Les hydrofluorocarbures accentuent le dérèglement climatique

Ouvrant la 26ème réunion des parties au Protocole de Montréal qui se tient à Paris, au siège de l’Unesco, jusqu’au 21 novembre, Ségolène Royal a souligné « le beau succès du Protocole de Montréal et l’efficacité de l’action conjointe qu’il a permise car ses objectifs sont en passe d’être atteints : la couche d’ozone, gravement endommagée, est en voie de réparation ».

De plus, les chlorofluorocarbones et hydrochlorofluorocarbones étant aussi des gaz à effet de serre, leur élimination achevée (CFC) ou en cours (HCFC) a permis de réduire de 11 milliards de tonnes équivalent CO² les émissions mondiales, contribution notable à la lutte contre le dérèglement climatique.

En démontrant que, lorsque tous les pays unissent leurs efforts, les résultats sont au rendez-vous, le Protocole de Montréal est un puissant encouragement à réussir la COP 21 que la France accueillera en décembre 2015 et pour laquelle elle se mobilise ainsi que l’Union européenne.

Mais de nouveaux gaz, les hydrofluorocarbones (HFC), utilisés en remplacement de ceux qui portaient atteinte à la couche d’ozone, se sont révélés être des facteurs aggravants du réchauffement climatique et pourraient, si rien n’est fait, représenter en 2050 jusqu’à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Cette 26ème réunion est l’occasion pour toutes les parties de négocier le plan d’action international nécessaire à la réduction des HFC.

Ségolène Royal a fait part du soutien de la France à l’introduction d’un amendement au Protocole de Montréal, portant sur la réduction de ces gaz fluorés, et au Fonds multilatéral d’aide aux pays les plus pauvres. Elle a rappelé les objectifs ambitieux que l’Union européenne s’est fixés : réduire de près de 80% sa consommation de HFC d’ici 2030.

La Ministre de l’Ecologie a tenu à mettre en valeur l’existence de solutions technologiques alternatives aux HFC, bonnes pour le climat et bonnes pour la croissance verte, comme celles mises au point par les entreprises françaises innovantes, PME et grands groupes, qui présentent leurs projets dans un stand tenu par l’ADEME dans le hall de l’Unesco :

– Cooltech dans le domaine du froid magnétique ;

– Coldway avec le froid thermochimique ;

– GDF Suez pour le refroidissement par pompage d’eau de mer en grande profondeur (en développement à la Réunion) ;

– Air Liquide pour le froid cryogénique dans le transport routier.

Ségolène Royal s’est ensuite entretenue avec le directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, M. Achim Steiner.

Elle a notamment évoqué avec lui les enjeux de la Conférence environnementale française des 27 et 28 novembre prochains et du sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Paris ainsi que l’engagement de la France dans la Coalition pour l’air pur et le climat (pour réduire les polluants de courte durée de vie qui ont un impact négatif sur le climat) et son soutien à la création d’une Organisation mondiale de l’environnement, vers laquelle la 1ère Assemblée des Nations Unies pour l’environnement de juin 2014 a constitué une étape significative.

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Luis

¤ Rappelez-vous ce gaz tant vanté par un ancien ministre, ancien député dans la circonscription ou Areva distribue des subsides (St Marcel) pour une nouvelle méthode “propre” de fracturation et d’extraction des gaz de schiste (shale gas, de roche mère). C’est l’heptafluoropropane, CH3F7 (ou CF3-CFH-CF3) qui n’est autre qu’un hydrofluorocarbure (HFC). Ce gaz (heptafluoropropane) peut être utilisé dans les extincteurs (sous l’appellation FM200) mais uniquement en l’absence d’autre solution : “sa toxicité propre est faible mais il est fortement déconseillé en raison de son potentiel de réchauffement climatique” : en effet son potentiel de réchauffement global à 20 ans est 4300 fois celui du CO2. Mais on nous dit que si rien n’est fait, les HFC pourraient représenter en 2050 jusqu’à 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Alors, il ne faut pas à la fois incriminer les gaz à effet de serre et promouvoir une méthode prétendue “propre” pour extraire les gaz de schistes. Lesquels, par leur combustion et surtout par les fuites (méthane CH4) contribuent fortement à ce même effet de serre (pour chaque “mcf” ou chaque million de m3).

pierreerne

“La couche d’ozone gravement endommagée est en voie de réparation”. Ouai… c’est plutôt la méthode Coué. Il faut avoir la foi pour voir une réelle amélioration…

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