Un projet mené par l’Université d’Hiroshima a obtenu une subvention de 1,8 million de dollars de la Fondation Gates pour développer une méthode de stockage du sperme de taureau utilisant une simple réfrigération plutôt que l’azote liquide coûteux. Ce changement pourrait éliminer un obstacle majeur à l’élevage laitier moderne qui a longtemps exclu les agriculteurs des régions à faibles ressources. En cas de succès, la technologie devrait apporter des bénéfices considérables sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés locales.
Le projet, dirigé par le professeur Masayuki Shimada de la Graduate School of Integrated Sciences for Life de l’Université d’Hiroshima, a reçu la subvention en octobre 2025, marquant la seconde fois que son laboratoire obtient un financement de la fondation.
En s’appuyant sur leur découverte de 2019 qui a identifié des différences fonctionnelles entre les spermatozoïdes porteurs de l’X (produisant des femelles) et ceux porteurs de l’Y (produisant des mâles), l’équipe a développé une technique de sélection sexuelle simplifiée et à faible coût qui aiderait les éleveurs à produire de manière fiable plus de veaux femelles. Le déploiement de cette technique a déjà commencé dans des sites d’élevage laitier en Inde, où elle a retenu l’attention pour sa facilité d’utilisation, même par les petits exploitants.
Cependant, l’expansion de l’utilisation de la technologie à l’échelle mondiale nécessite une méthode sûre de transport et de stockage des spermatozoïdes traités. Dans de nombreux pays, l’azote liquide est utilisé pour la cryoconservation. Mais dans les pays en développement, un approvisionnement stable en azote liquide ne peut être garanti, ce qui constitue un frein majeur à son adoption.
Dans le cadre de cette nouvelle subvention, l’équipe développera une méthode de stockage permettant de conserver les spermatozoïdes bovins à environ 5 degrés Celsius, soit à peu près la température d’un réfrigérateur domestique, éliminant ainsi le besoin d’azote liquide. Ce travail s’appuie directement sur les recherches antérieures du groupe ayant clarifié comment les spermatozoïdes se déplacent, comment ils génèrent de l’énergie et comment les basses températures provoquent des dommages cellulaires. Si la préservation et le transport deviennent possibles aux températures d’un réfrigérateur, l’insémination artificielle pourrait devenir beaucoup plus facile à utiliser.
Soutenir la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance en Inde et en Afrique
Le projet est mené en collaboration avec des organisations agricoles et des instituts de recherche affiliés au gouvernement en Inde, ainsi qu’avec des groupes de recherche au sein de l’Université d’Hiroshima.
Le lait est à la fois une source vitale de nutrition et une source majeure de revenus dans de nombreuses régions d’Inde et d’Afrique. Cependant, les petits exploitants ont souvent du mal à obtenir du bétail hautement productif, et cela est devenu l’un des facteurs contribuant à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté. Si cette technologie se généralise, elle devrait augmenter la production laitière, stabiliser les revenus des petits producteurs laitiers et améliorer l’état nutritionnel des enfants.
Le laboratoire de Shimada accueille déjà des doctorants d’agences gouvernementales de pays où la technologie devrait être déployée, comme le Nigeria, le Mozambique et le Bangladesh. Un cadre est également en place pour former des experts locaux et déployer la technologie sur le terrain.
En développant une technologie d’insémination artificielle qui peut fonctionner même dans les régions où l’azote liquide est difficile à obtenir, le projet vise à élargir les possibilités de l’élevage laitier mondial et l’avenir de l’alimentation.
Source : Hiroshima U.



















