Naval Warfare Systems Command (SPAWAR)… C’est une affirmation assez raisonnable. La marine américaine est l’une des rares grandes structures où les recherches sur la fusion froide se poursuivent encore ouvertement. Bien qu’un membre du SPAWAR était présent en tant qu’observateur à l’essai, cela peut simplement être la preuve d’un intérêt continu dans la fusion froide, et l’organisation ne fera pas de commentaire. Les autres médias ont annoncé l’essai, notant bien qu’il y ait un scepticisme généralisé à propos de fusion froide.

En attendant, il faudra attendre que Rossi vende le prochain E-Cat à un autre client, dans quelques mois. Espérons que ses dispositifs techniques seront moins tenus secrets. En fait, si l’intérêt des médias continue de croître, ils pourraient utiliser la sortie de vapeur de l’E-cat pour faire mousser le café des tasses de cappuccino des spectateurs payants afin qu’ils obtiennent un retour rapide de leur investissement de 1’500’000€.


D’après un article en anglais de David Hambling
  (wired.uk)

Voir aussi :
http://rossicoldfusion.com/
Generalized Theory of Bose-Einstein Condensation Nuclear Fusion for Hydrogen-Metal System

[ Archive ] – Cet article a été écrit par Cathelin

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