Sur le site historique du boulevard Alfred-Daney, des lignes pilotes entrent en service. Elles ne sont pas taillées pour le smartphone, ni annoncées pour la citadine. Saft vise plus haut, au sens propre, à savoir, l’avion et le satellite.
📌 L’essentiel en 3 points
- Saft inaugure le 19 octobre, à Bordeaux, des lignes pilotes de batteries tout-solide, sur son site historique.
- L’industriel revendique deux électrolytes solides, polymères et sulfures, à température ambiante.
- La cible annoncée n’est pas la voiture mais l’aéronautique et le spatial.
La filiale de TotalEnergies a inauguré ce lundi, à Bordeaux, ses premières lignes de batteries « tout-solide ». On quitte ici la salle blanche expérimentale. Ce ne sont ni des cadences industrielles, ni un process déjà figé. En effet, il s’agit encore de lignes pilotes avec un contrôle qualité à tenir et des procédés à stabiliser.
« Les batteries « tout-solide » figurent parmi les innovations les plus prometteuses pour répondre aux besoins de demain en matière d’électrification. Avec cette nouvelle ligne, Saft franchit une étape majeure en transformant plusieurs années de recherche en capacités industrielles concrètes. Nous confirmons ainsi notre ambition de faire de la France et de l’Europe des acteurs de premier plan dans cette technologie stratégique. » a déclaré Cedric Duclos, Directeur Général de Saft.
Deux familles d’électrolytes sous le même toit
Saft revendique d’être le premier fabricant français capable de faire cohabiter, à température ambiante, deux technologies d’électrolyte solide, les polymères et les sulfures.
Considérées comme l’une des technologies les plus prometteuses, les batteries « tout-solide » remplacent l’électrolyte liquide traditionnel par un électrolyte solide. Elles offrent un niveau de sécurité accru tout en permettant d’atteindre des densités d’énergie jusqu’à 50 % supérieures à celles des batteries lithium-ion conventionnelles.
Elles s’appuient également sur des procédés de fabrication plus écoresponsables, tels que la production d’électrodes par voie sèche, qui permet de réduire jusqu’à 40 % les émissions de CO₂ associées à cette étape de production.
L’aéronautique plutôt que la route
Dans l’aérien, Saft a déjà franchi une première étape avec la livraison de cellules semi-solides, pour évaluer les futures architectures d’avions électriques et hybrides. En réalité, l’industriel choisit l’aéronautique et le spatial, là où la performance se paie cher.
Une batterie d’avion peut se vendre bien plus cher qu’une batterie de citadine et rester compétitive, parce que le client paie l’allègement, la sécurité et la durée de vie, pas un prix au kilowattheure à première vue. Le tout-solide n’est pas non plus une condition d’accès car les avions et les satellites volent déjà sans lui. La Chine entend également occuper le terrain. CATL pousse sa batterie condensée vers l’aviation électrique, avec une validation en vol revendiquée sur un appareil de 4 tonnes.
La séquence est d’ailleurs plus large qu’une simple inauguration. Saft et Safran ont annoncé la livraison de premières batteries semi-solides, destinées à l’évaluation de futures applications aéronautiques électriques et hybrides. Le partenariat doit s’étendre aux batteries tout-solide à partir de 2027.
Saft s’offre ici une position de niche même si les batteries de volume grand public ne sont pas abandonnées avec l’ACC produit à Douvrin, et dans d’autres usines qui restent dans la course. Le pari bordelais reste plutôt cohérent pour Saft car l’exigence technique renchérit l’entrée.
















