La CNR annonce la mise en service d’une centrale hydroélectrique de 8,5 MW à Vallabrègues, en amont du barrage historique, après un chantier débuté en 2021. L’ouvrage produit 60 millions de kWh par an et comprend une passe à poissons de 330 mètres.
La nouvelle installation, réalisée par la CNR au titre du Plan Rhône, son programme de missions d’intérêt général, convertit une partie du débit destiné au bras naturel du Rhône en énergie. Dotée d’une turbine de 8,5 MW et d’une hauteur de chute de 11 mètres, elle produit 60 millions de kWh par an, soit le double de la consommation électrique des habitants de Villeneuve-lès-Avignon.
Pour Laurence Borie-Bancel, présidente de la CNR, « Avec cette centrale hydroélectrique nouvelle génération, nous réaffirmons le rôle du Rhône dans l’électrification des usages. Sa mise en service illustre notre capacité à concevoir, avec les territoires, des ouvrages hydrauliques modernes qui répondent au plus haut niveau d’exigence environnementale. Locale, renouvelable et flexible, l’hydroélectricité est l’une des pièces maîtresses d’un mix énergétique souverain et décarboné. »
Concilier production d’énergie et préservation de la biodiversité
Le barrage historique de Vallabrègues date de 1970. La centrale s’accompagne d’une passe à poissons de 330 mètres composée de 46 bassins successifs. Cet aménagement permet à des espèces comme le brochet, le gardon, l’anguille, la lamproie ou l’alose de franchir la chute créée par le barrage historique et de consolider l’axe migratoire des poissons depuis l’embouchure du Rhône.
Débuté en 2021, le chantier de construction de la centrale et de la passe représente un investissement de près de 50 millions d’euros. La passe à poissons est inscrite au Plan Rhône-Saône, volet eau et biodiversité, et bénéficie d’un financement de 3,21 millions d’euros de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.
Six autres centrales prévues d’ici 2037
La centrale de Vallabrègues préfigure un nouveau cycle d’investissements hydroélectriques sur le Rhône. D’ici 2037, la CNR prévoit la mise en service de six autres centrales hydroélectriques de ce type et de leurs passes à poissons associées à Saint-Pierre-de-Bœuf (Loire), Arras-sur-Rhône (Ardèche), La Roche-de-Glun (Drôme), Charmes-sur-Rhône (Ardèche), Donzère (Drôme) et Caderousse (Vaucluse). Ces équipements doivent turbiner le débit des bras naturels du Rhône et produiront l’équivalent de la consommation électrique de 114 000 habitants.
Flexibilité et stockage au programme
Ce programme, inscrit dans la loi relative à l’Aménagement du Rhône, s’inscrit dans l’un des trois axes de la feuille de route énergétique de la CNR : construire de nouveaux moyens de production, moderniser les ouvrages existants et développer de nouveaux leviers de stockage.
La CNR étudie avec l’État et les parties prenantes locales les solutions techniques permettant d’accroître le rendement de la centrale hydroélectrique de Montélimar (Drôme). L’installation de 200 MW de batteries de stockage à l’horizon 2030 et la construction de petites stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) le long du Rhône sont également à l’étude.
L’objectif est de doter le parc hydroélectrique de la CNR de nouveaux actifs permettant d’équilibrer l’offre et la demande d’électricité sur le réseau national. Une flexibilité présentée comme indispensable pour accompagner la transformation du système électrique et accélérer la sortie des énergies fossiles.
















