Mystérieux survols des centrales nucléaires françaises par des drones

Depuis le 5 octobre, au moins 11 sites nucléaires français ont été survolés par un ou plusieurs engins volants ressemblant fortement à des drones, le dernier en date étant la centrale de Flamanville.

Selon la loi, le survol des centrales nucléaires reste interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d’altitude autour des sites. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé que des "dispositifs de neutralisation des drones" étaient mis en place et qu’une « enquête judiciaire était en cours », sans fournir d’autres précisions.

L’espace aérien au-dessus des 19 centrales nucléaires est surveillé par l’armée de l’Air, dans le cadre d’un protocole avec EDF. Des incidents "sans conséquences" selon l’électricien français, qui a porté plainte contre x.

De son coté Greenpeace a démenti toute implication de son organisation dans survols de drones. "Pour chacune de ces actions, Greenpeace agit à visage découvert et revendique ses actes. Ce fut le cas en 2012 lors, successivement, d’un survol de La Hague par un drone ou de la centrale du Bugey par un paramoteur. Ce qui se passe avec ces nombreux survols est très inquiétant. Nous demandons au Haut fonctionnaire de défense et de sécurité une enquête sur la sécurité aérienne des sites nucléaires" a expliqué Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

Dans six cas sur dix, c’est-à-dire dans les centrales nucléaires de Gravelines, du Blayais, de Cattenom, de Nogent-sur-Seine, du Bugey et de Chooz, EDF a publié une information sur le site internet de la centrale.

D’après d’autres sources, le site de Superphénix (Isère), le site du Commissariat à l’Énergie Atomique de Saclay dans l’Essonne, la centrale nucléaire de Pierrelatte (Drôme) et la centrale nucléaire de Fessenheim s’ajoutent à la liste et ont également connu un ou plusieurs survols de drones. Les survols incriminés ont eu lieu parfois le même jour sur quatre sites éloignés, Bugey, Gravelines, Chooz, Nogent-sur-Seine le 19 octobre par exemple, ce qui témoigne d’une opération de grande envergure.

"Nous sommes très inquiets de la survenue et de la répétition de ces survols suspects sans qu’aucune réponse sur leur origine ne soit fournie ni par EDF ni par les forces de l’ordre", a ajouté Yannick Rousselet. "Les délais entre la survenue de ces survols et le dépôt de plainte par EDF et l’absence d’information sur certains des sites survolés laissent vraiment interrogatifs."

L’armée de l’air en charge de la surveillance de l’espace aérien des installations nucléaires, a confirmé que 7 centrales ont déjà été survolées par des drones ces derniers jours.

Les transformateurs comme cibles ?

L’une des hypothèses émise ce matin sur la radio RMC par Bruno Comby, ingénieur polytechnicien, met en lumière la vulnérabilité du transformateur haute-tension / basse-tension présent sur chaque site. Il semble que certains drones mesurent jusqu’à 2 mètres d’envergure et survolent les centrales uniquement de nuit. Equipés de caméras infrarouges, ils seraient alors en mesure de repérer l’endroit précis de ce type d’installation qui reste volontairement flouté sur les cartes numériques pour des raisons de sécurité.

Toujours d’après Bruno comby, si plusieurs transformateurs étaient détruits simultanément sur différents sites nucléaires, le réseau électrique français tomberait pour une durée indéterminée, entrainant dans sa chute l’ensemble du réseau européen !

On peut alors imaginé le pire scénario digne des films catastrophes qui s’en suivrait… Espérons que les pouvoirs publics seront sensibles à son témoignage radiophonique.


La liste de centrales nucléaires impactées par ces survols :

– Creys-Malville (Isère), le 5 octobre,
– Blayais (Gironde) le 13,
– Nogent-sur-Seine (Aube) le 13 et le 19,
– Cattenom (Moselle) le 14,
– Chooz (Ardennes) le 19,
– Gravelines (Nord) le 19,
– Le Bugey (Ain) le 19 et le 20,
– Flamanville (La Manche) le 31.

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gaga42

C’est vrai que ces transfo sont particulièrement vulnérables et stratégiques. Mais les lignes THT, non surveillées ni reglementées le sont au moins autant. Il me semble que 2 ou 3 attentats en des lieux bien choisis en rase campagne (possibilité de mise en court-circuit à l’aide de drônes?), donc sans grand risque pour l’éxécutant, et à un moment bien choisi (vers 19h un soir d’hiver froid…) pourraient encore plus surement aller vers le mauvais scenario.

Sonate

On voit bien ici le problème d’ordre sécuritaire qu’accompagne un système électrique aux moyens de production centralisés : il suffit d’en saboter quelques composants-clés au bon moment pour provoquer un effondrement du système, au moins partiel. Avec un système décentralisé (moyens de production répartis de moyenne et faible puissance), c’est impossible, car il faut toucher trop de cibles pour réussir à entamer de manière conséquente la production.

Dan1

Pour provoquer un effondrement à l’échelle de l’Europe, c’est bien plus les lignes du réseau et les noeuds qui sont vulnérables, plutôt que les gros moyens de production. Voir à ce sujet le black-out partiel du 04 novembre 2006, où la déconnexion d’une ligne haute tension en Allemagne (sur l’Ems pour laisser passer un bateau) à failli plonger toute l’Europe dans le noir. Or, avec les nouvelles EnR, on aura pas moins de réseau, mais plus et renforcé. Et les transfert d’énergie au niveau de la plaque européenne ont tendance à s’intensifier (éolien du nord vers le sud, photovoltaïque du sud vers le nord…). Pas besoin d’abattre tout un champ d’éolienne pour provoquer un black-out.

Stephsea

Nos centrales sont sûres, le nucléaire est la moins dangereuse des énergies, tout va bien, il ne peut rien arriver, il n’arrivera rien, jamais. Edf veille sur nous, et le père noël aussi à ses côtés! Mais nouveauté, visiblement quelqu’un ou quelques uns veillent aussi sur EDF… Douce ironie. La réalité est toujours très inventive! Tout cela devrait appeler à une grande humilité des technocrates nukes, à une profonde remise en question. Cela viendra… Pas trop tard je l’espère. Un grand pas à déjà été fait : nous sommes informés de ces survols pourtant très très préoccupants et tellement mystérieux. Prenons les comme un sérieux avertissement, pour le moins. Gageons que nos services de police, si promptent à faire taire les dangereux manifestants en ce moment, vont nous sortir du chappeau un “petit groupe d’activistes anarchistes quasi terrosites” qu’il faudra d’abords discréditer jusqu’à la carricature, puis écraser, disperser, éliminer par tous les moyens. C’est à la mode en ce moment. Et pendant ce temps les grands groupes et le système dans son ensemble continue son oeuvre. Plus l’autorité est faible, et plus elle est autoritaire, et moins elle est sécurisante, que ce soit sur un plan civile ou technique. Suivez ma pensée… Dormez bonnes gens…

Samivel51

Franchement, je ne vois pas en quoi ces drones representent un quelconque danger pour les centrales nucleaires. Les images qu’ils peuvent prendre n’ont rien de strategique, et leur charge utile de moins d’un kilo ne parait pas franchement capable de faire des degats significatifs.

Tech

je ne veux pas passer pour la Pythie de service, mais en cherchant bien on doit pouvoir retrouver un post où j’indiquais malheureusement ce genre de danger. les drones commerciaux ne coutent rien comparés à des missiles et de ce fait une escadrille de ces petits engins pourrait créer beaucoup de dégats si utilisés au bon endroit qui n’est pas forcément la centrale! c’ est la concentration de puissance en peu de site qui peut faciliter ce genre d’attaques, d’où l’intérêt d’une production distribuée. je suis étonné par le post de DAN1 qui semble avoir compris et va tout à fait dans ce sens en pronant un densification du réseau que n’avait pas permis jusque là le quasi tout nuke. et oui, une éolienne par terre cela” touchera notre c_ille droite sans géner la gauche” comme dirait un ancien président ;o)))

Dan1

A Tech “DAN1 qui semble avoir compris et va tout à fait dans ce sens en pronant un densification du réseau que n’avait pas permis jusque là le quasi tout nuke.” 1) Merci de me dire que je semble comprendre ! 2) Je ne prône rien du tout… je constate que les promoteurs des EnR électrogènes de masse en viennent à souhaiter la montée en puissance des moyens de stockage (dont des barrages) et la densification-renforcement des réseaux de transport d’électricité (des lignes haute tension). D’ailleurs, les Allemands essayent de construire de nouvelles ligne THT Nord-Sud pour évacuer le surplus éolien produit au nord. Effectivement, les centrales nucléaires assez bien réparties et proches des lieu de consommation s’étaient contentées d’un réseau moins costaud et moins étendu.

O.rage

Les anti-nucléaires tellement obsédés par le nucléaire qui sous-entendent que des drones sont plus dangeureux que des avions de chasses lancés à 750km/h Les antinucléaires feraient tout pour éviter de parler des 64 gigatonnes de CO2éq évités par le nucléaire en 40 ans (Kharecha etHansen, 2013) pendant la sortie du rapport AR5 du GIEC…

Tech

lors d’une visite à Dampierre je me souviens avoir vu les groupes électrogènes de secours à l’extérieur d’un batiment et à peine protégés! un ou plusieurs drones avec des filins qui réalisent un bon gros court circuit autour des transfos THT un ou plusieurs autres qui balancent une cochonnerie sur les groupes de secours les empéchants de fonctionner correctement et c’est par paquets de 900 Megawatt que les chandelles s’éteignent ;o) pas besoins d’avions de chasse lancés à X kM/h

Tech

réseau moins costaud et donc plus vulnérable, c’est bien ce qu’on dit ! on ne vas pas mettre un gendarme sous chaque pylone! et pourtant combien de parties de ‘quatre coins” j’ai faites quand j’étais môme entre les pieds des pylones! les disqueuses à batterie auraient existé, j’aurais pu me le descendre sans mal le pylone si j’avais été un peu plus c_n ou sans un mini d’éducation, de bon sens et de morale. oui à cette époque l’élecrticité me permettait d’écouter la radio de voir l’unique chaine de télé et de ne pas avoir peur grace à l’éclairage dans la cave toute noir ;o) ah j’oubliais, la pompe qui remontait l”eau du puit.

Bachoubouzouc

Des quelques faits rapportés par la presse, on peut deviner que : 1) ces survols sont menés par une organisation (constituée de plusieurs personnes), puisqu’ils ont eu lieu sur plusieurs centrales simultanément. 2) ces survols ont été menés à des fins médiatiques. En effet, s’ils avaient été réalisés à des fins mettons terroristes, ils ont eu pour conséquences de ruiner tout effet de surprise et d’entrainer un renforcement de la surveillance des centrales. Tout ça pour d’éventuelles photos qu’ils auraient pu aussi bien obtenir par google map ou par un espionnage plus discret. Bref, cela aurait été l’opération terroriste la plus stupide qui soit. 3) l’organisation qui a mené ces survols est antinucléaire, puisqu’elle a survolé uniquement des installations nucléaires civiles. En effet, si elle avait fait cela juste pour effrayer les gens, ou faire le buzz dans la presse, elle ne se serait pas limité aux installations nucléaires. Elle aurait aussi survolé l’Elysée, des bases militaires, ou bien des usines pétro-chimiques (qui ne sont pas gardées par l’armée, et qui sont pourtant tout aussi dangereuses). Après, si quelqu’un a une autre hypothèse crédible, je veux bien l’entendre.

Bachoubouzouc

Vous l’aurez tous compris, je soupçonne fortement une association antinucléaire d’être derrière tout ça. Or je constate plusieurs choses : 1) Historiquement, Greenpeace est la seule association antinucléaire à mener des opérations médiatiques illégales dans ce genre. 2) Et malgré ses dénégations, elle est la seule à affirmer avoir des informations que les autorités n’ont pas, ou qu’elles démentent. Ainsi elle affirme qu’ont été survolées les centrales de Fessenheim et de Tricastin (ce que EDF dément), ainsi que le CEA de Saclay (ce que le CEA ne dément ni ne confirme) : Donc si Greenpeace n’est pas responsable, elle doit sans doute connaitre le responsable, et être en communication avec lui. 3) Si Greenpeace était bien derrière tout cela, elle aurait tout intérêt à nier sa participation : – Elle n’a plus besoin de faire ses preuves dans ce genre d’actions, elle draine déjà tous les gens et l’argent qui se destinent à cela. – Laisser dans l’inconnue les responsables de ces survols et leurs intentions permet de d’effrayer encore plus le public à propos du nucléaire, ce qui va dans son sens. Le mystère qui entoure cette affaire est bien plus effrayant que ces petits drones, qui en eux-même ne sont pas une menace bien grande pour des installations aussi complexes et endurcies que les centrales nucléaires. – Par ailleurs, le public non écologiste me semble être de plus en plus lassé par les actions illégales de cette association, par son acharnement. Mener ces survols sans les revendiquer permettrait à l’association de continuer à donner de la légitimité à ses propos tout en s’épargnant l’opprobe de l’action illégale. Elle passe d’une situation où elle était juge et partie à une situation où des évènements viennent comme par hasard confirmer ce qu’ils disent. – De plus, l’arsenal juridique commence à se renforcer autour des centrales, et l’association ne pourra bientôt plus se permettre de réaliser ce genre d’action à visage découvert, sans le payer très cher. Ainsi, lors de sa dernière intrusion à Fessenheim, leurs militants extra-communautaires se sont vu interdire l’accès au territoire. Ce sont donc des gens qui ne pourront plus remettre les pieds dans l’ensemble de l’espace Schengen, ce qui ne s’était jamais vu. Enfin, de nouveaux textes sont en étude au parlement. Bref, Greenpeace doit bien commencer à sentir le roussi, et à prendre plus de précautions quand il s’agit d’assumer ou non ses actions. Mener cette opération sans la revendiquer serait totalement dans son intérêt. Je n’accuse pas Greenpeace, je dis que tout pointe dans sa direction.

Bachoubouzouc

*ce qui ne s’était jamais vu… pour des militants écologistes. L’interdiction d’entrée sur le territoire européen s’est bien entendue déjà vu pour tout un tas de criminels et de terroristes, c’est juste la première fois qu’on met les intrus de centrales nucléaires dans ce panier là.

Dan1

A Bachoubouzouc “Donc si Greenpeace n’est pas responsable, elle doit sans doute connaitre le responsable, et être en communication avec lui.” Donc Greenpeace ferait appel à la sous-traitance dans le nucléaire… cela mérite une enquête de l’ASN !

lr83

Nier l’évidence, méthode Coué, technique de l’autruche. Cela devient difficile de faire croire que tout est “sous contrôle”. Expérons que ce nième “incident” sera l’occasion d’un nième renforcement de la sécurité … jusqu’au prochain “problème sous contrôle” ! :))

Lionel-fr

Bon, comme je travaille sur des engins du même genre, je dois faire gaffe à ce que je dis .. D’ailleurs ce serait assez chouette sir vous vouliez bien réfléchir à ce que vous écrivez sur forum public, pas la peine de faire la liste exhaustive de ce que vous feriez pour tout faire péter si vous étiez à leur place. Laissez leur un peu de mystère à ces bougres d’emplâtres.. Ceci dit et puisque on parle de réfléchir avant de balancer l’info, il y a des zones d’ombre sur l’info que l’on a , je dirai pas lesquelles mais celui qui me lit attentivement pourra sans doute deviner. Abatre les engins ? pourquoi faire ? récupérer l’épave et essayer de trouver des empreintes ou de l’adn ? Evidemment il vaut mieux les suivre et tâcher de savoir où il vont aterrir après leur “mission”. Ce n’est pas sans poser quelques questions techniques pointues : Tout d’abord, ces engins ont peut-être été achetés dans le commerce mais ils ont été modifiés, ne serait-ce que pour porter l’autonomie à 40 minutes ou une heure , histoire de ne pas l’attendre juste derrière le grillage et se faire gauler avec l’engin à la main comme un plouc Ensuite, ils ont été programmés avec des points GPS car il n’est pas très professionnel de courrir à – de 200 m derrière l’engin pour ne pas perdre la liaison wifi.. Maintenant, pour pointer une camera sur un point précis en vol automatique il faut avoir un controle pan-tilt sur la cam, programmé lui aussi , sans compter que la nuit , c’est de l’image thermique et que la définition est dégueulasse, bref pour les nice pictures de sites nuke, je n’y crois pas trop Si les militaires du mone entier ne se sont pas jetés sur les quadricopters wifi, il y a une raison, c’est qu’ils n’ont pas beaucoup d’intéret militaire Par contre , les auteurs de ces faits sont non seulement organisés mais aussi assez bons bricoleurs car l’augmentation de l’autonomie demande du savoir-faire. Oiu ils ont cherché à faire le buzz et ils persistent à le faire puisque les survols ont continué mais ce ne sont pas forcément des anti nuke, peut-être au contraire de fervents chauvins qui veulent attirer l’attention sur les dangers bien réels des drones en général… Le message est clair et je crois qu'”il a été entendu

Fra

Je lis : EDF fait surveiller ses centrales …. par des drones , et ce , depuis 2 ans ( Source LIBERATION , mais j’ai oublié la date exacte de l’article ) Si je faisais partie des opérateurs commandités par EDF , quel terrain de jeux tentant , pour tester mes petites bécanes avec un nouvel accessoire , épater ma copine Vanessa et emmener le jeune Kevin qui vient d ‘ avoir un petit hélico telecommandé pour son anniversaire ….

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