À Pleyber-Christ, près de Morlaix, Neoen vient d’inaugurer un monstre de 92 mégawatts, déjà mis sous tension cet été. Dotée d’une capacité de stockage de 183 mégawattheures, cette installation doit contribuer à stabiliser le réseau électrique grâce à des services de régulation de fréquence et de tension.
📌 L’essentiel en 3 points
- 92 MW et 183 MWh, soit la plus grande batterie de Bretagne et environ deux heures de décharge à pleine puissance.
- Des services de régulation de fréquence et de tension, complétés par une expérimentation destinée à accélérer la réponse aux perturbations du réseau.
- Une première grande batterie française pour Neoen, dans une filière où d’autres projets se développent déjà.
Un stockage massif pour renforcer le réseau régional
La Breizh Big Battery n’est pas un simple démonstrateur vert. Elle associe une importante capacité de stockage à des services destinés à soutenir le fonctionnement du réseau électrique. Le principe est simple. Il s’agit d’absorber de l’électricité lorsqu’elle est abondante et de la restituer lorsque le réseau en a besoin.
L’installation n’est pas présentée comme un réservoir exclusivement dédié aux surplus éoliens nocturnes et aux pointes du soir. Neoen met surtout en avant la régulation de fréquence et de tension. À ces services s’ajoute une expérimentation menée avec RTE pour tester la contribution des batteries à la stabilité du réseau.
Une puissance proche d’un dixième de réacteur
Les 92 mégawatts affichés par l’équipement représentent environ un dixième de la puissance d’un réacteur nucléaire de 900 mégawatts. Mais la comparaison porte seulement sur la puissance car la batterie dispose d’une réserve d’énergie limitée, qu’elle doit reconstituer en se rechargeant.
C’est aussi sa rapidité de réponse qui intéresse les gestionnaires du réseau. Grâce au fonctionnement dit « grid-forming », l’installation doit expérimenter une réaction en quelques dizaines à quelques centaines de millisecondes aux perturbations de tension et de fréquence. L’objectif est de contribuer à la stabilité du système électrique, pas de garantir à elle seule l’alimentation de toute la pointe bretonne.
Ce nouveau fonctionnement reste toutefois en cours d’expérimentation. La finalisation du rétrofit des onduleurs, nécessaire à sa mise en œuvre, est annoncée en théorie d’ici la fin de 2026.
Une capacité pour décaler la restitution d’électricité
Les 183 mégawattheures correspondent à environ deux heures de décharge à la pleine puissance de 92 mégawatts. La réserve disponible permettra donc de décaler la restitution d’électricité sur une durée limitée.
Elle ne fixe cependant pas les horaires de fonctionnement de la batterie. Rien ne permet de la présenter comme une installation systématiquement chargée la nuit puis déchargée à la tombée du jour. Ses services de régulation doivent aussi aider le réseau à absorber les déséquilibres entre production et consommation.
Une filière qui ne fait que commencer
Neoen signe ici sa première grande batterie en France, mais certainement pas la dernière. D’autres projets de stockage émergent déjà dans l’Ouest, tandis que la Breizh Big Battery devient un terrain d’essai pour de nouveaux services de stabilisation du réseau.
L’installation marque ainsi un changement d’échelle du stockage en Bretagne. Une petite révolution technique qui doit contribuer à rendre le système électrique plus résilient, sans constituer à elle seule une alternative aux renforcements des infrastructures.
















