Produire de l’électricité tout en abritant une terrasse ou en protégeant des voitures du soleil, une bonne idée n’est ce pas ? Le photovoltaïque trouve ici toute sa place dans des constructions à double usage. Pergolas, « carports » et ombrières proposent d’exploiter d’autres surfaces que le toit des bâtiments, notamment sur des espaces déjà aménagés. Leur intérêt tient autant au service rendu qu’à l’énergie produite.
Une même surface, deux fonctions
Les panneaux photovoltaïques convertissent la lumière en électricité, comme ceux installés sur une maison ou un entrepôt. C’est simplement leur support qui change car une construction destinée à procurer de l’ombre ou un abri devient également un équipement de production. Le parking conserve sa fonction de stationnement ; la terrasse, celle d’un espace extérieur où s’installer.
À l’échelle du particuler, une pergola avec panneaux solaires associe ainsi l’aménagement d’un lieu de vie à la production électrique. Le « carport » quant à lui applique une logique comparable mais à l’abri d’un ou plusieurs véhicules.
L’intérêt est particulièrement lisible lorsque l’abri répond à un besoin réel. Une structure prévue pour protéger une terrasse sera en mesure d’intégrer le solaire dès sa conception, plutôt que d’additionner deux projets indépendants. À l’inverse, construire un ouvrage uniquement pour porter quelques panneaux oblige à examiner plus attentivement son coût global.
Les parkings, terrain privilégié
À grande échelle, les espaces déjà artificialisés constituent un terrain privilégié pour ces installations. L’ADEME recommande de déployer les panneaux sur les toitures ou les surfaces aménagées, afin de limiter la mobilisation de nouveaux sols et les conflits d’usage. Équiper un parking existant permet ainsi de produire de l’électricité sans affecter à cette seule activité une parcelle agricole ou naturelle. Cela n’efface pas les impacts de la construction, mais modifie sensiblement la question foncière.
En France, cette orientation est aussi portée par la réglementation. Le cadre issu de la loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables concerne les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 mètres carrés en métropole. Les principales échéances s’échelonnent entre juillet 2026 et juillet 2028, selon leur superficie et leur mode de gestion, avec des possibilités de report et des exemptions encadrées.
Produire au bon moment
Une surface bien exposée ne suffit pas à garantir un projet convaincant. Pour une installation en autoconsommation, l’enjeu central est de rapprocher les heures de production des heures de consommation. Dans son avis de janvier 2025, l’ADEME souligne que les activités principalement diurnes se prêtent particulièrement à cette organisation.
Cette concordance est moins évidente dans un logement dont les occupants sont absents une grande partie de la journée. Décaler la production d’eau chaude ou la recharge d’un véhicule vers les heures d’ensoleillement améliore l’utilisation de l’énergie produite. Pour un « carport » solaire, la présence de la voiture sous l’abri ne suffit donc pas, encore faut-il qu’elle puisse effectivement être rechargée lorsque les panneaux produisent.
L’abri a aussi un coût
Le solaire hors toiture doit être évalué comme un projet de construction autant que comme une installation électrique. Au prix des modules s’ajoutent celui du support, des travaux d’installation et du raccordement. Pour les ombrières, les études peuvent également intégrer l’adaptation du parking et le renouvellement futur des onduleurs. Comparer uniquement le prix des panneaux laisse donc de côté une partie déterminante de l’investissement.
Enfin, les contraintes du site comptent tout autant. La nature du sol, son inclinaison, les conditions de circulation ou les usages particuliers d’un parking peuvent compliquer l’implantation. Un ouvrage qui semble simple sur un plan doit rester compatible avec le fonctionnement quotidien du lieu.
















