Amazon exploite désormais plus d’un million de robots dans son réseau logistique, selon son PDG, Andy Jassy. Le dirigeant prévoit de confier aux machines des tâches répétitives aujourd’hui réalisées par des salariés, tout en assurant que les entrepôts continueront d’employer de nombreuses personnes.
Lors de la conférence téléphonique consacrée aux résultats du troisième trimestre, Andy Jassy répondait à Brian Nowak, analyste chez Morgan Stanley, qui l’interrogeait sur les objectifs de robotisation à l’horizon 2027, rapporte Benzinga. Selon la transcription de l’échange, les robots ont un « impact très significatif sur notre structure de coûts, sur notre productivité et sur la sécurité ». Le dirigeant a également affirmé que les chiffres de sécurité du réseau logistique étaient « à des niveaux historiquement bas ».
Amazon n’en serait pourtant qu’« encore tout au début » du développement et du déploiement de ces technologies. Leur impact actuel reste « modeste comparé à ce qu’il sera au cours des cinq prochaines années », a estimé Andy Jassy. Il a précisé que les nouveaux centres de livraison le jour même font « largement appel à la robotique », sans chiffrer le nombre d’emplois concernés ni donner de calendrier pour leur transformation.
Bras robotisés et modèles de fondation
Le directeur financier, Brian Olsavsky, a indiqué qu’Amazon avait doublé en 2026 sa flotte de bras robotisés, notamment les systèmes Cardinal et Sparrow. L’entreprise développe aussi des modèles de fondation pour la robotique afin d’aider les machines à accomplir des tâches physiques plus complexes.
Résultats financiers et débat sur l’emploi
Ces déclarations accompagnaient la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes de Wall Street. Le chiffre d’affaires net a augmenté de 12%, à 201,9 milliards de dollars, tandis que le résultat d’exploitation a atteint 28,1 milliards. Selon le communiqué de l’entreprise, Amazon a ainsi enregistré la marge d’exploitation la plus élevée de son histoire. Le bénéfice net a en revanche reculé à 20,7 milliards de dollars, soit 1,89 dollar par action.
Sur les douze derniers mois, le flux de trésorerie disponible était négatif, avec une sortie de 42,4 milliards de dollars, sous l’effet de la hausse des dépenses dans l’IA. Amazon a maintenu sa prévision d’investissements pour 2026 à environ 220 milliards de dollars. L’action a nettement baissé dans les échanges après clôture.
Les propos d’Andy Jassy relancent le débat sur les conséquences de l’automatisation pour les effectifs du groupe. En octobre 2025, le New York Times avait révélé des documents internes selon lesquels l’équipe chargée de l’automatisation chez Amazon prévoyait d’éviter l’embauche de plus de 160 000 salariés aux États-Unis d’ici 2027. Ce chiffre dépassait 600 000 à l’horizon 2033, alors même que le groupe comptait vendre deux fois plus de produits. Amazon avait répondu que ces documents « semblent refléter le point de vue d’une seule équipe et ne représentent pas notre stratégie globale de recrutement ».
Pour décider où déployer des robots, Andy Jassy dit s’appuyer sur une question : « Cela permet-il d’obtenir une productivité, une sécurité, une structure de coûts et des délais de livraison comparables ou meilleurs ? »

















