Aliou Diallo, premier et seul producteur au monde d’hydrogène naturel

Alors que la plupart des industriels se ruent sur l’hydrogène vert, un entrepreneur malien a fait le choix de miser sur l’hydrogène naturel depuis plusieurs années. Son nom c’est Aliou Boubacar Diallo, PDG d’Hydroma, une compagnie d’exploration et d’exploitation de gaz naturel.

Depuis quelques mois, les gouvernements et les industriels manifestent un vif intérêt pour l’hydrogène vert. Ils considèrent cette ressource comme la candidate idéale pour la transition énergétique. L’Etat français, notamment, a mis sur la table 7 milliards d’euros en septembre 2020 pour en démocratiser l’usage. Trois mois plus tôt, l’Allemagne annonçait un investissement de 9 milliards d’euros pour en devenir le numéro Un mondial. Les acteurs comme Total et Engie lancent, pour leur part, de nombreux projets afin de réaliser leur propre transition. Cette ruée vers l’hydrogène vert sonne le glas de l’hydrogène gris, source de grande pollution. Elle se fait surtout aux dépens de l’hydrogène naturel, qui est pourtant totalement vertueux. En effet, ce gaz est abondant, renouvelable et moins. De plus, sa production ne génère que de l’eau, là où celle de l’hydrogène vert demande la consommation de beaucoup d’électricité.

Aliou Diallo, pionnier de l’hydrogène naturel

Au Mali, l’entrepreneur Aliou Boubacar Diallo a fait le pari de l’hydrogène naturel en 2010. À cette époque, la communauté scientifique niait encore l’existence de cette ressource sur les continents et l’industrie s’en détournait. Il a fallu la publication des travaux d’Alain Prinzhofer et Éric Derville pour actualiser les connaissances. Ces deux géophysiciens français ont démontré l’existence d’immenses réservoirs d’hydrogène naturel dans de nombreux pays. Parmi eux, la Russie, les Etats Unis, le Canada, le Brésil et le Mali. Mais, Aliou Boubacar Diallo a été le premier et reste le seul entrepreneur à s’intéresser à l’hydrogène natif. Sa société d’exploration et d’exploitation de gaz naturel, transforme cette ressource en électricité propre pour le village de Bourakébougou.

Grâce aux travaux d’Hydroma, Aliou Diallo est régulièrement invité à participer à des évènements dans le secteur de l’énergie en Europe. Les gouvernements portent une attention particulière à sa révolution énergétique silencieuse. En octobre 2020, Aliou Diallo était ainsi en Allemagne, où il a eu des réunions avec de hauts responsables des ministères chargés de chapeauter le programme de l’hydrogène blanc (nom donné à l’hydrogène naturel dans ce pays). Cette année, le promoteur malien a lancé une production à grande échelle afin de satisfaire la demande nationale dans un premier temps. Il compte ensuite exporter l’excèdent (près de 95%) en Afrique et en Europe.

Un pipeline pour approvisionner l’Europe en hydrogène naturel

Dans ses petits papiers, le milliardaire a prévu la construction d’un pipeline pour approvisionner ces deux continents. « Nous avons programmé de faire un pipeline pour transporter l’hydrogène naturel du Mali au Sénégal, à la Mauritanie, au Maroc, jusqu’à la porte de l’Europe. Donc ça fait 4700 kilomètres. Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable. L’Europe même est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline pour le transport de l’hydrogène », a récemment confié Aliou Diallo.

L’homme d’affaires continue parallèlement de financer les forages dans le cercle de Kati au Mali. Depuis 2012, Hydroma a fait plus de 6000 mètres de forage en partenariat avec des sociétés canadienne, australienne et européenne. « Nous avons fait des forages shallows, des forages deep, des forages ultra deep dans le cadre de l’hydrogène. Nous sommes allés jusqu’à plus de 2000 mètres », précise Aliou Diallo. Le dirigeant africain a en outre lancé des prospections en Australie et au Canada, où se trouve le siège de sa société.

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Ataquati

Finalement, ils voulaient de l’eau, alors il leur suffit de bruler l’hydrogène. On ne sait pas si l’eau sera potable, mais ils pourront toujours arroser les champs avec.

L’hydrogène naturel est connu dans d’autres parties du monde et est étudié depuis plusieurs années.

Ce qui est moins connu, ce sont les gisements de CO2 qui sont exploités depuis des décennies aux USA. Le CO2 est transporté par pipeline pour être injecté dans les puits de pétrole, afin d’en augmenter la production.

trackback

[…] « Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable. L’Europe même est en train de construire 23.000 kilomètres de pipeline (la dorsale hydrogène européenne – EHB) pour le transport de l’hydrogène. Là ils vont transporter un kilo d’hydrogène sur 2.500 kilomètres, environ 0,20 cents le kilo. Nous avec moins de 5.000 kilomètres de pipeline, nous pouvons transporter de l’hydrogène à moins de 0,50 cents le kilo. Ce qui peut nous permettre d’envoyer notre hydrogène sur le marché européen, tout en restant compétitif par rapport à l’hydrogène gris sur le marché européen aujourd’hui » a laissé entendre le PDG… Lire plus »

Guydegif(91)

Bonjour,
Intéressante piste ! On parle de 2010, pari du H2 naturel…encore plus intéressant que l’H2-vert, car moins de coût pour l’obtenir !
Pourtant 11 ans plus tard, l’évolution semble peu effective…. et a fait peu d’avancées concrètes de mise en usage, pour électrifier largement le secteur de ces puits de H2….et voisins.
On en parle, mais sans plus….
https://hydroma.ca/en/press-publications/
Pourquoi si peu d’enthousiasme?
Salutations
Guydegif(91)