Trois poids lourds de l’agroalimentaire, des arômes et de l’emballage ont annoncé une opération peu ordinaire sur le marché européen de l’énergie. PepsiCo, Givaudan et Smurfit WestRock se sont associés pour signer avec le norvégien Statkraft un contrat d’achat virtuel d’électricité (VPPA) d’une durée de dix ans, adossé à un parc éolien en cours de repowering en Espagne. L’accord devrait permettre d’éviter environ 32 000 tonnes d’émissions de CO₂ chaque année.
L’opération marque la création du premier groupe européen dans le cadre du programme pep+ REnew de PepsiCo. Il s’agit du deuxième VPPA en cohorte finalisé à l’échelle mondiale depuis le lancement du programme en 2022 avec Schneider Electric. PepsiCo a joué le rôle d’acheteur principal, en agrégeant la demande avec deux de ses fournisseurs stratégiques pour décrocher des conditions commerciales habituellement réservées aux acheteurs de grande envergure.
Quand l’agrégation de la demande change la donne
Le programme pep+ REnew, qui soutient désormais plus de 250 entreprises en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et en Asie-Pacifique, a été conçu pour aider les fournisseurs, les fabricants et les embouteilleurs de la chaîne de valeur de PepsiCo à opérer leur transition vers l’électricité renouvelable. En regroupant la demande de plusieurs acheteurs, le dispositif permet à des participants de taille modeste d’accéder à des contrats d’énergie renouvelable de long terme auxquels ils n’auraient pu prétendre seuls.
« L’accord avec Statkraft constitue une nouvelle étape dans notre démarche visant à réduire les émissions, non seulement au sein de nos propres activités, mais aussi dans l’ensemble de notre chaîne de valeur« , a déclaré Archana Jagannathan, directrice du développement durable de PepsiCo pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.
Le parc éolien concerné bénéficiera d’un repowering, autrement dit le remplacement des anciennes turbines par des modèles plus performants, tout en réutilisant l’infrastructure réseau existante, notamment les postes de transformation et les points de raccordement. Statkraft a récemment achevé la première phase d’un projet similaire en Navarre, où 44 turbines vieillissantes ont cédé la place à 10 machines modernes sur le site de Montes de Cierzo.
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Des trajectoires climatiques mises en convergence
Le VPPA fait progresser les engagements climatiques de chaque signataire. PepsiCo a actualisé ses objectifs pour 2030 en prenant 2022 comme année de référence, avec une cible de réduction de 42 % des émissions de Scope 3 liées à l’énergie et à l’industrie, et de 30 % pour les émissions relevant des forêts, des terres et de l’agriculture. La trajectoire, validée par la Science Based Targets initiative, s’inscrit dans une perspective de neutralité carbone à l’horizon 2050 ou avant.
De son côté, Givaudan, qui a déjà atteint l’objectif RE100 d’approvisionnement en électricité 100 % renouvelable en 2024, poursuit l’ambition d’une neutralité carbone sur l’ensemble de sa chaîne de valeur d’ici 2045. Quant à Smurfit WestRock, première entreprise d’emballage cotée au monde par chiffre d’affaires depuis la fusion de Smurfit Kappa et WestRock en 2024, le groupe s’est également doté d’objectifs de réduction des émissions fondés sur la science.
« En unissant nos forces sur l’électricité renouvelable de cette manière, nous traduisons des ambitions communes en actions climatiques concrètes« , a souligné Willem Mutsaerts, directeur mondial des achats et du développement durable chez Givaudan.
L’Espagne, terreau favorable aux énergies renouvelables
Ce projet constitue le deuxième contrat d’achat d’électricité de PepsiCo en Espagne. Un premier accord, conclu avec Iberdrola et entré en vigueur en 2023, permet déjà d’approvisionner 11 sites du groupe dans la péninsule Ibérique avec une électricité entièrement renouvelable. L’Espagne a abordé l’année 2026 avec plus de 56 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique, portées par une capacité installée dépassant les 80 GW. Un socle solide pour de telles initiatives collaboratives, qui pourraient essaimer bien au-delà du seul secteur agroalimentaire.


















