Un engin sans pilote, présenté comme silencieux, doté d’un rayon d’action d’environ 400 kilomètres et capable d’emporter jusqu’à une tonne de charge. Renault Group et le belge John Cockerill ont dévoilé le « Forefront Concept », une plateforme roulante pensée pour les terrains où l’humain devient une cible, et promise à des essais avec les forces françaises.
Quatre roues qui pensent à tout
Sous une silhouette ramassée de citadine, Forefront cache une architecture de robot. Deux moteurs électriques, quatre roues motrices et quatre roues directrices, selon les deux industriels. La combinaison doit offrir une forte mobilité et une maniabilité de premier plan, y compris hors du bitume. La direction aux quatre roues participe aux capacités de franchissement revendiquées pour l’engin.
Côté chiffres, le rayon d’action annoncé tourne autour de 400 kilomètres, extensible grâce à un prolongateur d’autonomie, et la charge utile grimpe jusqu’à une tonne. De quoi envisager le transport de matériel, de capteurs ou de blessés.
Le silence comme argument tactique
La motorisation électrique fait de la discrétion acoustique un argument central du projet. Renault et John Cockerill présentent leur drone roulant comme silencieux, un atout revendiqué pour les missions les plus sensibles.
La téléopération complète le tableau. L’opérateur reste à distance et le véhicule pourra être envoyé dans des environnements difficiles d’accès ou à haut risque. L’intérêt tient par conséquent autant à cette mise à distance qu’aux capacités de mobilité promises.

Pendragon, le vrai juge de paix
Les prochaines semaines doivent confronter ces caractéristiques à la réalité du terrain. Forefront doit participer en effet à plusieurs exercices et essais, après un développement auquel les forces armées françaises ont contribué. Le journal Le Monde situe ces tests dans le cadre de Pendragon, le projet de robotique terrestre copiloté par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense et le commandement du combat futur.
De son côté, l’AFP, confirme que des forces françaises doivent tester le véhicule dans les semaines à venir. Les exercices réalisées devraient affiner le concept au regard des besoins opérationnels.
Renault cherche une deuxième jambe
Pour le constructeur, l’enjeu dépasse le prototype. Déjà engagé dans deux projets de drones aériens militaires, Renault explore désormais le terrain des plateformes terrestres téléopérées. Il entend ainsi apporter son savoir-faire dans la conception de plateformes mobiles et leur industrialisation à grande échelle.
John Cockerill, apporte, lui, la téléopération, les fonctions d’autonomie et le savoir-faire de militarisation. Son rôle couvre aussi l’intégration des systèmes de mission et le soutien opérationnel. Le partenariat associe ainsi les compétences automobiles de Renault à celles d’un industriel de la défense, avec une plateforme destinée à des usages militaires comme civils.
















