Tesla a entamé la production d’Optimus sur une ligne à haut volume à Fremont, en Californie. Elon Musk a qualifié cette étape de production initiale, tout en évoquant des mains, une fiabilité et une intelligence artificielle encore à finaliser.
Selon la lettre aux actionnaires de Tesla, « les robots qui sortent de cette ligne sont les premiers robots de qualité production que nous ayons fabriqués ». Elon Musk a défini cette étape de « production initiale » et prévenu que la montée en cadence serait « un peu chaotique ».
Une cadence en série encore loin
Lors de la conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre, mercredi dernier, Elon Musk a indiqué que la majeure partie des équipements d’une ligne conçue pour produire environ 1 million de robots par an se trouve déjà à Fremont.
Atteindre 20 000 unités par semaine prendrait « probablement au moins un an, peut-être un peu plus », a-t-il déclaré. Tesla n’a pas précisé combien d’unités ont été fabriquées. Dans son tableau des capacités de production, la ligne de Fremont est classée en « montée en cadence initiale », et une deuxième usine Optimus, au Texas, est en construction.
Elon Musk a également énuméré ce qui reste à finaliser comme les mains du robot, sa fiabilité et l’intelligence artificielle dont il a besoin pour être réellement utile. « Nous construisons des robots dont les mains ne sont pas encore parfaites », a-t-il ajouté, précisant que le robot « ne peut pas, genre, s’user au bout d’un mois ».
Quelles livraisons visées et qui des puces AI5
Elon Musk compte commencer à livrer des robots à des entreprises extérieures vers la fin 2027, en commençant par des tâches industrielles dangereuses et répétitives.
Tesla prévoit d’intégrer sa puce AI5 à Optimus vers avril 2027. Le constructeur envisage aussi de fabriquer entre 10 000 et 20 000 robots pour une « Optimus Academy », où ils s’entraîneraient à accomplir des tâches afin de générer des données d’entraînement. Elon Musk a également indiqué qu’une vidéo d’Optimus « en train de faire des choses qui ne sont pas préprogrammées » pourrait arriver « dans un mois ou deux, peut-être ».
Un analyste chez William Blair, a jugé les propos de Musk « raisonnablement prudents ». Selon lui, la conception des mains et des doigts est encore en cours d’optimisation, et le véritable goulot d’étranglement réside dans « l’expérience concrète sur des tâches ouvertes ». Ken Goldberg, professeur de robotique à l’UC Berkeley, a dit pour sa part que « si l’on dispose de beaucoup de matériel sans le logiciel, je pense que c’est un gros problème ».
Les résultats financiers
L’annonce sur les robots est tombée en même temps que des résultats mitigés. Le résultat net a reculé à 787 millions de dollars, et Tesla a abaissé sa prévision de dépenses d’investissement pour 2026 à environ 20 milliards de dollars, contre plus de 25 milliards auparavant. L’action a cédé du terrain jeudi, la réduction des dépenses ayant fait douter de la solidité des ambitions de Tesla dans l’IA et la robotique.
Texas Instruments a aussi publié ses résultats. Selon 24/7 Wall St., le PDG Haviv Ilan a indiqué que la valeur des puces TI embarquées dans chaque robot humanoïde se situe entre 500 et 1 000 dollars, mais il n’a pas cité Tesla comme client. Le média estime que cela pourrait représenter environ 500 millions à 1 milliard de dollars par an pour TI, au rythme de production visé par Elon Musk.
En attendant, Musk reste fidèle à sa vision à long terme : « Je reste convaincu qu’Optimus sera le plus grand produit sur Terre ».

















