Le gouvernement renouvelle l’indemnité carburant destinée aux travailleurs qui utilisent leur véhicule personnel pour leur activité et en élargit l’accès à compter d’octobre. D’un montant de 100 euros pour les trois derniers mois de 2026, elle doit désormais concerner 5,5 millions de Français, selon les chiffres annoncés. Les personnes ayant déjà bénéficié du dispositif doivent recevoir un versement automatique, tandis que les nouveaux demandeurs pourront déposer leur dossier à partir du 27 octobre. Attention, l’attribution reste soumise à des conditions de revenus, de distance parcourue et de véhicule utilisé.
Cent euros pour les trois derniers mois de l’année
Présentée comme une réponse à la hausse des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient, cette aide prolonge un premier soutien de 100 euros couvrant la période du 1er avril au 30 septembre 2026. Le nouveau versement, d’un montant identique, porte cette fois sur trois mois, du 1er octobre au 31 décembre.
Le gouvernement évalue ce soutien à l’équivalent de 40 centimes par litre, contre 20 centimes pour la période précédente, sur la base d’une consommation moyenne. La comparaison ne correspond toutefois pas à une réduction directement appliquée à la pompe. En effet, l’indemnité demeure forfaitaire, quelle que soit la quantité de carburant effectivement achetée. Son poids dans le budget des bénéficiaires dépendra donc de leurs dépenses réelles.
Un plafond de ressources relevé
Le principal changement tient à l’élargissement des conditions de ressources. À compter d’octobre, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 22 770 euros par part, contre 16 880 euros auparavant. Le relèvement ouvre le dispositif à des travailleurs jusqu’alors exclus en raison de leurs revenus.
L’administration retient les revenus de 2024. Le revenu fiscal de référence et le nombre de parts figurent sur la première page de l’avis d’impôt établi en 2025. L’éligibilité dépend également de la composition du foyer fiscal. Les contribuables redevables de l’impôt sur la fortune immobilière au titre de 2024 restent exclus.
Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France et avoir eu au moins seize ans au 31 décembre 2024. Il doit aussi avoir déclaré des revenus d’activité tels que les traitements et salaires, les bénéfices industriels et commerciaux, les bénéfices non commerciaux ou les bénéfices agricoles. Les salariés comme les indépendants sont ainsi concernés, mais les allocations chômage et les revenus de préretraite ne constituent pas des revenus ouvrant droit à l’aide.
Des critères précis de distance et de motorisation
L’indemnité cible les travailleurs dont l’activité implique des déplacements importants avec un véhicule personnel, y compris pour rejoindre leur lieu de travail. Deux critères alternatifs permettent de remplir cette condition. Ainsi, il faut parcourir plus de 15 kilomètres par trajet entre le domicile et le travail, soit plus de 30 kilomètres aller-retour, ou dépasser 8 000 kilomètres annuels dans le cadre professionnel.
Les distances reposent sur une déclaration du demandeur, susceptible d’être contrôlée ultérieurement. Le seul fait d’utiliser régulièrement sa voiture pour travailler ne suffit donc pas à bénéficier du dispositif.
Les véhicules admissibles sont les deux, trois ou quatre-roues à moteur thermique ou hybride non rechargeable, régulièrement assurés à la date de la demande. Les véhicules électriques et les hybrides rechargeables ne relèvent pas des motorisations retenues. Le communiqué du gouvernement exclut également les quadricycles lourds, les véhicules agricoles, les poids lourds ainsi que les véhicules de fonction ou de service.
Un versement automatique pour les bénéficiaires précédents
Pour les personnes ayant déjà obtenu l’aide couvrant avril à septembre, aucune nouvelle démarche n’est annoncée. Le calendrier gouvernemental prévoit un versement automatique à partir du 16 octobre, sans préciser de date unique de réception pour l’ensemble des bénéficiaires.
Les autres travailleurs devront attendre l’ouverture du formulaire, le 27 octobre, sur le site impots.gouv.fr. Une nouvelle version du simulateur doit leur permettre de vérifier au préalable leur éligibilité, notamment au regard du plafond de ressources relevé.
La demande nécessite de renseigner son état civil, son numéro fiscal, l’immatriculation du véhicule et son numéro de carte grise. Le demandeur doit également certifier qu’il satisfait aux conditions de distance. Le versement est annoncé dans un délai d’environ dix jours sur le compte bancaire communiqué à l’administration pour l’impôt sur le revenu.
Des justificatifs à conserver pendant cinq ans
La simplicité déclarative du dispositif s’accompagne de contrôles possibles après le paiement. Les bénéficiaires doivent conserver pendant cinq ans les documents permettant de justifier leur éligibilité. Durant cette même période, à compter du versement, l’administration peut demander des pièces complémentaires, à fournir sous un mois.
Les sommes indûment perçues seront récupérées. Une majoration de 50% peut s’appliquer en cas de manquement délibéré, et de 100% en cas de manœuvres frauduleuses.
Avec ce renouvellement, le gouvernement maintient une réponse ciblée sur les actifs qui dépendent de leur véhicule pour travailler. Le relèvement du plafond de revenus en étend la portée, sans modifier sa nature : un soutien ponctuel, dont l’effet restera lié à l’évolution des prix à la pompe et aux kilomètres que chaque bénéficiaire doit parcourir.
Aide carburant 2026 : les informations à retenir
Montant, conditions et démarches pour les travailleurs « grands rouleurs », selon le communiqué gouvernemental.
| Point clé | Modalités annoncées |
|---|---|
| Montant et période | 100 € Une indemnité forfaitaire pour la période du 1er octobre au 31 décembre 2026, et non un versement mensuel. |
| Public concerné | Salariés et indépendants utilisant un véhicule personnel pour travailler, sous conditions. Le gouvernement annonce un dispositif élargi à 5,5 millions de Français. |
| Plafond de revenus | Un revenu fiscal de référence de 2024 inférieur ou égal à 22 770 € par part, contre 16 880 € auparavant. Le montant figure sur l’avis d’impôt établi en 2025. Les redevables de l’IFI au titre de 2024 sont exclus. |
| Résidence et âge | Être domicilié fiscalement en France et avoir eu au moins 16 ans au 31 décembre 2024. |
| Revenus d’activité | Avoir déclaré des traitements et salaires, des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices non commerciaux ou des bénéfices agricoles. Les allocations chômage et les revenus de préretraite ne sont pas retenus. |
| Distances à parcourir | Remplir au moins l’un des deux critères :
|
| Véhicules admissibles | Véhicule personnel à deux, trois ou quatre roues, à motorisation thermique ou hybride non rechargeable, utilisé pour travailler et assuré à la date de la demande. Il ne doit pas être considéré comme endommagé au sens du code de la route. |
| Véhicules exclus | Véhicules électriques, hybrides rechargeables, quadricycles lourds à moteur, véhicules agricoles, poids lourds et véhicules de fonction ou de service. |
| Déjà bénéficiaire ? | Pour les bénéficiaires de l’aide couvrant avril à septembre, le versement est annoncé comme automatique à partir du 16 octobre 2026, sans nouvelle démarche. |
| Première demande | Vérifier son éligibilité avec le simulateur sur impots.gouv.fr, puis remplir le formulaire en ligne à partir du 27 octobre 2026. |
| Informations à fournir | État civil, numéro fiscal, numéro d’immatriculation et numéro de carte grise. Le demandeur doit aussi certifier qu’il remplit les conditions de distances parcourues. |
| Délai de paiement | Un versement annoncé sous environ 10 jours après la demande, sur le compte bancaire communiqué à l’administration pour l’impôt sur le revenu. |
| Contrôles et sanctions | Justificatifs à conserver pendant 5 ans. En cas de contrôle, le bénéficiaire dispose d’un mois pour répondre. Les sommes indues sont récupérées, avec une majoration possible de 50 % en cas de manquement délibéré ou de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses. |
À retenir : l’équivalent de 40 centimes par litre annoncé par le gouvernement repose sur une consommation moyenne. Il ne s’agit pas d’une remise à la pompe. Les conditions d’éligibilité sont cumulatives, sauf les deux critères de distance, qui sont alternatifs.















