CorPower Ocean a obtenu le premier certificat prototype DNV au monde pour son convertisseur d’énergie houlomotrice C4. Une validation qui atteste de la fiabilité structurelle et réduit le risque technologique, ouvrant la voie aux financements de projets commerciaux au Portugal et en Écosse.
CorPower Ocean vient de franchir un cap déterminant pour la filière houlomotrice mondiale. L’entreprise suédoise a reçu le premier certificat prototype jamais attribué par DNV à un convertisseur d’énergie des vagues, le CorPower C4. Délivrée selon la norme DNV-SE-0120, la certification atteste de la résistance structurelle, de la fiabilité et de la sûreté de l’appareil. Elle établit un référentiel international pour l’ensemble du secteur, tout en réduisant le risque technologique perçu par les investisseurs.
Un processus d’évaluation de sept années
L’obtention du certificat prototype conclut un programme de vérification mené pendant sept ans avec l’organisme norvégien. Dès l’établissement de la base de conception du C4, DNV a examiné chaque maillon de la chaîne : développement du concept, ingénierie détaillée, analyse de la résistance structurelle et de la fatigue, fabrication, assemblage, essais à sec, installation, exploitation et maintenance. Les performances de l’appareil ont aussi été scrutées dans des conditions océaniques extrêmes, avec des vagues de tempête atteignant 18,5 mètres.
DNV fait autorité pour la certification de l’énergie offshore. Ses normes sous-tendent déjà une large part de l’industrie éolienne en mer. L’organisme norvégien accompagne la filière houlomotrice depuis plus de vingt ans et connaît les obstacles techniques auxquels ces appareils sont confrontés. « La délivrance du premier certificat prototype de convertisseur d’énergie houlomotrice a été le point culminant d’une interaction approfondie et enrichissante avec CorPower », a déclaré Claudio Bittencourt Ferreira, chef de projet Certification des énergies renouvelables chez DNV. « L’engagement dont a fait preuve l’équipe de CorPower pour atteindre cette étape est impressionnant, et nous nous réjouissons de poursuivre cette aventure avec eux. »
Débloquer l’accès aux financements
Au-delà de la reconnaissance technique, la certification DNV modifie la perception du risque par les financeurs. En attestant de la maturité du dispositif, elle facilite l’accès aux financements de projets, aux mécanismes d’assurance et aux investissements institutionnels. Un verrou qui freinait jusqu’ici le passage à l’échelle industrielle de la houle comme source d’électricité.
« Cette certification valide des années de travail d’ingénierie rigoureux, réduit considérablement le risque technologique et renforce encore la voie vers un déploiement commercial à grande échelle », confirme Santiago Gil, responsable du capital-risque chez Santander Alternative Investments.
Deux fermes pilotes au Portugal et en Écosse
L’annonce coïncide avec le développement par CorPower Ocean de ses deux premières unités industrielles. L’une est située au Portugal, l’autre en Écosse. Patrik Möller, cofondateur et PDG, ne cache pas son ambition : hisser l’énergie des vagues au rang de troisième pilier renouvelable mondial, aux côtés de l’éolien et du solaire. L’objectif affiché est de contribuer à un mix énergétique propre, disponible 24 heures sur 24 et à moindre coût.
« C’est une étape historique, pour CorPower Ocean et pour le secteur. Cela fait passer l’énergie houlomotrice d’une technologie prometteuse à une technologie éprouvée et bancable. Je suis immensément fier de notre équipe pour avoir fait de CorPower la première technologie houlomotrice à franchir cette barre », a réagi Patrik Möller.
Un potentiel cinquantenaire resté en jachère
Depuis plus de cinquante ans, l’énergie houlomotrice demeure l’une des ressources renouvelables les moins exploitées de la planète. La puissance contenue dans les vagues, constante et prévisible, offre pourtant une complémentarité naturelle avec l’intermittence du solaire et de l’éolien. La certification DNV du CorPower C4 pourrait bien représenter le signal que les investisseurs attendaient pour considérer la filière avec le sérieux qu’elle requiert.
















