Avec la remontée des prix du gaz et de l’électricité, beaucoup de propriétaires redécouvrent leur cheminée… et son rendement décevant. Un foyer ouvert restitue souvent moins de 15 % de la chaleur produite, l’essentiel partant par le conduit. Un poêle à bois ou à granulés récent dépasse couramment les 75 %. Le calcul est vite fait. Reste une question qui freine de nombreux projets : que faire du conduit de cheminée existant ?
Le boisseau, un atout plutôt qu’un problème
Dans la grande majorité des maisons, le conduit est constitué de boisseaux : des blocs creux empilés du plafond jusqu’au toit, en terre cuite ou en béton. Les maisons plus anciennes ont souvent des conduits en briques, parfois en pierre.
Ce conduit a trois qualités qu’on oublie trop souvent : il fonctionne depuis des années, il occupe déjà une place dans la maison, et le conserver coûte bien moins cher que de le remplacer par un conduit rigide isolé neuf. Mais un poêle ne se raccorde pas directement sur un boisseau. La solution s’appelle le tubage.
Tuber, c’est glisser un conduit dans le conduit
Le principe : on insère un conduit flexible en inox sur toute la hauteur du boisseau, depuis le plafond ou l’arrière du poêle jusqu’à la sortie de toit. C’est ce flexible qui évacue désormais les fumées ; le boisseau devient une simple gaine de protection. La règle de base, fixée par le DTU 24.1 qui encadre ces travaux : le tubage doit être continu sur toute la hauteur. Un tubage partiel n’est pas conforme.
Deux conditions à vérifier avant tout
Le conduit doit être sain : étanche à l’air et à l’eau, sans fissure ni effritement. Dans le cas contraire, réparation obligatoire avant le tubage.
Les distances de sécurité doivent être respectées vis-à-vis des matériaux combustibles (charpente, solives, plancher bois, isolant). Pour un boisseau, l’extérieur du conduit doit se trouver à au moins 10 cm de tout combustible. Pour un conduit en briques, la distance est de 16 cm, diminuée de l’épaisseur de la maçonnerie. Les conduits en pierre, très hétérogènes, demandent une vérification au cas par cas.
Si ces distances ne sont pas respectées, le projet n’est pas condamné pour autant : on peut isoler le boisseau, ou installer un flexible isolé. Dans ce cas, la distance de sécurité tombe à 8 cm, mesurée depuis l’extérieur du conduit isolé, et non plus depuis le boisseau.
Le bon diamètre, une question de tirage
Le diamètre du flexible dépend d’abord de celui de la buse du poêle. En pratique, on pose souvent du 150 mm pour un poêle à bois et du 80 mm pour un poêle à granulés. Mais ce n’est pas une règle figée : ce qui compte, c’est le tirage. Selon la hauteur du conduit et la configuration de la maison, il faut parfois choisir un diamètre supérieur à celui de la buse. L’application gratuite Conduit Reno permet de faire un pré-dimensionnement avant d’acheter.
Les pièces qu’on oublie
Le flexible ne fait pas tout. En partie haute, il faut un collier pour supporter son poids, une plaque d’étanchéité qui ferme le boisseau, un embout de finition et un chapeau. Les fabricants, comme Poujoulat, proposent désormais des kits de sortie de toit tout-en-un pour boisseau qui simplifient nettement le montage. En partie basse, tout dépend de l’endroit où démarre le boisseau : une plaque de finition ventilée et un raccord vers le conduit émaillé s’il part du plafond, des raccords à 45° s’il démarre derrière le poêle.
Le cas malin du poêle à granulés étanche
Avec un poêle à granulés étanche, le vieux conduit peut servir. Il devra même jouer un double rôle. Grâce à des pièces spécifiques, le flexible évacue les fumées tandis que l’espace libre du boisseau autour de lui amène l’air de combustion jusqu’au poêle. Résultat : plus besoin de percer une arrivée d’air dans la pièce, et la sortie des fumées n’a plus l’obligation de dépasser le faîtage de 40 cm (sortie dite en « zone 2 »).
Restent à éviter quatre erreurs fréquentes
- Choisir un diamètre inadapté, ou multiplier les changements de diamètre de conduits.
- Laisser une portion de flexible ni isolée ni protégée par le boisseau, typiquement dans les combles.
- Oublier que le conduit tubé se ramone : l’entretien reste obligatoire.
- Brûler du bois de mauvaise qualité, qui encrassent rapidement le conduit.
Avant de démolir quoi que ce soit, le bon réflexe reste de faire inspecter son conduit : son état et les distances de sécurité déterminent la solution. Pour aller plus loin, ce guide détaillé sur le tubage de boisseau passe en revue les flexibles et accessoires adaptés à chaque configuration. SauveConduit.fr, spécialiste de la rénovation de conduits de fumée, accompagne aussi les particuliers dans le choix des pièces.

















