Le groupe SPIE a engagé la rénovation complète des installations électriques et de contrôle-commande du bloc 4 de la centrale Staudinger, à Großkrotzenburg. Exploitée par Uniper et jugée indispensable à la stabilité du réseau allemand, l’infrastructure restera en service jusqu’en 2031.
Dans la vallée du Main, à quelques encablures de Francfort, la centrale Staudinger change de peau. Depuis 2024, les équipes de SPIE s’affairent au remplacement intégral des installations électriques et de contrôle-commande du bloc 4. Un chantier de grande ampleur, programmé pour s’achever en 2028, qui mobilise des kilomètres de câbles et des centaines de tonnes de matériaux.
Un maillon stratégique pour la stabilité du réseau
L’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a classé l’unité de production parmi les infrastructures indispensables à la sécurité d’approvisionnement électrique allemande. Sans de telles capacités pilotables, l’équilibre entre production et consommation resterait difficile à garantir, surtout dans une région aussi dense que le bassin Rhin-Main. La centrale poursuivra donc son exploitation jusqu’en 2031.
Située à Großkrotzenburg, dans le Land de Hesse, Staudinger figure parmi les sites de production les plus puissants de la zone. Son positionnement géographique lui confère un rôle de premier plan dans la stabilisation d’un tissu économique où se côtoient industries lourdes et infrastructures numériques en pleine expansion. La perspective d’accueillir des centres de données et des stockages par batteries renforce encore l’intérêt stratégique du lieu.
52 kilomètres de câbles et 180 tonnes de cuivre recyclé
Le périmètre confié à SPIE couvre le remplacement complet des postes de commutation basse tension. Les techniciens assurent l’installation, le raccordement puis le démontage des équipements électriques et des systèmes de contrôle. Tous les câbles basse et moyenne tension sont changés. Les jeux de barres côté basse tension des quatre transformateurs existants cèdent leur place à des liaisons par câbles.
Deux transformateurs de service voient leurs raccordements 10 kV intégralement remis à neuf, voire substitués. L’exploitation partielle du site pendant les travaux impose la pose de nouveaux chemins de câbles, parallèlement aux tracés historiques, afin de ne jamais interrompre les fonctions vitales de l’installation.
Tobias Ludwig, directeur de projet chez SPIE Germany Switzerland Austria, mesure l’ampleur de l’opération : « Avec le remplacement des câbles du réseau principal de distribution basse tension sur une distance d’environ 52 kilomètres et l’enlèvement de 180 tonnes de cuivre usagé, nous menons à bien un projet d’une grande complexité technique. »
Une première phase déjà livrée en 2024
Le groupe français n’intervient pas en terrain inconnu. L’an dernier, SPIE avait déjà participé au postéquipement du disjoncteur de couplage du générateur et au remplacement des convertisseurs de fréquence des pompes d’alimentation en eau. La première tranche avait nécessité le tirage et le raccordement d’environ 35 kilomètres de câbles de moyenne tension, basse tension et de commande.
Les deux campagnes successives traduisent la volonté d’Uniper, exploitant du site, de fiabiliser progressivement une infrastructure vieillissante sans recourir à un arrêt prolongé, qui priverait le réseau d’une capacité de production immédiatement mobilisable.
Préparer le terrain pour l’hydrogène
Au-delà de la sécurisation des équipements, la modernisation électrique prépare le terrain pour des investissements ultérieurs. Le site de Staudinger ambitionne de devenir un pôle énergétique diversifié, orienté vers les technologies à faibles émissions de dioxyde de carbone. Des turbines à gaz et à vapeur compatibles avec l’hydrogène sont à l’étude.
Peter Pfannenstiel, directeur de la division CityNetworks & Grids chez SPIE Germany Switzerland Austria, replace ces travaux dans une perspective plus large : « La modernisation de l’infrastructure électrique est une condition préalable à la poursuite du développement du site et à la transition progressive vers des technologies à faibles émissions de carbone. Elle jette les bases techniques des futurs projets liés à l’énergie et confère au réseau électrique une plus grande flexibilité. »

















