La FCC vient d’offrir à Starlink le feu vert pour connecter depuis l’orbite des smartphones compatibles, sans imposer d’accord de location avec un opérateur terrestre pour certaines fréquences autorisées aux États-Unis. Une décision qui ouvre la voie à une offre mobile directe et pourrait rebattre les cartes de la téléphonie américaine.
📌 L’essentiel en 3 points
- La FCC autorise SpaceX à déployer 15 000 satellites à 326-335 kilomètres d’altitude. L’entreprise vise jusqu’à 150 Mbit/s par utilisateur, un débit maximal annoncé qui reste à démontrer en service.
- Les premiers lancements sont annoncés à partir de la mi-2027.
- L’accord d’achat de 50 MHz de spectre autour de 2 GHz auprès d’EchoStar, complété par un projet distinct d’acquisition de fréquences à 800 MHz, renforce l’ambition de SpaceX de devenir un concurrent des grands opérateurs américains.
Le régulateur américain a officiellement rendu l’ordonnance DA 26-1078. Elle donne à SpaceX une base réglementaire pour développer une offre mobile par satellite utilisant des téléphones compatibles avec les fréquences du service, sans antenne supplémentaire. La dérogation supprime l’obligation de louer certaines fréquences à un opérateur terrestre, mais ne met pas fin aux partenariats de Starlink avec les réseaux mobiles. L’exploitation commerciale des fréquences acquises auprès d’EchoStar reste également conditionnée à la finalisation de la deuxième étape de la transaction.
C’est une étape majeure pour un projet titanesque avec à la clé une constellation de 15 000 satellites de nouvelle génération, optimisés pour les bandes autour de 2 GHz et autorisés sur des orbites comprises entre 326 et 335 kilomètres d’altitude. SpaceX vise des débits pouvant atteindre 150 Mbit/s par utilisateur. Un objectif ambitieux, qui pourrait rapprocher la connexion satellitaire de l’expérience offerte par les réseaux terrestres. Il s’agit toutefois d’un débit maximal annoncé, pas d’une performance mesurée ni d’une supériorité démontrée sur les réseaux mobiles en zone rurale.
Un calendrier encore prévisionnel
Il faut toutefois tempérer l’enthousiasme. Aucun satellite de cette nouvelle génération n’est encore en orbite, mais SpaceX a annoncé un début des lancements à la mi-2027.
Le feu vert de la FCC a été délivré conjointement par le Space Bureau et le Wireless Telecommunications Bureau, dans le cadre de leurs pouvoirs délégués, et pourrait encore faire l’objet d’un réexamen par la commission plénière. Les opérateurs historiques disposent donc d’une fenêtre stratégique pour réagir avant la montée en puissance du réseau.
Il apparaît donc que la bataille de la data mobile ne se joue plus uniquement sur les pylônes et les antennes ; SpaceX entend désormais l’étendre au ciel, à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes.
Une rupture pour l’utilisateur
Starlink Mobile V2 vise à permettre l’envoi de messages, les appels et l’accès à Internet au-delà de la couverture terrestre, sans téléphone satellite dédié. En montagne ou dans une zone isolée, un smartphone compatible pourrait ainsi rester connecté, sous réserve de la disponibilité du service et d’une vue suffisamment dégagée du ciel. La promesse serait pour le moment portée sur une couverture complémentaire, plutôt que sur un véritable terminal universel fonctionnant partout et dans toutes les conditions.
Le modèle économique pourrait également faire évoluer le marché de l’itinérance internationale. SpaceX a reçu une autorisation américaine pour fournir des services internationaux de télécommunications sur ses propres infrastructures ou par revente. Leur décision ne remplace toutefois pas les autorisations nécessaires dans les pays desservis. L’expansion de Starlink Mobile continue aussi de s’appuyer sur des accords avec des opérateurs locaux.
La manœuvre d’Elon Musk
SpaceX avait signé en septembre 2025 un accord d’achat de 50 MHz de spectre auprès d’EchoStar, dans les bandes AWS-4 et H-block autour de 2 GHz. Hier, l’entreprise a annoncé un autre accord, distinct, portant sur jusqu’à 14 MHz de spectre dans la bande des 800 MHz. Encore soumise à l’approbation finale de la FCC, cette seconde acquisition doit compléter la capacité satellitaire par une couche de couverture terrestre mieux adaptée à la pénétration des bâtiments.
Le bouquet proposé associe ainsi satellites en orbite basse, infrastructures terrestres et actifs radiofréquences stratégiques. SpaceX dispose d’un avantage d’intégration. Au final, l’entreprise maîtrise la fabrication de ses satellites et leurs lancements, tout en développant en parallèle la fusée Starship dans l’objectif d’accélérer le déploiement. Cette combinaison renforce sans aucun doute son ambition de concurrencer les grands opérateurs américains.
Starlink Mobile en France : l’essentiel
Disponibilité, smartphones et calendrier.
| Point clé | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Disponibilité en France | Pas encore commercialisé Aucun partenariat Starlink Mobile annoncé avec Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free Mobile dans l’article. Aucune offre française n’y est recensée. |
| Date d’arrivée | Aucune date officielle annoncée pour la France. Le calendrier européen de Deutsche Telekom ne constitue ni une date française ni une échéance minimale certaine. |
| Principe et équipement | Anciennement appelé Direct to Cell, Starlink Mobile relie directement un téléphone compatible aux satellites lorsque le réseau terrestre n’est plus disponible. Aucune antenne Starlink résidentielle n’est nécessaire. |
| Smartphones compatibles | Des téléphones LTE existants, sans modification matérielle spécifique au satellite. L’accès dépend toutefois des fréquences, du logiciel, du pays, de l’opérateur et de sa liste d’appareils compatibles : tous les smartphones ne sont pas automatiquement éligibles. |
| Réseau et services | Selon Starlink, environ 650 satellites Mobile et des services déjà utilisés dans plusieurs pays : messagerie, données, voix via certaines applications et usages vidéo. Les fonctions disponibles varient selon le marché, l’opérateur et l’appareil. |
| Applications et appareils | Starlink annonce des services de données accessibles sur plus de 40 applications et plus de 100 appareils. |
| Partenaires européens | Salt en Suisse, VMO2 au Royaume-Uni, MasOrange en Espagne et Deutsche Telekom. Ce dernier prévoit un démarrage début 2028 dans dix pays européens. La France n’est pas annoncée dans cet accord. |
| Alternative française | Orange propose Message Satellite avec Skylo, et non Starlink : SMS et partage de localisation hors réseau mobile et Wi-Fi. L’article indique une compatibilité avec les Pixel 9, hors Pixel 9a, et la gamme Pixel 10. |
| Conditions et limites | Une vue suffisamment dégagée du ciel facilite la connexion ; les bâtiments peuvent la compliquer. Starlink Mobile complète surtout la couverture des réseaux terrestres dans les zones blanches, sans remplacer à court terme la capacité de la 4G ou de la 5G. |
| Prochaine génération | Le déploiement de Starlink Mobile V2 est annoncé à partir de 2027, avec davantage de capacité et l’ambition d’une expérience plus proche des réseaux terrestres. |
| Différence avec Starlink Mini | Starlink Mobile connecte directement le téléphone. Starlink Mini est une antenne compacte qui reçoit Internet par satellite puis le distribue en Wi-Fi aux appareils. |
















