À l’approche du 1er janvier 2027, le diagnostic de performance énergétique (DPE) s’apprête à connaître une révision dont les effets pourraient redessiner la carte des passoires thermiques en France. Un arrêté publié fin août 2026 abaisse le coefficient de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7, un ajustement technique qui devrait mécaniquement améliorer l’étiquette de nombreux logements chauffés à l’électricité.
Dans le même temps, une mention A0 va faire son apparition sur certains DPE (bâtiments à émissions nulles) et les propriétaires pourront obtenir une attestation actualisée sans refaire de diagnostic. Derrière ces changements, ce sont des centaines de milliers de situations individuelles, de projets de vente et de stratégies de rénovation qui se trouvent potentiellement modifiés.
Un ajustement technique aux conséquences très concrètes
Le cœur de la révision tient en un chiffre avec le coefficient de conversion de l’électricité qui passe de 1,9 à 1,7. Ce paramètre pèse lourd dans la méthode de calcul du DPE. Il détermine la manière dont la consommation d’électricité d’un logement est convertie en énergie primaire, et donc la lettre finale affichée sur l’étiquette. En le réduisant, le gouvernement admet de facto que l’électricité, largement décarbonée en France, était jusqu’ici pénalisée par rapport à d’autres énergies.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Selon La nouvelle modification du DPE devrait faire sortir 300 000 logements du statut de passoire thermique. Des appartements et maisons classés F ou G pourraient gagner une classe sans qu’aucun travaux ne soit engagé. Pour les propriétaires concernés, cela ouvre concrètement la possibilité de remettre un bien en location, d’en améliorer la valeur de marché ou simplement d’échapper au calendrier d’interdiction progressive de location des passoires thermiques.
Une attestation gratuite pour éviter de refaire le diagnostic
L’une des craintes immédiates des propriétaires était de devoir repayer un diagnostic pour bénéficier de la nouvelle étiquette. Le ministère de l’Écologie et les services publics ont tenu à y répondre. Les DPE valides (méthode depuis juillet 2021) peuvent désormais recevoir une attestation gratuite mettant à jour la classe liée au coefficient 1,7.
L’attestation se télécharge sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), avec le numéro du DPE.
Cette décision évite un engorgement du marché du diagnostic immobilier.
Mention A0, énergies renouvelables et durée de vie du chauffage
La modification ne se limite pas au coefficient électrique. À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle mention « A0 » fera son apparition pour certains bâtiments à émissions nulles ou particulièrement sobres comme les biens (classes A / B) qui n’ont pas eu recours aux énergies fossiles.
Le DPE nouvelle mouture affichera également des informations inédites. Ainsi, l’énergie renouvelable produite sur place et, fait moins connu, une indication sur la durée de vie restante du chauffage et, le cas échéant, de la climatisation.
Quelles perspectives pour les propriétaires et le marché ?
À quelques mois de l’entrée en vigueur, l’attention se concentre sur les effets de bord. La sortie du statut de passoire thermique pour environ 300 000 résidences principales (classes F/G) dont ~125 000 dans le locatif privé, pourrait redonner de l’air à des propriétaires pris en étau entre les interdictions de location et des budgets de rénovation insuffisants. Elle pourrait aussi modifier la géographie des biens électriques, notamment dans les zones où le chauffage à l’électricité est dominant.
Améliorer une lettre sur le papier ne change pas la réalité physique d’un logement mal isolé ni le confort de ses occupants. L’évolution du DPE en 2027 doit donc se lire comme une correction méthodologique plus que comme une dispense de rénovation. Pour les professionnels de l’immobilier et les observateurs, l’enjeu des prochains mois consistera à mesurer précisément combien de logements gagnent une classe, et si ce mouvement suffit à fluidifier un marché locatif encore marqué par la tension sur les petites surfaces énergivores. Le diagnostic évolue ; la question du logement, elle, reste entière.
















