La simple évocation d’un métal lourd dans un produit aussi familier que les pâtes a de quoi couper l’appétit. Ce jeudi, la publication d’une enquête de 60 Millions de consommateurs a placé la marque Barilla au centre d’une vague d’interrogations. Les analyses montrent que la majorité des paquets testés contiennent des traces de cadmium, un contaminant toxique. Si les enseignes Rummo et Panzani sont également citées, c’est bien Barilla qui concentre l’attention, en particulier sur certaines références au blé complet.
« 36 spaghetti et penne testés : 80 % contiennent du cadmium » selon l’étude publiée par 60 Millions de consommateurs.
Le blé complet en première ligne
Dans le détail des résultats, les pâtes Barilla au blé complet occupent une place peu enviable. Les penne affichent une teneur de 0,066 mg/kg, et les spaghetti 0,071 mg/kg, des valeurs présentées comme les plus élevées du comparatif. À l’inverse, les spaghetti sans gluten de la même marque figurent parmi les références les moins chargées. C’est une réalité que les spécialistes connaissent bien. Toutes les gammes d’une même enseigne ne présentent pas le même profil de contamination.
Le cadmium, métal lourd présent naturellement dans les sols, a tendance à s’accumuler dans les enveloppes des céréales. Les pâtes complètes ou intégrales, qui conservent ces enveloppes, concentrent donc davantage le contaminant que les pâtes raffinées. C’est une information contre-intuitive pour de nombreux consommateurs, habitués à associer le blé complet à une alimentation plus saine.
Un contaminant sous surveillance
Le cadmium n’est pas un inconnu pour les autorités sanitaires. Ce métal lourd est surveillé de près en raison de sa toxicité, notamment en cas d’exposition chronique. Les céréales, et donc les pâtes, figurent parmi les aliments les plus contributeurs à l’apport alimentaire en cadmium. Les analyses publiées ce jeudi ne montrent pas de dépassement des seuils réglementaires, mais la simple présence quasi systématique de ce contaminant suffit à raviver les préoccupations.
Il serait toutefois trompeur de réduire le problème à une seule marque. Les données indiquent que la contamination est répandue sur l’ensemble du marché. La présence de métaux lourds se retrouve également dans les aliments de base, comme le pain, le chocolat ou les pâtes.
Faut-il vider ses placards ?
À ce stade, rien ne justifie un retrait massif des paquets concernés. Les teneurs mesurées restent sous la réglementation en vigueur. Mais l’enquête rappelle que l’exposition au cadmium est avant tout cumulative. C’est la répétition des apports, jour après jour, qui peut poser un risque à long terme. Les consommateurs soucieux de limiter cette exposition peuvent opter pour une diversification des marques et des types de pâtes, plutôt que de s’en remettre systématiquement au même produit.
Les pâtes complètes, souvent recommandées pour leurs fibres, sont aussi celles qui concentrent le plus de cadmium. Une raison de plus pour ne pas diaboliser un aliment unique, mais pour réfléchir à la variété de l’assiette dans son ensemble.
















