Carbone suie, entre enjeux sanitaires et réchauffement climatique

Spécialiste en matière de pollution atmosphérique, le CITEPA* a dressé l’état des connaissances sur le carbone suie (ou black carbon) et souhaite par conséquent interpeller les décideurs sur le risque sanitaire et climatique de ce polluant.

Ce polluant est un forceur climatique à courte durée de vie (plus connu en anglais sous le terme SL CF ( Short – Lived Climate Forcers ). Selon certaines hypothèses, il pourrait être un acteur du changement climatique à court terme, de par ses propriétés absorbantes du rayonnement solaire et son dépôt à la surface des glaciers et de la banquise, mais affecterait aussi la santé humaine. Ainsi, ce polluant conduirait, selon une équipe de recherche internationale menée par l’Institut Goddard des Etudes Spatiales au sein de la NASA (**) américaine, à une estimation de 179.000 à 3 millions de décès prématurés à l’horizon 2030.

Le 4 mai 2012, l’Organe exécutif de la Convention d e Genève sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance a adopté des amendements au Protocole de Göteborg relatif à la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique (1999). Le texte intègre notamment des ré férences au carbone suie . Il établit un lien avec le changement climatique, en incluant ce forceur climatique à courte durée de vie en tant que composant des particules fines (PM 2,5). Le Protocole révisé ne fixe pas d’objectifs de réduction des émissions d e carbone suie mais formule des recommandations, notamment pour cibler les sources émettrices et élaborer des inventaires d’émission .

Un ensemble de composants encore mal connus et à gros enjeux.

Emis depuis que l’homme maîtrise le feu, le carbone suie est une composante des particules avec un pouvoir de réchauffement alors que d’autres composantes de ces mêmes particules ont un pouvoir re froidissant. La durée de vie de ces particules dans l’atmosphère est de l’ordre de 3 à 8 jours.

Contrairement au CO2 qui est un gaz à effet de serre à longue durée de vie, le carbone suie aurait un impact immédiat sur le réchauffement de l’atmosphère et contribuerait également à la détérioration de la qualité de l’air local.

En 2010, les émissions de carbone suie dans l’UE- 27 sont estimées à 310 kt, se situant en baisse de 25% par rapport à 1990 (387,5 kt). Les deux secteurs émetteurs prépondérants dans l’Union sont le résidentiel et le transport routier (***). Au niveau global, d’autres sources sont prépondérantes telles que les feux de forêts et la combustion dans les activités domestiques (telle que la cuisson).

Le CITEPA participe aujourd’hui activement au groupe de travail EGTEI ( Expert Group on Techno Economic Issues ) de la CEE – NU (Commission Economique pour l’Europe, des Nations Unies) et aux travaux de révision du Protocole de Göteborg, trait ant en particulier de la réduction des émissions de carbone suie.


(*) Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique
(**) Administration Nationale de l’Aéronautique et de l’Espace
(***) Source : IIASA, 2012

Partagez l'article

 



Articles connexes

Poster un Commentaire

1 Commentaire sur "Carbone suie, entre enjeux sanitaires et réchauffement climatique"

Me notifier des
avatar
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
Pastilleverte
Invité

vive le diesel, moins émissif de CO2, because plus économe en carburants, mais honte au Diesel, émetteur de suie, vrai polluant, et qui plus est potentiellement facteur aggravant des changements climatiques néfastes. comme quoi le “CO2 responsable de tous nos maux”, se confirme de jour en jour comme une mantra avec quelques fondements et beaucoup d’exagération et de c… (scientifiques, bien sur !)

wpDiscuz