Eurodif : l’usine d’enrichissement d’uranium a cessé sa production

L’usine d’enrichissement Georges Besse d’Eurodif, basée sur le site du Tricastin dans la Drôme et exploitée par Areva, vient d’arrêter définitivement sa production au terme du processus d’arrêt débuté le 14 mai dernier.

Selon Areva, depuis son démarrage en 1979, soit 33 ans d’activité ininterrompue, le site a répondu à la demande de près de 100 réacteurs nucléaires dans le monde, soit un quart de la demande mondiale, en utilisant le procédé de diffusion gazeuse, une technologie d’enrichissement d’uranium reconnue comme étant la plus performante à l’époque de sa construction.

Aussi, pour prendre le relais de l’usine historique Georges Besse d’Eurodif, Areva a investi au cours des dernières années plus de 3 milliards d’euros dans le nouveau site Georges Besse II. Cette usine, en production depuis avril 2011, utilise une technologie d’enrichissement par centrifugation qui permet de consommer 50 fois moins d’électricité et de réduire de manière importante les besoins en eau de refroidissement. Déjà déployée dans d’autres usines en Europe, cette technologie est "éprouvée et performante".

L’usine Georges Besse II a déjà atteint une capacité installée de plus de 1,5 million d’UTS* par an et atteindra sa pleine capacité à 7,5 millions d’UTS annuels en 2016.

« Le passage de relais entre les usines d’EURODIF et Georges Besse II est un moment fort de l’histoire industrielle d’Areva. L’investissement majeur dans ce nouvel outil industriel conforte notre position sur le marché international de l’enrichissement où le groupe a déjà signé plusieurs accords long-terme stratégiques » a déclaré Michael McMurphy, Directeur des activités « Amont » du groupe Areva.

* Unité de Travail de Séparation, qui représente l’unité de mesure des activités d’enrichissement

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Solaar

Voici qui nous permet d’avoir une certaine marge de manoeuvre, avec l’équivalent de 3 réacteurs additionnels sur le réseau national. Cela devrait permettre à EDF d’augmenter sensiblement ses ventes à l’étranger et rassurer sur la fermeture en 2017 de Fessenheim, elle même largement compensée par l’arrvée sur le réseau de Flamanville en 2016.

Bachoubouzouc

Si je me trompe pas c’est les quatres tranches de Tricastin qui rejoignent le réseau. En effet, Eurodif consommait l’électricité de trois réacteurs en permanence, et le quatrième réacteur pouvait alors être arrêté pour maintenance et rechargement. La construction de GB2 à la place d’Eurodif est décidemment une très très bonne chose. Et cela nous permettra de mieux passer des pics de consommation hivernaux de plus en plus élevés.

Solaar

Il va surtout falloir trouver des clients pour ces surplus (l’Allemagne? L’Italie?) car nous n’en avons pas besoin sur la quasi-totalité de l’année, sans clients pour cette production c’est le taux de disponibilité du parc qui va chutter, comme actuellement ou seuls 50% du parc nucléaire fonctionne. Il y a un problème sérieux en France entre la consommation sur les 1 à 2 mois d’hiver “rigoureux” ou l’on va jusqu’à 100 000MW en pointe le soir et le reste de l’année ou l’on dépasse à peine les 55 000 MW en pointe le midi pour un parc nucléaire de 63 000MW. Il y a un effort à faire pour limiter cette sur consommation hivernale qui ne doit pas être le facteur déterminant la puissance nucléaire installée car ajouter des réacteurs pour produire 1 à 2 mois dans l’année n’a aucun sens économique. C’est du gaz, de l’hydro ou de la biomasse qu’il faut pour ces pointes saisonnières à défaut d’arriver à les juguler.

papi12

C’est du gaz, de l’hydro ou de la biomasse qu’il faut pour ces pointes saisonnières à défaut d’arriver à les juguler Et aussi économiser l’énergie (isoler les bâti, réguler, augmenter les performances des équipements) et gérer les pointes d’appel du réseau comme le font déjà la Bretagne et le Sud-Est… @solaar : je ne pensais pas qu’il était nécessaire d’utiliser la puissance de 3 réacteurs pour enrichir le combustible pour Georges Besse 1, quelle puissance est nécessaire pour Georges Besse 2 ? On passerait de 900 x3 à 50 fois moins = 54 MW ? Je conseillerais modestement à Areva à renégocier son contrat avec son fournisseur…

Bachoubouzouc

“Il va surtout falloir trouver des clients pour ces surplus (l’Allemagne? L’Italie?)” Je pense que cela ne sera vraiment pas un problème, surtout vu comment les prix de l’électricité évoluent en Allemagne, en Italie et en Espagne. Par ailleurs la Suisse ne se gênera sans doute pas pour remplir ses STEP avec. L’augmentation des capacités d’interconnection aux frontières par RTE sera une bonne chose pour cela aussi.

Bachoubouzouc

“On passerait de 900 x3 à 50 fois moins = 54 MW ? Je conseillerais modestement à Areva à renégocier son contrat avec son fournisseur…” Au contraire, c’est EDF qui pousse pour renegocier le contrat et Areva freine des quatre fers. Pensez donc : Eurodif était le plus gros client privé de France, consommant 2,7GW à longueur d’année. Ils achetaient sans doute le MWh le moins cher de la planète, et maintenant ils redeviennent un client “classique”. Va leur falloir payer l’électricité au même prix que les autres.

Tricastin

Pourquoi ne pas en profiter pour supprimer dès maintenant les 3 ou 4 réacteurs les plus dangereux, à choisir dans les 19 qui ont déjà plus de 30 ans. Durée de vie pour laquelle ils ont été conçus avec les technologies de l’époque. Et les cuves, cela s’use (flux neutronique) et ne se remplace pas.

Dan1

Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que ces 4 réacteurs sont les plus dangereux ? Vous êtes de l’ASN ?

Dan1

Si l’âge était le seul critère de dangerosité, je proposerai de supprimer tous les retraités, ce qui ferait d’une pierre deux coups : plus de danger, plus de problème de retraite !

Dan1

Comme je l’ai souvent évoqué, la production d’électricité qui ne sera plus consommée par l’enrichissement (environ 15 TWh/an) pourrait être utilisée pour alimenter 5 à 6 millions de véhicules automobiles électriques. La perspective de supprimer 5 millions de pots d’échappements en propulsant les voitures à partir d’une électricité indigène non carbonée devrait faire réfléchir les plus dogmatiques. Mais sinon, on peut continuer au pétrole !

Bachoubouzouc

“Pourquoi ne pas en profiter pour supprimer dès maintenant les 3 ou 4 réacteurs les plus dangereux, à choisir dans les 19 qui ont déjà plus de 30 ans.” Ce n’est pas parce que les écologistes et les journalistes prétendent que ce sont les réacteurs les plus dangereux qu’ils ont raison. Fort heureusement, la décision de fermeture revient en premier lieu à l’exploitant, et en second lieu aux experts de l’ASN et de l’IRSN. Ainsi par exemple les UNGG ont été fermées par EDF sans contrainte extérieure, car l’entreprise considérait qu’ils avaient fait leur temps. “Et les cuves, cela s’use (flux neutronique) et ne se remplace pas.” Oui mais avec l’expérience on constate que le vieillissement des cuves n’est pour l’instant vraiment pas un problème.

Bachoubouzouc

5 millions de véhicules thermiques évités, à coup de 15000km/an/véhicule à 8l/100km/véhicule, cela nous fait de l’ordre de 6 milliards de litres d’essence économisés par an. Non, définitivement la sortie du nucléaire est une priorité…

Oliv7431

Bonjour, je suis à la recherche d’un site où l’on pourrait suivre le taux de disponibilité des centrales nucléaires francaise (mois par mois si cela existe) Merci bien La voiture c est pas en la rendant électrique qu on règle les problèmes de congestion. Je rejions donc Cheyla: il faut avnt toute chose ré apprendre à moins consommer et de l’énergie et des transports indiviuels.

Tech

Puisque la source est là et disponible, commençons donc la transition hydrogène, 3 réacteurs qui (en attendant l’augmentation des ENR) pourraient produire de l’énergie stockable (hydrogène). stockée dans les pipes de Gaz, comprimée, liquéfié, hydrurée, et implantation d’ industries énergivores, cimenterie, metallurgie, chimie, …

Bachoubouzouc

@ Oliv7431 : Vous trouverez la production de chaque groupe de production (nucléaire comme thermique ou hydraulique) ici : Vous pouvez extraire les données sous excel et faire tous les calculs (approximatifs) de taux de charge ou de disponibilité que vous voulez. @ Chelya : En effet, si tous ces automobilistes choisissent de recharger leur voiture tous en même temps et tous en recharge rapide cela va poser problème. Sinon, ils rechargent leur voiture toute la nuit, ce qui sera la meilleure solution pour tout le monde (pour le réseau comme pour ces automobilistes, s’ils veulent maximiser la vie de leur batterie).

Dan1

C’est bizarre, quand on parle des 4 réacteurs 900 MW du Tricastin, ça pose un pose un problème de réseau, alors que quand on parle des 30 GW d’éolien Allemand ça va tout seul. Evidemment, ces réacteurs apporteront et apportent déjà leur contribution à l’équilibre du réseau (l’usine ne tournait pas à fond tout le temps). Donc, les 15 TWh supplémentaires sont une quantité d’énergie en moyenne disponibles sur l’année. Si, on pouvait avoir 5 millions de véhicules électriques (c’est pas demain), ils seraient bien évidemment alimentés par le réseau… comme le reste des usages. Pour la recharge des véhicules électriques, il faut trouver la solution la plus intelligente pour lisser la demande un maximum de charge lente la nuit et le minimum de charge rapide aux heures de pointes. Pour 5 millions de véhicules petit et moyen circulant majoriatirement en périphérie des villes, ça me paraît jouable.

gcb

“30 ans, durée de vie pour laquelle ils ont été conçus avec les technologies de l’époque” Attention aux raccourcis. Les voitures individuelles, par exemple, sont prévues pour rouler 10 ans, après quoi certains composants clefs ne sont plus garantis. Est-ce à dire qu’il faut mettre en casse tout véhicule qui atteint sa durée de vie projetée ?

Dan1

Rappelons que dans les années 70, Dominique Finon calculait le coût du kWh nucléaire à partir d’une durée de vie des réacteurs estimée à 20 ans : Maintenant, on sait qu’avec un bon entretien, des travaux de jouvence et un suivi rigoureux, la durée de vie des réacteurs pourrait aller jusqu’à 60 ans ou plus. Je trouve antiécologique de vouloir mettre à la casse quelque chose qui fonctionne encore bien. Nous ne somme plus à l’ère des gaspillages, il faut faire durer nos outils de production s’ils sont performants.

Sicetaitsimple

A ma connaissance, mais je n’ai pas la source en tête, la consommation moyenne d’Eurodif était plutôt de l’ordre d’un réacteur équivalent, au moins sur ces quelques dernières années.

Dan1

Je vais “enrichir” la discussion sur EURODIF : A la page 21, on voit les consommations d’AREVA/EURODIF pour la France et l’export. En 2008, EURODIF a consommé 12,7 TWh dont 10 pour l’export En 2009 et 2010, c’est 13,8 TWh En 2011, c’est 7 TWh En 2012, prévu 5,7 TWh En 2013 et 2014 prévision de 0,4 TWh On notera donc que les 4 réacteurs de Tricastin ne fonctionnait bien évidemment pas à 100 % pour EURODIF et contribuaient déjà à l’équilibre du réseau. En effet, les productions cumulés des 4 réacteurs sont les suivantes : 2008 = 23,9 TWh (53% pour Eurodif) 2009 = 23 TWh (60% pour Eurodif) 2010 = 25,7 TWh (54% pour Eurodif) 2011 = 22,6 TWh (31% pour Eurodif) Pour 2012… trop tôt pour conclure Conclusion EDF perd un client de poids, mais ne devrait pas avoir trop de mal à trouver preneur pour acheter tous ces milliards de kWh à un prix probablement nettement supérieur.

Sicetaitsimple

J’étais en dessous pour 2009/10 (1, 4 plutot que 1), au-dessus pour 2011 et bien sûr sur 2012..Disons pour résumer que ce ne sont pas 3 réacteurs qui deviennent disponibles du jour au lendemain, et qui donc deviennent inutiles et devraient etre fermés.

einstein30

evidemment ,le retour sur le reseau de 3×900 mw permettrait d’avoir un eccedent ,mais ce n’est pas le cas ; d’abord ces 3 tranches son soumises a un arret programme tous les 12/18 mois ,ce qui permet d’equilibrer le reseau ; il faut savoir que le flux tendu n’est pas uniquement l’hiver mais aussi l’ete a cause de la “clim” de plus en plus consommatrice en particulier dans les regions meridionnales ;ce qui n’empeche pas les ventes a l’etranger ou l’achat en periode creuse en periode de non production pour cause d’arret pour “rechargement”

Enpassant

comme le dit bachoubouzouc il va falloir trouver des clients pour cette electricite… car si le probleme majeur des ENR c est leur intermittence le probleme du nucleaire c est exactement l inverse : on n’arrete pas un reacteur comme une eolienne…. bref, en plus d’être dangereux et pas compétitif (voir a ce sujet l article sur le cout de l electricite industrielle en Allemagne) c’est du grand gaspillage : on produit sans savoir quoi en faire

Bachoubouzouc

“comme le dit bachoubouzouc il va falloir trouver des clients pour cette electricite…” La France, le seul pays au monde où on se plaint d’avoir de l’électricité pas chère et décarbonnée à revendre… “bref, en plus d’être dangereux et pas compétitif (voir a ce sujet l article sur le cout de l electricite industrielle en Allemagne)” La discussion sur cette article concluait justement que le nucléaire était sûr (jusqu’à preuve du contraire que vous avez été incapable de produire, tout comme tous les écologistes avant vous) et peu cher (là aussi, vous aviez bien du mal à prouver le contraire puisque les chiffres sont établis et connus).

Enpassant

probablement n avez vous pas le temps de lire en profondeur tous les articles que vous citez car vous auriez pu lire que l electricite industrielle allemande est LARGEMENT aussi competitive que la française d’origine atomique (et pas “bon marché” comme vous voudriez nous le faire croire). de plus on pourra peut etre un jour confirmer ou infirmer que nous avons de l electricite pas chère, mais pour cela il faudra enfin comprendre le prix de revient ce que meme la cour des comptes n a pas encore reussi à faire….. ensuite les ENR sont largement plus decarbonnees que le nucleaire et quant à la surete des centrales atomiques il suffit de regarder TMI, Tchernobyl ou Fukushima pour verifier qu il n y a pas de risques… (jusqu a preuve du contraire bien sur et la prochaine catastrophe).

Bachoubouzouc

“probablement n avez vous pas le temps de lire en profondeur tous les articles que vous citez car vous auriez pu lire que l electricite industrielle allemande est LARGEMENT aussi competitive que la française d’origine atomique (et pas “bon marché” comme vous voudriez nous le faire croire).” Je l’ai très bien lu puisque j’ai moi aussi beaucoup commenté cet article. Rappel des faits : vous aviez posté quelques commentaires où vous exposiez vos doutes (sans le moindre chiffre) et Dan1 les a démontés point par point (). Pour en revenir à votre “electricite industrielle allemande (…) LARGEMENT aussi competitive que la française d’origine atomique”, il n’y a qu’à resortir les chiffres de l’article en question : ../UserFiles/Image/breve14035c.jpg Les chiffres, qu’ils soient avec ou sans taxes, parlent d’eux même… “mais pour cela il faudra enfin comprendre le prix de revient ce que meme la cour des comptes n a pas encore reussi à faire…..” Ah bon elle n’a pas réussi ? Vous pouvez le prouver ? “ensuite les ENR sont largement plus decarbonnees que le nucleaire” C’est faux : Je vous vois déjà critiquer l’auteur de cet article comme étant partial (Sauvons le climat, etc), ne vous fatiguez donc pas et essayez plutôt de contre-argumenter son calcul, si vous y arrivez.* “quant à la surete des centrales atomiques il suffit de regarder TMI, Tchernobyl ou Fukushima pour verifier qu il n y a pas de risques…” Si on suit ce genre de raisonnement bien démago, alors plus rien n’est sûr : les avions ne sont pas sûrs puisqu’il y a toujours un ou deux charters mal entretenus pour s’écraser, les voitures je ne vous en parle pas, l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique pareil…

Bachoubouzouc

Le tableau qui n’est pas passé : ../../UserFiles/Image/breve14035c.jpg

Bachoubouzouc
Dan1

Quels que soit les aboiements de certains, il reste que l’électricité nucléaire va trouver preneur. Il suffit de regarder les enchères. D’ailleurs l’ARENH fait le bonheur des revendeurs d’électricité (des traders) qui n’assument aucun risque lié à la production. Mais pour eux le MWh à 42 Euros c’était encore trop cher et ils estimait qu’EDF ne devait pas le vendre au-dessus de 35 Euros.

Dan1

C’est encore une vache sacrée des antinucléaires. Sauf que personne n’a réussi à démontrer que le nucléaire avait conduit la France à surconsommer l’électricité, même en le criant très fort. Evidemment c’est très différent au pays d’Eva Joly qui consomme 3,5 fois plus d’électricité que nous per capita et a 80% de chauffage électrique.

Solaar

Vous avez raison, sauf peut-être sur la partie hivernale ou nos consommations sont passablement plus élevées que le reste de l’année. Sans doute en partie à cause du chauffage électrique, même si celui-ci ne peut être tenu pour seul responsable. Pour le pays de Mme Joly, la Norvège si je ne m’abuse, vous oubliez un point fondamental qui concerne la différence de climat et d’ensoleillement ainsi que la dispersion de l’habitat. Ils induisent davantage de consommation du fait du climat et d’un besoin très fort en éclairage ainsi qu’un réseau moins performant car un ratio distance/lieux de consomations bien plus fort chez eux. Le fait qu’ils aient 80% de chauffage électrique, soit le double de notre taux de pénétration, implique par contre une très forte consommation hivernale, bien plus forte que la notre en hiver par habitant. Disposez-vous de données comparatives basées sur ces constatations? Je serai curieux de savoir s’ils ont au final un habitat plus économes, à données comparables, que le notre. J’ai comme l’impression que même avec ces corrections ils ne sont pas forcement plus vertueux.

Dan1

Pour le match France-Norvège, vous avez la réponse ici : Donc si le climat est en moyenne 2,3 fois plus rude au pays d’Eva Joly, la consommation d’électricité per capita dans le résidentiel est elle aussi très très rude ! Je reprends la synthèse : “En 2008, pour 4,8 millions d’habitants, la consommation du secteur résidentiel était de 36,5 TWh, soit 7,6 TWh par million d’habitants ou encore 7 600 kWh par habitant. En France, pays honteusement nucléarisé et mondialement célèbre pour son addiction à l’électricité, la consommation résidentielle était d’environ 150 TWh pour 65 millions d’habitants soit 2,3 TWh par millions d’habitant ou 2 300 kWh par habitant.”

Solaar

Merci pour ces infos mais cela me semble partiel, si je reprends vos chiffres et que j’essaie d’en faire une comparaison approximative, en données corrigées du climat un Français avec un climat Norvégien consommerait 5,29TWh (2,3 fois plus), mais avec le double de foyers équipés de chauffage électrique : 70TWh sur les 150TWh soit 45% des besoins il consomme à équipement de chauffage identique : 7.6TWh soit exactement autant qu’une Norvégien. Si l’on ajoute la différence sur l’éclairage : 41TWh en France : il y a très grossièrement 50% de “luminosité” en moins en Norvège. Il faudrait donc 20TWh de plus pour avoir le même confort en France : on arrive à 8,6TWh pour un français. Enfin le point lié au réseau et aux pertes pour un pays qui fait 385 000km² pour 4,8millions d’habitants quand la France fait 550 000km² pour 65 millions d’habitants : le réseau Norvégien est donc surdimensionné comparé au notre pour un même service rendu et induit des pertes plus importantes. celes-ci sont de 20TWh en France, on peut sans doute avec un territoire comparable à celui des Norvégiens les multiplier par 2 : soit 20TWh de plus et on arrive donc à 9,7TWh pour un français comparé à un norvégien. Si je reprend ces éléments partiels et approximatifs, il apparaît qu’un Norvégien, à données comparables, consomme sans doute autant voire un peu moins qu’un français. Désolé pour ce calcul du coin de table, mais il y a là une idée intéressante à creuser sur notre système de production/consommation français qui semble être moins performant que celui de certains de nos voisins.

Dan1

Les extrapolations et comparaisons entre réseau norvégiens et français est assez scabreuse, car la répartition géographique de la population est très différente. Il faut aussi regarder les l’emplacement des sources de production pour apprécier les pertes probables. Les statistiques de 2008 indiquent que sur 128,8 TWh consommés, la Norvège a perdu 10,5 TWh dans le réseau, soit 8,15%. C’est donc un peu plus qu’en France par rapport au total transport + distribution qui est légèrement supérieur à 30 TWh ou 6,5%. On peut extrapoler autant que l’on veut mais le plus simple reste encore d’admettre que les Norvégiens sont de très gros consommateurs d’électricité, y compris à cause du chauffage électrique dans le résidentiel…. et que cela ne dérange personne.

Sicetaisimple

Arretons de tourner autour du pot: bien sûr le Novégien moyen, toutes choses égales par ailleurs, doit être plus consommateur d’énergie (pas seulement d’électricité) du fait du climat et de l’ensoleillement. Il se trouve qu’ils ont plein d’hydraulique et que donc ils se chauffent majoritairement à l’électricité, et que je n’ai jamais vu quelqu’un ici dénoncer un scandale (à part Dan1 et moi-même..,sur un ton disons ironique) Par contre, qu’un francais se chauffe à l’électricité déclenche immédiatement ( vous êtes nouveau mais vous pouvez faire quelques recherches sur Enerzine) une avalanche de commentaires indignés, tout simplement parce que l’électricité en France, c’est majoritairement le grand satan nucléaire. Mâme les pouvoirs publics ou leurs représentants ( Ademe, voire RTE), arrivent dans certains cas à alimenter la polémique en sortant des études très contestables sur les émissions de CO2 du chauffage….En oubliant bien sûr tout le reste, notamment la baisse des émissions de CO2 liées aux exportations de “nucléaire” francais. Sur le problème spécifique des pertes, ce serait effectivement interessant d’avoir une étude comparative à l’échelle européenne, parce que là aussi il se raconte à mon avis beaucoup de blagues ( on en a déjà parlé sur l’exemple du Danemark). Si quelqu’un a un lien vers une étude sérieuse, pas un communiqué de presse….

Solaar

Merci sur ces informations, en particulier sur les pertes réseau où je n’étais pas du tout à jour et ou mes extrapolations étaient fausses. Les Norvégiens consomment beaucoup d’électricité du fait d’un chauffage électrique très massivement utilisé et de conditions climatiques rudes. Les comparaisons dont vous vous faites l’écho sur l’hydraulique et le nucléaire m’inspirent deux commentaires : – ces deux énergies sont très bon marché et n’incitent pas forcement à l’économie de leur usage – le nucléaire et le grand hydraulique sont très difficiles à faire accepter socialement (risque, déchets, inondation de vallées) mais l’hydraulique bénéficie d’une image plus douce en raison de son caractère renouvelable et de l’absence de déchets radioactifs. Raisonnable ou pas, cette différence existe et explique certainement le rejet plus fort du nucléaire.

Dan1

“ces deux énergies sont très bon marché et n’incitent pas forcement à l’économie de leur usage” Et ben non justement, une analyse sommaire des faits montre que les électricités hydraulique et nucléaire n’ont jamais été des énergies bon marché qui incitaient à la gabegie, même en France. Une bonne et simple raison est que le consommateur ne paye pas un moyen de production en particulier, mais un mix électrique produit, transporté et distribué puis taxé (y compris la CSPE) qui au final revient cher au kWh par rapport à d’autre énergies, notamment le pétrole et le gaz. Là, où l’électricité est en compétition avec les combustibles fossiles, par exemple le chauffage, le rapport en prix de kWh est très défavorable à l’électricité, fût-elle peu chère à produire. le rapport a souvent été supérieur à 3 pendant les trentes dernières années : La gabegie d’électricité supposée des Français à cause du nucléaire est donc bien un mensonge savamment entretenu par ceux qui y ont intérêt, c’est à dire les gaziers et les antinucléaires qui sont deux des protagonistes de la guerre des trois évoquée par nos parlementaires.

Dan1

“le nucléaire et le grand hydraulique sont très difficiles à faire accepter socialement (risque, déchets, inondation de vallées)….” Ce qu’il faut surtout constater c’est que le nucléaire a été diabolisé à outrance, quand d’autres filières vivaient paisibles à l’ombre des “débats-combats” passionnels. Au final 3 000 ou 5 000 m3 de déchets HA-VL font 1000 fois (je suis faible) plus de bruit que des milliards de tonnes de CO2 et autres polluants rejetés sans contrôle dans l’atmospère poubelle. Si les citoyens étaient rationnels et correctement informés, ils auraient une autre vision du problème des déchets et un autre point de vue sur l’acceptabilité sociale.

Solaar

Il me semble que vous faites une fixation particulière sur la situation franco-française, les problématiques CO2 sont peut-être sous-estimées en France au regard du battage médiatique fait sur le nucléaire mais c’est loin d’être le cas dans le monde entier. Il existe bien un GIEC et il n’y a pas d’équivalent, avec un tel consensus, sur le nucléaire. Pour revenir à la “gabegie”, vous seul utilisez ce mot, j’ai juste indiqué que le fait que nous disposions d’énergie en abondance et à un des prix les plus bas d’europe en France comme en Norvège ne conduit pas forcement à de grands efforts d’économies. Loin de moi l’idée que la France gaspillerait sans retenue son électricité par la faute d’un nucléaire pas cher. C’est au contraire un atout, mais il serait judicieux d’augmenter progressivement et rapidement ce prix avec une taxe utilisée à 100% pour améliorer notre efficacité énergétique plutôt que d’attendre une montée des prix “naturelle” et inexorable sans prendre les devants sur cette efficacité énergétique. Sur la “peur” du nucléaire, malheureusement nous n’avons pas le choix, il s’agit d’un processus très complexe pour au final faire bouillir de l’eau et la compréhension du citoyen moyen sur tous cette technologie ne peut pas être parfaite. Il faut, comme pour l’avion qui provoque des peurs irrationnelles, déléguer sa confiance au technicien, avec tous les fantasmes que cela implique. D’autre part l’imaginaire collectif lie le nucléaire à de mauvais souvenirs, à des peurs bien ancrées qui ont un lien avec la guerre froide. Les nouvelles générations ne sont plus concernées par ces peurs et l’image du nucléaire aurait dû s’améliorer. Malheureusement Tchernobyl et Fukushima ont “dégradé” cette possibilité et il est donc très complexe d’avoir un débat rationnel sur le nucléaire. Autre point, quelle est cette histoire de “guerre des trois” que vous évoquez?

Dan1

Vous n’avez pas beaucoup de recul sur Enerzine car vous affirmez que je suis seul à utiliser le terme de gabegie. Non, non, depuis 2008 beaucoup d’autres avant moi l’ont utilisé pour affirmer l’indémontrable : le programme nucléaire français aurait favorisé une gabegie dans la consommation d’électricité. J’ai juste démontré maintes fois que c’était un mensonge et une vache sacrée des antinucléaires. La guerre des trois : Taper cette expression dans la rubrique “recherche”, Enerzine vous dira le reste. Pour commencer je vais vous aider un peu : Je reprends l’essentiel : LA « GUERRE DES TROIS » Il est frappant de constater combien la réglementation thermique est un champ d’affrontement des filières énergétiques : EDF et l’électricité, d’un côté, GDF-Suez et le gaz de l’autre. Ces deux champions disposent d’aides de camp à visage découvert : « Promotelec » pour l’électricité, « Energie et Avenir » ou l’AFG (Association française du gaz) pour le gaz ; mais aussi d’auxiliaires qui se sont manifestés pour être auditionnés, tout en conservant leur étendard dans leur poche. Tous ces acteurs sont rôdés aux pratiques du lobbying, payent des cabinets spécialisés pour les assister, ont eu soin de placer à leur tête des dirigeants venus des arcanes du pouvoir, et connaissant bien les relais clefs et les arguments efficaces : cette situation est presque un cas d’école pour la théorie économique de la « recherche de rente », qui met en évidence l’intérêt objectif, pour les entreprises, dans certains cas, d’investir dans une action de communication visant à obtenir une situation réglementaire favorable, plutôt que de faire jouer uniquement leurs atouts sur le marché. En l’occurrence, la saisine de l’OPECST fournit en elle-même un indice du niveau atteint par l’intensité des pressions exercées. Les deux commissions des Affaires économiques du Parlement, celle du Sénat, à l’origine de l’amendement définissant la mission de l’OPECST, et celle de l’Assemblée nationale, qui a demandé une saisine anticipée, ont jugé plus sage de confier la réflexion sur la modulation de la réglementation thermique à un troisième organe parlementaireChaque acteur proteste de sa bonne foi en mettant en avant sa dimension multi-énergies ; chacun présente des tableaux de calcul réglementaire qui appuient sa thèse, pour ou contre telle ou telle forme de modulation, de manière imparable : il était vraiment indispensable de prendre le temps de resituer la question dans son contexte global, d’aller rencontrer des professionnels sur place, de visiter les principaux sites de référence à l’étranger, pour se constituer une opinion sereine au bénéfice de l’intérêt général. Néanmoins, il convient d’observer que ce jeu d’affrontement ne met pas face à face seulement deux camps, mais trois ; il s’agit bien en effet d’une « guerre des Trois », car certains courants écologistes s’introduisent dans le débat pour manifester indirectement leur hostilité à l’énergie nucléaire, en souhaitant que la nouvelle réglementation thermique bride la part de l’électricité dans la consommation énergétique des bâtiments, quitte à ce que l’espace ainsi libéré pour d’autres énergies soit approprié par le gaz, et non pas nécessairement par des énergies renouvelables. Le paradoxe d’une posture qui favorise ainsi une énergie qui est manifestement, en France, plus émettrice de gaz à effet de serre que l’électricité, est résolu en poussant la thèse du contenu marginal en carbone de l’électricité, thèse qui renvoie à un autre débat théologique, analysé ci-après. Tous les courants écologistes ne sont pas sur cette ligne, puisque les rapporteurs sont allés visiter, à Houilles, dans les Yvelines, le 7 juillet 2009, la « maison écologique » de M. Bruno Comby, qui a créé « l’Association des écologistes pour le nucléaire ». M. Bruno Comby a construit un bâtiment maximisant les économies d’énergie et les apports naturels, et utilisant un faible complément d’électricité pour la pompe à chaleur et l’échangeur double flux. Sa maison atteint ainsi une performance de 13kWh par mètre carré et par an, en deçà des exigences fixées pour les Passivhaus. Par rapport à une maison standard chauffée au gaz et conforme à la norme RT 2005, la consommation d’énergie est réduite d’un facteur 20 et les émissions de CO2 d’un facteur environ 200. Pour ce qui les concerne, les rapporteurs sont convaincus de la nécessité d’aller de l’avant, autant que faire se peut, dans les économies d’énergie et le recours aux énergies renouvelables, et souhaitent que le choix de l’utilisation des énergies classiques (électricité, gaz, voire fioul) soit piloté exclusivement par une logique d’optimisation de la solution en fonction de la situation particulière du bâtiment, notamment au regard de la disponibilité de l’accès aux circuits de distribution. Ainsi, en dépit de sa contribution indiscutable à l’effet de serre, le recours au gaz, en France, présente un véritable intérêt sous trois aspects : – d’abord, le réseau de distribution du gaz, qui couvre environ 75% de la population, soit 45 millions d’habitants, 11 millions de ménages, et moins de 10 000 communes, est le résultat d’un effort de plusieurs décennies après la création de Gaz de France en 1946 ; Gaz de France a en outre construit les deux terminaux méthaniers de Fos-sur-Mer et Montoir-de-Bretagne amenant le gaz naturel liquéfié (GNL) ; l’accès au gaz a été ainsi une conquête nationale, c’est un investissement historique de la collectivité qu’il serait dommage de ne pas utiliser pleinement aujourd’hui ; – ensuite, le gaz est une source d’énergie qui se stocke, procurant une sécurité d’approvisionnement, surtout pour l’hiver ; la France dispose ainsi d’une capacité de stockage souterrain équivalente à 28% de sa consommation annuelle, alors que celle de l’Allemagne ne représente que 22% et l’Italie 18% ; l’accès au GNL contribue également à la sécurité d’approvisionnement, et GDF-Suez en est le premier importateur en Europe avec une flotte de 15 méthaniers en exploitation, et 3 en construction ; – enfin, le réseau de transport et de distribution du gaz conservera son importance stratégique au-delà de la disparition inéluctable du gaz fossile,puisque celui-ci pourra être relayé par le biogaz, ou par un mélange comportant de l’hydrogène. Le biogaz, énergie renouvelable sans contribution à l’effet de serre, peut s’obtenir par méthanisation des déchets ou par gazéification de la biomasse. En Allemagne, depuis décembre 2006, des opérateurs alimentent le réseau de distribution en biogaz. En France, l’AFSSET a rendu, en octobre 2008, un avis favorable pour l’injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel. GDF-Suez s’intéresse au gaz renouvelable, puisqu’il contribue notamment au projet Gaya de gazéification de la biomasse, qui vise à produire du « méthane vert ». Vos rapporteurs ont néanmoins été surpris de constater que l’argument de ce relais potentiel assuré par le biogaz, pourtant très convaincant pour toute personne consciente des contraintes de l’avenir, n’a pas été mis en avant par les responsables de GDF-Suez auditionnés. C’est peut-être le sentiment qu’il s’agit, en France, d’un dossier au trop long cours, qui incite à ne pas trop y mettre le nez.”

Sicetaitsimple

“il serait judicieux d’augmenter progressivement et rapidement ce prix (de ‘electricité) par une taxe utilisée…..”. Quitte à taxer, et compte-tenu de la part somme toute assez faible de l’électricité dans la consommation d’énergie finale même en France ( je vais laisser Dan1 compléter, il a tous les liens qui vont bien…), ne pensez vous pas qu’il serait moins bête, si la taxe est la bonne solution, de taxer ( encore plus, elles le sont déjà) des energies fossiles totalement importées?

Solaar

Vous montez rapidement dans les tours sur ce sujet. Je ne parlais pas des autres mais de nous deux, vous avez parlé de gabegie vous seul dans notre discussion. Merci pour votre éclairage sur la “guerre de trois”, il est amusant que l’article parle de Bruno Comby que je situe très bien, dans le genre urluberlu maître à penser de l’urinologie (cuisiner son urine pour se soigner). Il faut de tout pour faire un monde ! @Sicetaitsimple : l’un n’empêche pas l’autre ! Et il est bon de constituer des réserves pour préparer le remplacement des réacteurs qui vont arriver en fin de vie presque tous au même moment. De plus tout euro taxé sur l’électricité et investi dans l’isolation des logements les plus énergivores va dans le sens d’un soutien au pouvoir d’achat des plus démunis, souvent frappés par la double peine : pas d’argent/logement pourri.

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