Siemens Energy prévoit de s’associer à la start-up japonaise Kyoto Fusioneering et à la société de négoce Mitsui & Co. pour développer des turbines au CO2 supercritique destinées à convertir la chaleur des réacteurs à fusion en électricité. L’accord devrait être signé lors de la visite du chancelier allemand Friedrich Merz au Japon, selon le Nikkei cité par Yonhap.
Le projet de rapprochement s’inscrit dans une coopération entre le Japon et l’Allemagne destinée à développer la technologie de la fusion, avec l’objectif de construire une installation de production d’électricité par fusion en Allemagne dans les années 2030. Les commentateurs de marché ont toutefois souligné qu’il s’agissait d’un projet de développement, et non d’un contrat signé, encore moins d’une commande de fourniture, d’après l’analyse de Börse Global.
Des turbines au CO2 supercritique
Siemens Energy, la start-up japonaise Kyoto Fusioneering et la société de négoce Mitsui & Co. vont développer des turbines fonctionnant au dioxyde de carbone supercritique plutôt qu’à la vapeur classique. L’objectif est d’améliorer le rendement de la production d’électricité et de réduire la taille des équipements des centrales.
Les partenaires prévoient d’étendre ensuite cette activité au Japon. Siemens Energy apportera son expérience en conception et en développement de turbines de production d’électricité, et envisage une commercialisation au Japon, a rapporté Nate News en citant le Nikkei.
Gyrotrons et cycle du combustible
Par ailleurs, Kyoto Fusioneering collaborera avec la start-up allemande Proxima Fusion sur les gyrotrons, ces dispositifs qui portent le plasma de fusion à des températures extrêmes, ainsi que sur la technologie du cycle du combustible de fusion. Elle fournira aussi des équipements clés pour la centrale que Proxima prévoit de construire en Allemagne.
Proxima, soutenue notamment par Google, vise à rendre l’énergie de fusion exploitable en Allemagne dans les années 2030. Siemens Energy et Kyoto Fusioneering sont déjà membres de l’Alpha Alliance de Proxima, un groupe de plus de 30 entreprises industrielles qui soutiennent son stellarator de démonstration.
Sécurité énergétique et prudence des marchés
Ce partenariat montre une volonté commune de réduire la dépendance des deux pays à l’égard des importations d’énergie. L’Allemagne prévoit de consacrer 2 milliards d’euros au développement et à la commercialisation de la fusion nucléaire d’ici 2029, tandis que le Japon s’est fixé pour objectif à long terme de mobiliser 3 100 milliards de yens d’investissements publics et privés cumulés d’ici 2040.
La visite de Friedrich Merz au Japon doit débuter le mercredi 28 octobre. Environ 30 entreprises allemandes devraient accompagner le chancelier lors de ce déplacement, prévu les 28 et 29 octobre, qui portera également sur les drones, la cybersécurité, l’IA et l’aérospatiale.
L’action Siemens Energy a progressé lors de la séance de mardi et figurait parmi les hausses du DAX après la publication de cette information. Les analystes restent toutefois prudents. Selon l’analyse de Börse Global, les investisseurs « devraient considérer la fusion comme une option technologique plutôt que comme une contribution assurée aux bénéfices ».
















